Système de reproduction féminin protégé par des mains de insuffisance ovarienne

Diagnostic et traitement

Technicien de laboratoire retient une maquette d’utérus avec des ovaires, ainsi qu’un tube à essai pour tester insuffisance ovarienneQuel diagnostic ?

Une insuffisance ovarienne primitive est évoquée chez une femme de moins de 40 ans ayant des difficultés à concevoir un enfant, des anomalies du cycle menstruel ou des signes de carences en estrogènes.

Les taux d’hormone folliculo-stimulante (FSH) et d’oestradiol sont mesurés chaque jour pendant 2 à 4 semaines. Lorsque les taux de FSH sont élevés et les taux d’oestradiol sont bas, l’insuffisance ovarienne est confirmée.

À savoir ! La FSH est une hormone sécrétée par l’hypophyse (glande au niveau du cerveau) qui agit sur le fonctionnement des ovaires.

Les autres examens consistent à déterminer la cause de l’insuffisance.

Si une cause auto-immune est suspectée, les tests effectués reposent sur la mesure de la thyréostimuline (TSH), de la thyroxine (T4) et de certains anticorps spécifiques.
En cas d’insuffisance surrénalienne potentielle, c’est le taux de cortisol du matin et un test de stimulation qui permet de confirmer le diagnostic.

À savoir ! La TSH est une hormone sécrétée par l’hypophyse (glande au niveau du cerveau) qui gère la sécrétion des hormones thyroïdiennes (T4 et T3) par la thyroïde, une glande localisée à la base du cou indispensable au bon fonctionnement de l’organisme.

À noter que le dosage sanguin de l’hormone antimüllérienne produite uniquement dans les petits follicules ovariens permet d’estimer la diminution de la réserve ovarienne. En effet, les taux normaux sont compris entre 1,5 et 4,0 ng/mL. Un niveau abaissé suggère une diminution de la réserve ovarienne. Ce dosage permet aux médecins de prédire quelles femmes répondront mal aux médicaments de fertilité, et quels couples sont les moins susceptibles de répondre à un traitement de fertilité.

Quel traitement ?

Sans désir de grossesse, les femmes souffrant d’insuffisance ovarienne reçoivent un traitement hormonal (association d’œstrogène et de progestatif). Ce traitement permet de soulager les symptômes en lien avec la carence en œstrogène, et permet de maintenir la densité osseuse. Le risque de survenue de maladies coronariennes, maladie de Parkinson, des changements d’humeur, de démence et de vaginite atrophique sont également prévenus par la prise du traitement.

Les femmes qui désirent une grossesse ont la possibilité d’avoir recours à la fécondation in vitro avec don d’ovocytes. Un traitement hormonal est associé afin de permettre à l’utérus d’accueillir l’embryon.

La fécondation in vitro consiste à forcer la rencontre entre un ovule et un spermatozoïde. Majoritairement, les deux gamètes sont issus des conjoints. Dans le cas d’une insuffisance ovarienne, la FIV est également réalisable avec un gamète de donneur (un ovocyte).

La première étape, repose sur la stimulation des follicules par un traitement hormonal. Une fois les follicules matures, ils sont prélevés et envoyés au laboratoire. Le sperme est recueilli dans un même temps au laboratoire.

Le prélèvement d’ovocytes est réalisé par ponction transvaginale sous anesthésie locale ou générale. Le médecin utilise une aiguille avec laquelle il va transpercer un par un les follicules matures pour aspirer leur contenu. Ce dernier est ensuite examiné au microscope afin de détecter la présence d’ovocytes. Lorsqu’il y en a, ils sont extraits et placés en boîte de culture.

L’étape de fécondation a lieu in vitro, autrement dit à l’extérieur du corps de la femme. Les gamètes sont mis en contact dans une boîte de culture et les ovocytes fécondés deviennent des embryons. Quelques jours après la fécondation, les embryons sont transférés sous contrôle échographique dans l’utérus de la femme grâce à un cathéter.

Charline D., Docteur en pharmacie

– Insuffisance ovarienne primitive. Le manuel MSD – version pour les professionnels de la santé. Consulté le 6 octobre 2019.