Ronflements


Rédigé par Charline D., publié le 5 octobre 2015 et mis à jour le 7 décembre 2021

Ronflements
Un ronflement est un bruit, plus ou moins audible, passager ou permanent, qui survient durant la nuit et perturbe le sommeil
. Les ronflements sont fréquents chez les adultes. Dans la plupart des cas, une bonne hygiène de vie associant alimentation équilibrée et activité physique régulière permet de diminuer voire faire disparaître les ronflements. Lorsque ces derniers persistent, une consultation médicale est nécessaire afin d’en déterminer l’origine. Selon l’importance des ronflements, plusieurs traitements peuvent être proposés : mesures hygiéno-diététiques seules, traitement médicamenteux ou chirurgical.

Définition et symptômes des ronflements

Qu’est-ce que le ronflement ?

Un ronflement est un bruit nocturne engendré à l’inspiration par des vibrations anormales du pharynx. Les ronflements peuvent être passagers, réguliers ou permanents.

Le ronflement, également connu sous l’appellation de ronchopathie, est expliqué par deux mécanismes survenant durant le sommeil, et plus particulièrement, le sommeil profond :

  • Le ronflement survient à l’occasion de la relaxation des muscles de l’arrière de la gorge, du voile du palais, de la luette et de la langue pendant le sommeil. Ces derniers prennent alors davantage de place dans la bouche et bloquent le passage de l’air dans les voies respiratoires. L’air a plus de mal à passer, ce qui fait vibrer le pharynx et engendre le bruit du ronflement.
  • L’air inspiré se rend à l’arrière de la gorge et prend de la vitesse avant d’atteindre la trachée et les poumons, c’est cette accélération qui crée une pression négative attirant la luette et le voile du palais mou vers l’arrière. A l’expiration ces deux organes reviennent à leur position initiale. Ce sont ces mouvements rapides de va-et-vient qui provoquent une vibration et produisent le ronflement.

Le ronflement peut être défini par l’un des deux aspects décrits ci-dessus, ou par l’association des deux. Il est difficile de déterminer la fréquence de la population qui ronfle, car les personnes concernées par ce phénomène ne s’en rendent pas forcément compte. Toutefois, il a été noté que le ronflement touche plus souvent les hommes, et qu’au-delà de 40 ans, 60% des hommes et 40% des femmes ronflent un peu. Il a également été observé que 25% des hommes et 15% des femmes souffrent de ronflements importants, on parle alors de ronchopathie chronique. Ces personnes  peuvent également souffrir d’apnée du sommeil.

L’apnée du sommeil correspond à des arrêts fréquents de la respiration pendant la nuit : le relâchement des muscles de la langue et de la gorge est tel que l’air est bloqué et ne peut plus passer dans la trachée, ce qui entraîne un arrêt de la respiration (apnée). Ces arrêts durent de quelques secondes à quelques minutes. Plus les ronflements sont forts et bruyants, plus ils sont susceptibles d’être accompagnés d’apnées du sommeil.

Différents facteurs favorisent le ronflement :

  1. Excès de poids : chez les personnes ayant un excès de poids, la graisse qui s’accumule dans la gorge réduit l’espace, déjà étroit, de la trachée, ce qui augmente le risque de ronflement.
  2. Anatomie de la gorge: ce facteur joue un rôle très important dans la survenue des ronflements car la taille et l’aspect des organes composant la gorge influencent directement le passage de l’air dans la trachée. En effet, les ronflements sont favorisés par un rétrécissement marqué de l’espace à l’arrière de la luette, une base plus volumineuse de la langue, un pharynx plus long et étroit et un cou court. La forme de la mâchoire a également un rôle dans le développement des ronflements, une mâchoire reculée entraine la langue dans le fond de la gorge et empêche l’air de passer librement dans les voies respiratoires.
  3. Obstruction du nez: plusieurs facteurs peuvent entrainer un nez bouché : , une congestion nasale, une déviation de la cloison nasale, une présence de polypes ou une hypertrophie des cornets du nez. Les cornets du nez, formés d’os et de muqueuse, servent à humidifier et filtrer l’air. Si le nez est obstrué, l’air passe plus difficilement et provoque les ronflements .

Végétations adénoïdes : également appelées amygdales, elles sont situées à l’arrière du palais. Si leur taille est importante, elles peuvent bloquer le passage de l’air, ce qui fait vibrer le pharynx et c’est cette vibration qui provoque le ronflement. Si les adultes peuvent présenter des végétations volumineuses, elles sont plus fréquentes chez les jeunes enfants de 2 à 3 ans.

Ménopause : la ménopause est responsable d’une perte de tonus des tissus et des muscles. Les muscles de la gorge sont touchés par ce relâchement, ce qui augmente le risque de vibrations. De plus, les femmes ménopausées ont tendance à prendre du poids, facteur de risque de survenue du ronflement. Au cours de la ménopause.

