Pilule contraceptive et tabagisme : Quels sont les risques encourus ?

Aug 17, 2020 par

A ce jour, le tabagisme ne constitue pas une contre-indication à la pilule contraceptive, pourtant leur association multiplie les risques d’accidents cardiovasculaire.

Plaquettes de pilules contraceptives

Zoom sur les pilules contraceptives

La pilule contraceptive est la méthode la plus utilisée du fait de son efficacité, sa facilité d’emploi et son innocuité. En effet, il existe très peu de contre-indication à son utilisation chez la femme jeune (moins de 35 ans) en bonne santé, et les différents effets indésirables possibles sont relativement bien connus. Toutefois, des précautions s’imposent notamment chez les femmes présentant des risques cardiovasculaires.

On distingue deux types de pilules contraceptives :

  • les pilules combinées oestroprogestatives aussi appelée contraception orale combinée (COC), composées d’œstrogène et d’un progestatif
  • les pilules microprogestatives qui ne contiennent qu’une seule hormone progestative.

Depuis les années 1960, on constate que la prise de pilules combinées oestroprogestatives et l’augmentation du nombre de maladies cardiovasculaires sont corrélées. En effet, ces pilules sont associées à une augmentation des risques thromboemboliques artériel ou veineux. Ces risques augmentent avec l’âge (femme de plus de 35 ans) et en cas de tabagisme. Les COC ne sont donc pas recommandées chez les patientes fumeuses de plus de 35 ans. En ce qui concerne les pilules microprogestatives, elles peuvent être utilisées chez les femmes présentant des contre-indications aux pilules combinées œstroprogestatives et notamment chez les femmes à risque thromboembolique amplifié après 35 ans ainsi qu’en cas de tabagisme.

À savoir ! Un progestatif est une substance naturelle ou synthétique qui produit sur l’organisme des effets comparables à ceux de la progestérone, l’hormone féminine sécrétée pendant la seconde phase du cycle menstruel et la grossesse.

Tabagisme et risque cardiovasculaires

Les méfaits du tabagisme sont connus depuis de nombreuses années. On recense notamment une diminution de la qualité de vie, une augmentation du risque de cancers et de maladies cardiovasculaires. Le tabac est l’un des principaux facteurs de risques de maladies cardiovasculaires : infarctus, hypertension artérielle, accident vasculaire cérébral…

Cela s’explique par le fait que le tabac détériore les vaisseaux sanguins et diminue le diamètre des artères. En effet, il favorise la thrombose, les spasmes vasculaires et la formation de plaques d’athéromes. Ces plaques constituées de lipides peuvent gêner la circulation sanguine et être à l’origine d’une obstruction des vaisseaux.

À savoir ! La thrombose correspond à un phénomène pathologique consistant en la formation d’un thrombus (caillot sanguin, formé de fibrine, de globules blancs et de plaquettes) dans une artère ou une veine.

L’association pilule et tabac majore les risques de maladies cardiovasculaires

Indépendamment, la pilule combinée oestroprogestative ainsi que le tabac sont connues comme étant des facteurs favorisant le risque de maladies cardiovasculaires. En cas d’association, les risques de développer une maladie cardiovasculaire sont multipliés par 20. En effet les œstrogènes présents dans les COC ont une action pro-coagulante ce qui conduit à un épaississement du sang.  Cet épaississement ainsi que les lésions des vaisseaux provoquées par le tabac peuvent être à l’origine d’accident cardiovasculaire.

Quelles solutions apportées aux fumeuses ?

Du fait des risques encourus, chaque femme sous COC sera encouragée à arrêter de fumer. Si cette solution n’est pas envisageable, d’autres moyens de contraceptions seront privilégiés. Le haut conseil de la santé publique (HAS) publie les recommandations de l’OMS (Organisation mondiale de la santé) sur les critères d’éligibilité en fonction des situations à risque cardiovasculaire.

Ainsi, chez les femmes de plus de 35 ans fumant jusqu’à 15 cigarettes par jour, les méthodes oestroprogestatives ne seront pas recommandées de manière générale, à moins qu’aucune autre méthode appropriée ne soit disponible ou acceptable. De plus, un suivi rigoureux devra être réalisé.

En ce qui concerne les femmes de plus de 35 ans, fumant plus de 15 cigarettes par jour les méthodes oestroprogestatives sont à proscrire car elle expose à un risque pour la santé jugé inacceptable.

Dans ces deux cas les méthodes progestatives seront privilégiées.

Marine T., Chargée d’information médicale et scientifique

– Contraception hormonale : pilule, patch, anneau vaginal, implant, injection intramusculaire. AMELI. Consulté le 11 août 2020.
– Contraception chez la femme à risque cardiovasculaire. HAS. Consulté le 11 août 2020.
Marine T.
Marine T., Chargée d'information médicale et scientifique
Biologiste passionnée par le domaine de la santé, la cuisine et la mode.

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