Femme enceinte triste ayant découvert sa grossesse

Quelles sont les conséquences du déni de grossesse ?

Nouveau né prématuréNe pas avoir conscience d’être enceinte n’est pas sans conséquences, à la fois pour la femme et pour le fœtus.

Le déni de grossesse expose le fœtus à des complications de diverses natures :

  • Une augmentation du risque de prématurité ;
  • Un plus faible poids de naissance (souvent inférieur à 2 kg 500) ;
  • Un retard de croissance intra-utérin ;
  • Un risque majoré d’hospitalisation en néonatalogie ;
  • Une augmentation du risque de mortalité fœtale, liée des fausses couches ou des décès in utero ;
  • Un recours plus important aux interruptions thérapeutiques de grossesse, en lien avec l’existence d’anomalies congénitales.

L’accouchement inopiné suite à un déni de grossesse total représente un véritable traumatisme psychologique et physique, à la fois :

  • Pour la mère, qui accouche seule, sans assistance médicale, avec un risque de complication potentiellement grave (par exemple une hémorragie du post-partum) voire un risque de suicide ;
  • Pour l’enfant, dont la naissance peut être très compliquée et aboutir à son décès dans plusieurs types de circonstances :
    • Une complication de l’accouchement ;
    • Un défaut de soins à la naissance ;
    • Un néonaticide.

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Lorsque la femme découvre sa grossesse au cours des neuf mois, dans le cas du déni de grossesse partiel, les conséquences pour le fœtus sont le plus souvent beaucoup moins graves. En revanche, les conséquences psychologiques pour la femme enceinte peuvent être importantes (confusion, incrédulité, refus, agressivité, sidération…). Certaines acceptent rapidement la situation, d’autres refusent de voir la réalité. Des cas d’abandons d’enfants sont ainsi signalés, après un déni de grossesse partiel ou total, lorsque la femme n’a pas réussi à admettre l’idée de sa grossesse. De même, les relations entre la mère et l’enfant peuvent être profondément altérées, et ce pendant de longues années.

Face à la potentielle gravité du déni de grossesse, une prise en charge médicale et psychologique des femmes concernées est nécessaire pour l’avenir de la femme et de son enfant. Une meilleure information du grand public et une formation adaptée des professionnels de santé sont deux aspects essentiels de la prévention et de la prise en charge du déni de grossesse. Tous les professionnels de santé sont concernés par ce problème de santé, qui peut avoir de graves conséquences sur la femme, sur l’enfant et sur l’adulte qu’il deviendra.

A noter ! Il existe une association, qui, en France, se mobilise pour une meilleure reconnaissance du déni de grossesse et de ses conséquences, l’Association Française pour la Reconnaissance du Déni de Grossesse (AFRDG).

Estelle B., Docteur en Pharmacie

– Le déni de grossesse. La revue de santé scolaire et universitaire n°21. Association française pour la promotion de la santé dans l’environnement scolaire et universitaire. Consulté le 21 juin 2019.
– Le déni de grossesse : “ Il ne suffit pas d’être enceinte pour attendre un enfant ? ” Maëva Rémy. Mémoire de sage-femme. Université de Lorraine. Consulté le 21 juin 2019.