  1. Mode de vie: le mode de vie a une incidence sur le ronflement. Voici les situations qui augmentent le risque de survenue du ronflement.
  • Tabagisme : Un fumeur a la muqueuse du nez et de la gorge plus enflée et irritée qu’un non-fumeur, ce qui augmente la résistance à l’air inspiré.
  • Repas copieux et alcoolisé : cela entraine la relaxation des muscles et les muscles relâchés vibrent davantage.
  1. Tranquillisants : tous les médicaments tranquillisants, ( somnifères par exemple), augmentent le risque de ronflement car ils détendent tous les muscles.
  2. Dormir sur le dos : dans cette position, la langue et les autres tissus glissent vers le fond de la bouche et dans la gorge, et obstruent ainsi les conduits aériens.
  3. Vieillissement : les différents tissus notamment ceux de la bouche et de la gorge se relâchent avec l’âge ils prennent plus de place, et vibrent,

Quels symptômes ?

Les ronflements se traduisent par des bruits rauques, parfois pouvant atteindre les 100 décibels (passage d’un camion), durant le sommeil.

Ils peuvent être permanents, intermittents ou occasionnels.

Les ronflements, lorsqu’ils sont fréquents et importants, peuvent avoir diverses répercussions : problème relationnel avec le conjoint, fatigue et diminution de la vigilance dans la journée.

Diagnostic et traitement des ronflements

Quel diagnostic ?

Lorsque les ronflements sont mineurs et gênent peu l’entourage, aucune consultation médicale n’est nécessaire.

homme âgé avec un médecin

L’avis d’un médecin est nécessaire lorsque :

  • Les ronflements ont des répercussions sur la qualité du sommeil ;
  • Un syndrome d’apnée du sommeil est suspecté ;
  • Les ronflements sont associés à d’autres symptômes comme des troubles de la mémoire ou de la concentration, des maux de tête, de l’anxiété, un syndrome dépressif ou une diminution de la libido ;
  • L’entourage est impacté.

Quel traitement ?

Le traitement du ronflement dépend de sa cause, de sa gravité et des complications associées. La prise en charge sera différente selon qu’il s’agisse de ronflements légers ou de  ronflements majeurs :

  1. Ronflements légers

Il s’agit de ronflements sans complication, qui dérange peu l’entourage du ronfleur. Dans ce cas, le changement de certaines habitudes de vie permet de diminuer les ronflements. Perdre du poids, arrêter de fumer, éviter de consommer de l’alcool et de prendre des repas copieux avant d’aller se coucher limitent l’apparition des ronflements. Il est également conseillé de dormir sur le ventre ou sur le côté , la position sur le dos favorisant l’apparition des ronflements. Il existe des t-shirts anti-ronflement dans lesquels on insère 3 balles de tennis, et qui empêche de dormir sur le dos. Toutefois, ces modifications de comportement ne peuvent pas faire totalement disparaitre un ronflement, mais elles participent à son atténuation. Il existe dans le commerce des oreillers anti-ronflement qui permettent de surélever la tête et le cou et d’empêcher l’obstruction des voies respiratoires, mais aucune preuve scientifique de l’efficacité de ces oreillers n’a été démontrée.

  1. Ronflements majeurs:

Il s’agit de ronchopathies chroniques souvent associées à des apnées du sommeil. Il existe deux types de traitements : les traitements non chirurgicaux et les traitements chirurgicaux.

Parmi les traitements non chirurgicaux, il existe les médicaments contre la congestion nasale et contre les allergies tels que les anti-histaminiques. il existe également des bandelettes nasales qui permettent d’écarter les narines pour faciliter le passage de l’air. Le port d’une prothèse dentaire la nuit permet d’avancer la mâchoire inférieure et la langue de quelques millimètres pour augmenter l’ouverture des voies respiratoires. Ce traitement réduit considérablement la fréquence et l’intensité des ronflements, mais le port de cette prothèse pendant la nuit peut être peu confortable.

Les traitements chirurgicaux sont envisagés lorsque les ronflements  sont associés à des apnées du sommeil. Il existe trois types de chirurgie qui ont toutes le même but : réduire l’épaisseur des tissus afin de faciliter le passage de l’air. Une partie du voile du palais ou de la luette est retirée, mais il se peut qu’il faille également enlever les polypes nasaux et les amygdales. Les trois types de chirurgie sont : la chirurgie classique sous anesthésie générale, la chirurgie par laser sous anesthésie locale nécessitant parfois plusieurs séances, et la chirurgie par radio-fréquence qui réduit l’épaisseur des tissus par cautérisation.

Publié le 5 octobre 2015. Mis à jour par Charline D., Docteur en pharmacie, le 7 décembre 2021.

Sources
– Ronflements chez l’adulte et l’enfant. ameli.fr. Consulté le 7 décembre 2021.