L’alimentation des enfants de 0 à 3 ans est capitale pour respecter au maximum les besoins de l’enfant dès sa naissance et mettre en place les bases indispensables pour une alimentation saine et équilibrée. De plus, cette période de la vie est marquée par le passage progressif d’une alimentation liquide, basée uniquement sur le lait, vers une alimentation de plus en plus diversifiée, offrant à l’enfant la possibilité de découvrir différentes textures, saveurs et odeurs. Le respect des recommandations nutritionnelles durant cette phase est essentiel pour assurer le bon développement de l’enfant.

alimentation bébé déguisé en lapin qui mange une carotte

Une alimentation exclusivement liquide les premiers mois

A la naissance d’un enfant, les parents ont le choix entre trois options pour alimenter un bébé au cours des premiers mois de sa vie :

  • L’allaitement maternel exclusif consiste à nourrir le nourrisson uniquement avec du lait maternel.
  • L’allaitement au biberon correspond à une alimentation basée exclusivement sur des laits infantiles adaptés à l’âge de l’enfant.
  • L’allaitement mixte se définit comme un allaitement maternel, complété par des biberons de lait infantile.

Dans tous les cas, avant l’âge de 4 mois, l’alimentation de l’enfant doit être exclusivement lactée et sans ajout de céréales (qu’elles soient infantiles ou non).

L’allaitement maternel

L’Organisation Mondiale de la Santé recommande un allaitement maternel exclusif pendant les six premiers mois pour une croissance, un développement et un état de santé optimaux de l’enfant. En effet, le lait maternel permet de couvrir l’ensemble des besoins nutritionnels de l’enfant durant cette période. La diversification alimentaire du nourrisson ne doit pas intervenir avant le début du cinquième mois et doit débuter progressivement, parallèlement à la poursuite de l’allaitement, si possible jusqu’à l’âge de deux ans.

La promotion de l’allaitement maternel repose sur les bienfaits du lait maternel, à la fois sur la santé du nourrisson et de la mère, à court comme à long terme :

  • Pour la mère :
    • Une accélération des contractions de l’utérus, qui récupère ainsi plus rapidement après l’accouchement ;
    • Une diminution du risque de certains cancers génitaux, comme le cancer de l’ovaire ou du sein;
    • Une réduction du risque d’ostéoporose;
  • Pour le nourrisson :
    • Une alimentation parfaitement adaptée et équilibrée en sucres, lipides, protéines, vitamines, sels minéraux et oligo-éléments ;
    • Une bonne digestion avec une diminution des ballonnements, des coliques et des diarrhées ;
    • Une protection contre les infections, grâce aux anticorps maternels contenus dans le lait ;
    • Une protection contre les allergies, en particulier chez les enfants ayant une prédisposition familiale aux allergies ;
    • Une prévention du surpoids et de l’obésité pendant l’enfance et l’adolescence.

Par ailleurs, l’allaitement offre d’autres avantages, notamment vis-à-vis du lien qui se crée entre la mère et son enfant :

  • Un meilleur développement sensoriel et cognitif du nourrisson, grâce aux contacts peau à peau fréquents et à la reconnaissance de sa mère grâce à l’odorat ;
  • Un renforcement de la confiance mutuelle ;
  • Une évolution de la composition et de la quantité de lait en fonction des besoins spécifiques de l’enfant : au cours de la tétée, de la journée puis au fil des mois.

L’allaitement au biberon

Pour nourrir un enfant au biberon dès sa naissance, il faut impérativement utiliser des laits infantiles, encore appelés des préparations pour nourrissons ou substituts du lait maternel. Selon l’âge de l’enfant, il existe trois catégories de laits infantiles :

  • Les laits « premier âge » ou laits pour nourrissons, pour les enfants de 0 à 6 mois ;
  • Les laits « deuxième âge » ou laits de suite, pour les enfants de 7 à 12 mois, lorsque l’enfant a débuté la diversification alimentaire ;
  • Les laits « troisième âge » ou laits de croissance, pour les enfants de 1 à 3 ans.

