PokémonGo est-il vraiment mauvais pour la santé ?

Sep 5, 2016 par

PokémonGo application mobile santé

Alors que le phénomène PokémonGo s’intensifie depuis plusieurs semaines, Santé sur le Net vous apporte des éclaircissements sur cette application plébiscitée par Michelle Obama. Favoriserait-elle l’addiction aux jeux sur smartphone ou, au contraire, pourrait-elle permettre une amélioration de la santé de ses utilisateurs ?

Pokémon : Un phénomène qui n’est pas nouveau

Il y a maintenant plus de vingt ans Pikachu, Salamèche, Rattata et bien d’autres animaient la cour de récréation de la génération Y, exit les billes et la marelle. Leur seule préoccupation : acquérir de nouvelles cartes Pokémon et la nouvelle Game Boy Nintendo pour jouer avec leurs héros favoris.

Capturés, échangés et évolués ces petites bêtes imaginaires ont pris peu à peu de la place au sein de la vie des enfants puis des adolescents. L’argument largement entendu par la génération Y était que non, « les jeux vidéos ce n’est pas bon pour la santé et que l’on risque de frôler la crise d’épilepsie ».

Déjà, deux clans s’affrontaient : la jeune génération qui voyait le phénomène Pokémon comme une petite révolution, et la génération des parents qui ne voyaient dans le progrès que l’asservissement de la jeune génération pourtant pleine d’avenir. Il a été prouvé par des scientifiques que rester trop longtemps devant un écran sans bouger était mauvais pour la santé, notamment pour le développement cérébral de l’enfant selon l’étude d’une scientifique britannique Susan Adele Greenfield.

La frénésie passée, Pokémon a peu à peu disparu de nos écrans pour réapparaître en version 2.0 avec Pokémon Go.

PokémonGo : Qu’en est-il vraiment ?

Le pour

L’on pourrait penser de prime abord que Pokémon Go (application téléchargée plus de 30 millions de fois) rejoint son ancêtre dans l’asservissement de ses utilisateurs. En effet, l’addiction aux jeux est de plus en plus critiquée et pourrait causer un renfermement sur soi-même, ainsi qu’un phénomène de surconsommation de tous les services associés, d’où un asservissement à la consommation de ses plus fervents utilisateurs.

Plus de sport

pokeball-pokemon-pokemongoA priori, excepté le support qui change, le système reste le même : rester les yeux rivés devant son écran pour chasser des Pokémons. Mais attention, les plus grands dresseurs cherchent surtout des Pokémons rares. Justement, là est la différence de taille : les utilisateurs de Pokémon Go se dépensent, marchent pour faire éclore leurs œufs, courent pour chasser un Pokémon rare en rejoignant un PokéStop au plus vite (endroit où on recharge les PokéBalls) et enrichir leur animalerie. Bref, un exercice, qui, est bon pour la santé.  D’ailleurs, Withings a réalisé une enquête sur le sujet et a prouvé que lors de l’introduction sur le marché de l’application Pokémon Go, la génération Y a marché presque plus de 1000 pas en plus par jour, comparativement à la même semaine de l’an passé, soit environ 5 kilomètres de plus par semaine !

Plus de sociabilisation

Au delà du fait que « bouger c’est bon pour la santé », l’aspect sociabilisant de l’application permet également à l’utilisateur de rencontrer de nouveaux dresseurs dans les arènes de combat. Dorénavant, le dresseur n’est plus seul devant son écran, Pokémon Go est un véritable Leitmotiv pour sortir prendre l’air, avec une amélioration de la santé mentale dans certains cas : une jeune maman américaine a constaté que Ralphie, son fils autiste, peut désormais engager une conversation grâce à la chasse aux Pokémons.

Lutte contre le diabète et l’obésité

obésité et sédentaritéPour finir, certains chercheurs encouragent l’utilisation de l’application dans le cadre de la lutte contre le diabète de type II. Spécialisés dans la recherche internationale sur cette pathologie ils pensent que Pokémon Go peut représenter une arme contre l’obésité et la sédentarité qui ronge de plus en plus notre société ultra-connectée.Ils indiquent même que s’arrêter toutes les demi-heures pour jouer cinq minutes en faisant de l’exercice réduirait significativement les niveaux d’insuline et de glycémie. Ils concluent l’étude en préconisant aux parents de faire jouer leurs enfants à Pokémon Go, indiquant qu’il s’agit d’un jeu à la fois ludique et non violent, favorisant les liens sociaux au sein même de la famille.


Le contre

Jeunes et addictions aux jeux vidéosToutefois, certains aspects ne sont pas à négliger. Une récente étude publiée dans le New York Times s’est intéressée à l’avis des utilisateurs sur leur comportement face à cette application. Bon nombre d’entre eux ont eu un rire frénétique et ont avoué s’arrêter seulement lors des pauses déjeuners et durant leur sommeil. De plus, il apparaît dans cette étude que ce type de comportement présente des similitudes avec ceux des toxicomanes, accros aux drogues dures et avec ceux des addicts du jeu qui ont le même type de dysfonctionnement cérébral.

D’autres études sont en cours, notamment aux niveaux neurobiologiques et sociétaux pour définir le réel impact de Pokémon Go sur la santé de ses utilisateurs.

Une utilisation avec modération

pokémon en voiture et risque d'accidentsIl apparaît qu’il serait bon d’utiliser Pokémon Go en tant que jeu ludique exerçant une action dynamisante sur le corps et l’esprit. Toutefois toute utilisation à l’excès risque de provoquer des problèmes de santé plus ou moins graves. La science n’a pas encore assez de recul pour étudier en profondeur le phénomène.
A noter également, que de nombreux accidents de la route ont été provoqués par l’utilisation de l’application Pokémon Go, Santé sur le Net vous rappelle que toute utilisation au volant d’un téléphone portable trouble la concentration et augmente le risque d’accident.

Enfin, au lieu de prendre une pause cigarette, privilégiez la pause Pokémon Go !

Elise T., Rédactrice.


Etude Withings : les chiffres qui révèlent que Pokémon GO rend actif. Communiqué de presse. 4 Août 2016.

Pokémon Go, la santé augmentée ? Les échos. 26 Août 2016.

Yates, et al. Pokémon Go could ease Type 2 diabetes burden.University of Leicester. 25 Juillet 2016.

Pokémon Go see the world in its splendor. The New York Times. 14 Juillet 2016.

Greenfield. What impact are technologies such as computer games, the Internet and social media having on the brain? Is mind change the new climate change? The guardian. 15 Juillet 2013.

Pierre M.
Journaliste scientifique
Passionné par les nouvelles technologies, le web et le canyoning.
Il a un intérêt particulier pour les médecines douces.
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