Vers de nouvelles recommandations pour la vitamine D

Aug 7, 2017 par

La vitamine D est capitale pour la santé. L’exposition modérée au soleil et des apports alimentaires quotidiens sont nécessaires pour assurer une bonne couverture des besoins journaliers en cette vitamine. Chez certaines personnes, une supplémentation est recommandée pour prévenir et/ou traiter une potentielle carence. Mais toutes les formes de vitamine D se valent-elles ? Il apparaîtrait que non selon une dernière étude, qui vient ébranler les directives actuelles.

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La vitamine D

La vitamine D peut provenir de deux origines :

  • L’alimentation : Les aliments les plus riches en vitamine D sont les produits de la mer (foie de morue, hareng, maquereau, sardine, anchois, truite, saumon, perche, …), les œufs, les produits laitiers et les lardons.
  • Une synthèse par l’organisme au niveau de la peau sous l’action des rayons ultraviolets : Une fois produite par la peau, elle est mise en réserve au niveau du foie, du muscle et des tissus graisseux, pour être utilisée par l’organisme pendant les périodes hivernales de faible ensoleillement. Cette voie couvrirait entre 50 et 70 % des besoins quotidiens en vitamine D.

Sur le plan chimique, la vitamine D existe sous deux formes :

  • La vitamine D2, également appelée ergocalciférol, produite par les végétaux ;
  • La vitamine D3, ou cholécalciférol, produite par les animaux.

Chez l’Homme, ces deux formes sont converties en 1,25-dihydroxy-vitamine D, ou vitamine D active, qui exerce les effets biologiques sur l’organisme.

La fonction principale de la vitamine D dans l’organisme est d’augmenter l’absorption intestinale du calcium et du phosphore. Elle intervient ainsi dans deux fonctions clés :

  • Assurer une minéralisation optimale des os, des cartilages et des dents ;
  • Contribuer au maintien des taux sanguins de calcium et de phosphore.

En cas de carence en vitamine D, plusieurs problèmes de santé peuvent survenir :

  • Un rachitisme chez les enfants ou une ostéomalacie chez les adultes (défaut de minéralisation des os, entraînant des douleurs osseuses et musculaires, des déformations osseuses, et un retard de croissance chez l’enfant) ;
  • une baisse du tonus musculaire ;
  • des crises de tétanie, voire des convulsions ;
  • une anémie ;
  • un risque accru d’ostéoporose.

Vitamine D2 ou vitamine D3 ?

Une étude récente vient semer le trouble dans les directives sur les apports alimentaires en vitamine D. Cette étude révèle pour la première fois que les vitamines D2 et D3 n’auraient pas la même valeur nutritionnelle, un élément totalement inconnu jusqu’à lors.

Les chercheurs ont déterminé les taux de vitamine D de 335 femmes, originaires d’Europe ou d’Asie du Sud-Est, durant deux hivers successifs. Ces femmes étaient réparties en cinq groupes :

  • Un groupe recevant un placebo ;
  • Un groupe buvant un jus contenant de la vitamine D2 ;
  • Un groupe un jus contenant de la vitamine D3 ;
  • Un groupe mangeant un biscuit contenant de la vitamine D2 ;
  • Un groupe un biscuit contenant de la vitamine D3.

Les résultats ont montré que la vitamine D3 était deux fois plus efficace que la vitamine D2 pour améliorer les taux de vitamine D. Ainsi, après 12 semaines, la supplémentation en vitamine D3 entraînait une augmentation de 74 à 75 % du taux de vitamine D, tandis que la supplémentation en vitamine D2 n’entraînait une augmentation que de 33 à 34 % du taux de vitamine D. Parallèlement, les femmes ayant reçu le placebo ont présenté une chute de 25 % de leur taux de vitamine D.

Vers de nouvelles directives sur la supplémentation en vitamine D

Actuellement, les apports nutritionnels conseillés en vitamine D pour la population générale sont les suivants :

  • 5 µg/jour chez les adultes et les enfants de plus de 3 ans ;
  • 10 à 15 µg/jour chez les personnes âgées.

Les principales sources alimentaires de vitamine D dans la population sont les poissons, les œufs et les fromages. Mais les apports sont généralement insuffisants par rapport aux recommandations, exposant de nombreuses personnes à une carence en vitamine D.

Par ailleurs, plusieurs catégories de personnes représentent des populations à risque de carence en vitamine D :

  • Les nourrissons et les jeunes enfants ;
  • Les femmes enceintes ;
  • Les personnes âgées, en particulier les personnes dépendantes ;
  • Les personnes suivant certains régimes alimentaires spécifiques (régimes végétariens, végétaliens ou végans) ;
  • Les personnes souffrant de malabsorption intestinale.

Une supplémentation en vitamine D est actuellement systématiquement recommandée chez ces personnes.

Mais à la lumière de cette étude, de nouvelles directives sur la supplémentation en vitamine D pourraient prochainement voir le jour. En effet, les autorités de santé considéraient jusque-là la vitamine D2 et la vitamine D3 comme équivalentes sur le plan nutritionnel. Les nouvelles recommandations devraient prendre en compte les différences entre ces deux formes de vitamine D pour optimiser les apports.

Lire aussi – La vitamine B, une arme contre la pollution – https://www.sante-sur-le-net.com/vitamine-b-contre-pollution/

Estelle B. / Docteur en Pharmacie

– Vitamine D. ANSES. 14 avril 2016.
– Daily supplementation with 15 μg vitamin D2 compared with vitamin D3 to increase wintertime 25-hydroxyvitamin D status in healthy South Asian and white European women: a 12-wk randomized, placebocontrolled food-fortification trial. Tripkovic, Laura and al. 2017. American Journal of Clinical Nutrition. doi: 10.3945/ ajcn.116.138693.
Estelle B.

Pharmacienne

Spécialiste de l’information médicale et de l’éducation thérapeutique du patient.

Passionnée par les domaines de la santé et de l’environnement marin.

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