Les laits infantiles répondent à des normes réglementaires strictes et rigoureuses et se trouvent sous forme de poudre à diluer ou de liquide prêt à l’emploi.

À savoir ! Certains acides gras essentiels (acides gras oméga-3 et oméga-6) doivent impérativement être apportés par les matières grasses présentes dans l’alimentation des enfants jusqu’à l’âge de 3 ans. Ils sont en effet capitaux pour assurer le bon développement du cerveau de l’enfant. Ces acides gras se retrouvent dans la formulation des laits infantiles (notamment des laits de croissance), mais aussi dans les huiles végétales (colza, noix et soja) et les poissons gras (saumon, maquereau, sardine, hareng, …).

Les laits animaux (vache, brebis, chèvre, jument, ânesse, …) ne sont pas adaptés pour l’alimentation des enfants de moins de un an, de même que les laits végétaux (amande, soja, …). Entre 1 et 3 ans, il est conseillé de donner à l’enfant un lait de croissance, qui est enrichi en fer et en acides gras essentiels par rapport au lait de vache. Si les parents préfèrent opter pour le lait de vache, il est préférable de prendre du lait entier. Les autres laits animaux sont déconseillés chez les enfants jusqu’à 3 ans.

Par ailleurs, il existe certaines préparations lactées qui possèdent des propriétés particulières :

  • Les laits AR pour Anti-Régurgitations présentent des formulations épaissies grâce à des farines particulières, pour limiter les régurgitations des bébés.
  • Les laits HA pour HypoAllergéniques sont conseillés pour les enfants présentant un terrain allergique mais sans allergie avérée.

Ces laits infantiles spécifiques ne doivent pas être utilisés sans consultation médicale préalable. D’autres laits infantiles se distinguent par leur composition différente des laits classiques (teneur en lactose, présence de probiotiques ou de prébiotiques, …) et pourraient avoir un effet bénéfique sur le fonctionnement du système digestif de l’enfant.

Entre 4 et 6 mois, le début de la diversification alimentaire

Les risques d’une diversification trop précoce

Les recommandations nutritionnelles indiquent que la diversification alimentaire ne doit pas débuter avant l’âge de 4 mois. Une diversification trop précoce peut avoir des conséquences négatives pour l’enfant, telles que :

  • Une insuffisance d’apports nutritifs ;
  • Un risque de carence en calcium ;
  • Un manque de certains acides gras essentiels ;
  • Des problèmes digestifs et rénaux liés à l’immaturité de l’appareil digestif et des reins ;
  • Des ballonnements associés à un excès de fibres ;
  • Un risque majoré de surpoids ou d’obésité à l’adolescence ou à l’âge adulte ;
  • Le développement d’allergies alimentaires et d’eczéma.

Pour introduire le gluten, ensemble de protéines présentes dans les céréales comme le blé, le seigle ou l’orge, la période idéale se situe entre 4 et 12 mois, selon les dernières recommandations européennes.

Une diversification progressive et adaptée à l’enfant

La diversification alimentaire peut commencer à partir de l’âge de 4 mois, mais ne doit pas débuter après l’âge de 6 mois. Entre 4 et 6 mois, le système digestif et les reins ont atteint un degré de maturité suffisant pour assimiler des aliments variés, autres que le lait. Dans la mesure du possible, la diversification doit respecter le rythme de chaque enfant, en fonction de sa capacité à accepter les nouveaux goûts et les nouvelles textures.

À noter ! Retarder au-delà de 6 mois la diversification alimentaire est susceptible de provoquer de graves carences chez l’enfant, même allaité au sein, et ne permet pas de réduire le risque d’allergie.

La diversification alimentaire est associée de manière systématique à l’alimentation lactée, qui doit rester prépondérante jusqu’à l’âge de 1 an. Progressivement et successivement, différents aliments peuvent être proposés à l’enfant, parmi les suivants :

  • Les légumes, chaque légume devant être introduit seul pendant 2 à 3 jours pour s’assurer de la bonne tolérance de l’enfant. Les légumes à goût fort ou très riches en fibres doivent être évités au début de la diversification ;
  • Les fruits, avec la même précaution que les légumes ;
  • La viande ;
  • Le poisson ;
  • Les œufs, tout d’abord le jaune d’œuf bien cuit, puis le blanc d’œuf cuit ;
  • Les laitages ;
  • Les légumineuses à partir de 8 à 10 mois (en raison de leur digestion parfois difficile) ;
  • Le chocolat à partir de 9 mois.

