tocophobie

Symptômes et Traitement

Les symptômes de la tocophobie sont liés à l’état anxieux de la patiente vis-à-vis de sa grossesse :

  • Peur anticipatoire de certains maux comme un manque de sommeil, des troubles alimentaires, une dépression ou des complications médicales en lien avec la grossesse ;
  • Une forte angoisse à propos de l’accouchement (peur de la douleur, des complications voire du décès) ;
  • La peur des institutions de santé et des professionnels de santé ;
  • Des maux de ventre, des vomissements.

Quelques fois, lorsque la peur d’enfanter est trop intense, certaines femmes peuvent recourir à une interruption volontaire de grossesse (IVG) ou provoquer volontairement une fausse couche (par la pratique de certaines activités trop intenses, par exemple), demander une césarienne voire procéder à une stérilisation.

Il est impératif pour toute femme souffrant de tocophobie d’être prise en charge aussitôt le diagnostic évoqué afin de ne pas aggraver la phobie. Sans prise en charge, cette phobie peut aboutir à un allongement du temps de travail nécessitant un recours aux forceps ou ventouses obstétricales. Par ailleurs, le souvenir d’un accouchement difficile peut impacter négativement la relation mère-enfant, ou mettre un terme à l’envie d’une seconde grossesse.

A noter que la tocophobie peut aussi se manifester chez une femme qui n’est pas enceinte. Celle-ci fera alors tout pour ne pas tomber enceinte, même si elle désire un enfant.

En cas de tocophobie, plusieurs approches thérapeutiques existent. Elles reposent toutes, uniquement, sur une prise en charge psychologique.

Le recours à un psychologue pour parler d’une mauvaise expérience lors d’un accouchement antérieur est conseillé pour les femmes souffrant de tocophobie secondaire.

Il est possible de visiter le service d’obstétrique et rencontrer les sages-femmes et les médecins afin d’être rassuré sur le déroulement de l’accouchement. Il est également proposé à toute femme enceinte de participer à des cours de préparation à l’accouchement prodiguée par une sage-femme. Les séances permettent de préparer la future maman, aussi bien physiquement que psychologiquement, à l’accouchement. C’est également l’occasion de s’informer sur le déroulement de la grossesse afin de mieux gérer les angoisses liées à l’idée d’accoucher.

Il existe également des groupes de parole sur le sujet, afin de prendre conscience que la tocophobie existe chez d’autres patientes.

Enfin, il est possible d’avoir recours à des séances d’hypnose thérapeutique. Cette méthode, basée sur une relaxation profonde, permet de prendre conscience de ses angoisses et apprendre à les surmonter. L’objectif est que la patiente puisse sentir les prémices de ses angoisses afin de pouvoir les stopper grâce à diverses méthodes de relaxation. On parle alors d’autohypnose. Dans le même principe, il existe aussi des séances de sophrologie prénatale qui permettent de travailler sur le souffle et le lâcher-prise via divers exercices corporels. Le père peut lui aussi prendre part aux séances afin d’aider la future maman à se relaxer.

Charline D., Docteur en pharmacie

– Tocophobie : ces femmes qui vivent avec une peur extrême de la grossesse et de l’accouchement. The Conversation. C. Jones ; F.Wadephul et J.Jomeen. Consulté le 11 avril 2019.
– Prise en charge de la tocophobie par thérapie cognitivo-comportementale : à propos d’un cas clinique. Science Direct. P. Petit. Consulté le 11 avril 2019.
– Tocophobie, la peur extrême de la grossesse et de l’accouchement. Ouest France. Consulté le 11 avril 2019.
– Quand la peur d’accoucher devient phobie. La presse +. Consulté le 11 avril 2019.