Pollution atmosphérique = danger pour le placenta !

Jul 2, 2018 par

Premier sujet de préoccupation environnementale des Français, la pollution atmosphérique n’est pas sans conséquence sur la santé, en particulier pour les personnes vulnérables comme les femmes enceintes. Et si l’exposition à la pollution atmosphérique pendant la grossesse ne présentait pas seulement un risque pour la mère mais aussi pour la santé du fœtus ?

Tour Eiffel entourée de pollution atmosphérique.

Qu’appelle-t-on pollution atmosphérique ?

La pollution atmosphérique, communément appelée « pollution de l’air », désigne l’ensemble des émissions de substances polluantes sous forme de gaz ou de particules au sein de l’atmosphère. Ces émissions sont principalement la conséquence des activités humaines industrielles et agricoles.

On distingue classiquement deux types de polluants atmosphériques :

  • Les polluants primaires qui sont émis directement par les sources polluantes. On trouve parmi eux le monoxyde d’azote, le monoxyde de carbone ou encore les métaux lourds.
  • Les polluants secondaires qui sont le résultat de transformations physico-chimiques entre polluants de l’air sous l’effet de conditions météorologiques particulières. Ces polluants secondaires sont l’ozone, le dioxyde d’azote ou encore les particules.

La pollution de l’air fait l’objet d’un suivi constant qui consiste à mesurer et analyser les taux et variations de ces différents polluants dans le temps et l’espace.

Dans ce contexte, une nouvelle étude, menée par des chercheurs de l’Inserm, du CNRS et de l’Université Grenoble Alpes, suggère que l’exposition des femmes enceintes aux polluants de l’air, à des niveaux communément retrouvés en Europe et en France, pourraient avoir des effets néfastes sur le placenta.

Impact de la pollution de l’air sur le placenta

Plusieurs études menées par le passé ont déjà démontré les conséquences néfastes pour le fœtus de l’exposition à la pollution de l’air pendant la grossesse :

  • Pré-éclampsie chez la femme enceinte (hypertension associée à la présence de protéines dans les urines).
  • Poids à la naissance diminué chez l’enfant avec altération de la fonction pulmonaire et troubles du développement neurologique.

Cette nouvelle étude a pour objectif de définir précisément comment les polluants environnementaux pourraient altérer le bon développement du fœtus in utero.

Pour mener à bien leurs recherches, les auteurs de l’étude ont recueilli les données de la cohorte EDEN composée de 668 femmes, recrutées au sein des centres hospitalo-universitaires de Nancy et de Poitiers de 2003 à 2006.

Les scientifiques ont ainsi analysé l’impact de l’exposition à la pollution de l’air sur le placenta, les niveaux d’exposition moyens étant inférieurs à la limite annuelle fixée par la directive de l’Union européenne sur la qualité de l’air (40 µg/m3 pour le dioxyde d’azote).

Les auteurs de l’étude ont ainsi observé que l’exposition à la pollution atmosphérique était associée à des modifications épigénétiques au niveau du placenta ; ces altérations du placenta pouvant bien évidemment présenter un risque pour le fœtus.

À savoir ! Le placenta est un organe fondamental qui permet l’échange des substances contenues dans le sang de la mère et celui du fœtus, apportées par des canaux différents, sans jamais les mettre en contact direct, et ainsi apporter à l’embryon nutriments et dioxygène tout en évacuant les déchets (dioxyde de carbone, urée…).

À savoir ! Une modification épigénétique désigne les processus biochimiques modifiant l’expression du génome sans transformer la séquence de l’ADN. Transmises au cours de la division cellulaire, ces modifications peuvent être réversibles. Au sens général, l’épigénétique est l’étude de l’influence de l’environnement cellulaire /physiologique sur l’expression des gènes. .

Les femmes enceintes les plus exposées au dioxyde d’azote (gaz issu des processus de combustions automobiles, industrielles et thermiques) présentaient ainsi une modification épigénétique au niveau du gène ADORA2B.

« Des défauts dans l’expression de ce gène ont été associés dans d’autres études à la pré-éclampsie, une maladie de la grossesse fréquente et grave si elle n’est pas prise en charge » affirme Johanna Lepeule, chercheuse Inserm.

Vers une meilleure connaissance de l’impact de la pollution sur le placenta

Forts de ces observations, les auteurs de l’étude concluent que les résultats de cette étude soutiennent une partie de l’hypothèse selon laquelle les expositions prénatales aux polluants de l’air, à des niveaux communément retrouvés en Europe et en France, pourraient avoir des effets néfastes sur la santé de la femme enceinte et de l’enfant à naître.

En s’appuyant sur l’analyse à grande échelle de données épigénétiques (plus de 400 000 localisations épigénétiques), cette étude d’envergure sur les polluants atmosphériques ouvre la voie à un tout nouveau genre d’études qui ne se concentreront plus uniquement sur des gènes particuliers mais sur un ensemble de données génétiques dans l’objectif de mieux comprendre les interactions entre la pollution environnementale, le placenta et la santé du fœtus.

Déborah L., Docteur en Pharmacie

– Sensibilité au gluten non cœliaque.Fondation québécoise de la maladie cœliaque. Le 21 juin 2018.
– Dossier « Pollution de l’air ». Site du gouvernement. gouvernement.fr. Consulté le 25 juin 2018.
Deborah L.
Pharmacienne.
Spécialisée dans les domaines de la santé, de la nutrition et de la cosmétologie.
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