Si l’enfant refuse un aliment, il est inutile de le forcer. L’aliment pourra être reproposé quelques jours ou quelques semaines plus tard.

Des farines de céréales peuvent également être ajoutées aux biberons de lait ou servies sous forme de bouillies. Les pommes de terre peuvent être utilisées pour lier les purées de légumes.

Les aliments sont tout d’abord proposés sous forme de purée lisse, puis petit à petit des morceaux fondants puis des petits morceaux. Au départ, seuls des fruits et légumes cuits sont proposés à l’enfant, avant de commencer progressivement des aliments crus. Les viandes et les poissons doivent être cuits à cœur pour prévenir tout risque d’infection d’origine alimentaire. Des laitages spécifiques pour bébés sont disponibles dans le commerce, mais les laitages nature, à base de lait entier, peuvent également être donnés aux enfants.

De préférence, le mode de cuisson doit être à la vapeur, pour préserver au maximum les qualités nutritionnelles des aliments. Il convient de ne pas saler les préparations de légumes et/ou de viande ou de poisson, de même qu’il faut éviter de sucrer les compotes ou les laitages. Vers 6 mois, il est possible d’ajouter un corps gras aux plats de l’enfant : une petite quantité d’huile végétale, de beurre ou de crème fraîche.

D’une manière générale, la diversification alimentaire débute par l’introduction de nouveaux aliments sous forme de purée au repas de midi. Puis un goûter est mis en place avec une compote et/ou un laitage. Enfin, des céréales et/ou des légumes sont proposés au repas du soir en complément d’un biberon. Mais ce schéma-type est à adapter en fonction de chaque enfant et des habitudes familiales. De même, les quantités à proposer à l’enfant dépendent de plusieurs critères :

  • L’état de santé de l’enfant ;
  • Son appétit ;
  • Le nombre de biberons dans la journée.

Le médecin ou le pédiatre qui suit l’enfant peut conseiller les parents sur la nature et les quantités des aliments à proposer à leur enfant.

Entre 1 et 3 ans, une alimentation diversifiée et équilibrée

Vers l’âge de 1 an, l’alimentation de l’enfant est désormais diversifiée avec la présence de tous les groupes d’aliments dans son alimentation quotidienne. La présence du lait reste importante, avec des besoins compris entre 500 et 800 ml de lait (ou d’équivalents sous forme de laitages). Le lait reste un aliment fondamental pour l’enfant jusqu’à 3 ans, pour garantir les apports en calcium.

L’enfant peut désormais manger pratiquement tous les aliments, de même que les épices ou les herbes aromatiques. Le miel peut également être débuté (avant cet âge, le miel présente un risque d’infection intestinale). L’enfant mange désormais en petits morceaux plus ou moins écrasés, selon le développement de sa dentition et son aisance pour mastiquer.

Les bases d’une alimentation saine et équilibrée doivent être mises en place dès cet âge, notamment :

  • Un recours limité aux fritures, au sucre et au sel ;
  • L’absence de grignotage entre les repas ;
  • La présence de 3 repas principaux par jour, avec une collation dans la matinée et une collation dans l’après-midi ;
  • L’eau comme principale boisson.

En instaurant dès le plus jeune âge une alimentation variée, saine et équilibrée, les parents fournissent à leurs enfants les bases pour leur alimentation de futur adolescent et adulte. De plus, ils limitent le risque de développer certaines pathologies liées à l’alimentation, telles que le diabète ou l’obésité.

Estelle B. / Docteur en Pharmacie

– La diversification. MPedia.fr. Consulté le 28 mars 2018.
– Le guide nutrition des enfants et ados pour tous les parents. INPES. Septembre 2004, édition corrigée 4e trimestre 2015.