Une nouvelle piste pour l’anorexie mentale

Jun 8, 2016 par

nouvelle piste anorexie mentale

L’anorexie mentale, par ses complications physiologiques et psychiatriques, est une pathologie dangereuse, sans traitement efficace. Une étude de l’Institut National de la Santé Et de la Recherche Clinique (INSERM) évoque une hypothèse novatrice pour expliquer son origine.

L’anorexie, trouble incompris

L’anorexie touche 0.9 à 1.5% de la population. Si elle reste encore peu comprise, elle est la maladie psychiatrique entrainant le plus de mortalité. Ses complications somatiques (liés à la dénutrition) ou psychiatriques (dépression, anxiété,  addiction, risque suicidaire ) sont redoutables. Ajoutons que 63% des patients atteints vivent dans le déni de la gravité de leur pathologie.

Face au manque d‘informations sur l’origine de l’anorexie, des chercheurs de l’INSERM se sont intéressés aux aspects psychologiques et génétiques de la maladie. Les scientifiques ont étudié les réponses cognitives, émotionnelles et physiologiques de patients anorexiques soumis à des images de corps (maigres, normaux ou en surpoids), et les ont comparé aux réactions de personnes non anorexiques. Ils ont également analysé la potentielle implication du gène BDNF dans l’anorexie.

L’anorexie liée au système de récompense

Jusqu’ici, l’anorexie était considérée comme étant la « peur intense de grossir ». Mais les chercheurs français l’ont redéfini en « plaisir de perdre du poids ».

Les résultats montrent que les anorexiques, à la vue d’images de corps maigres, montrent beaucoup plus de stimuli positifs que les patients sains. A l’inverse, les réactions à la vue d’image de corps normaux ou en surpoids ne diffèrent pas chez les patients malades ou sains. Ainsi, l’anorexie serait lié au système de récompense. Le témoignage d’Anaïs, ancienne anorexique, confirme cette hypothèse : « Exercer un contrôle sur mon corps, c’était jouissif ».

Le polymorphisme du gène BDNF, quant à lui, ne semble pas être directement lié à l’anorexie mais au système de récompense. En effet, BDNF serait associé à l’augmentation de la sensation de récompense à la vue d’images de corps maigres.

C’est donc le sentiment positif à l’idée de la perte de poids, potentiellement médié par le gène BDNF, qui pourrait être à l’origine de l’anorexie. Ces données permettent d’offrir de nouvelles perspectives dans la lutte contre l’anorexie.

Clémence R. Pharmacienne


Sources :

J Clarke et al. Higher reward value of starvation imagery in anorexia nervosa and association with the Val66Met BDNF polymorphism. Translational Psychiatry. 7 juin 2016

Jean-Baptiste François. Anorexie : « Ce contrôle sur mon corps, c’était jouissif ». Témoignage. 7 juin 2016

Clémence R.
Pharmacienne.
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