Vaginose bactérienne


Rédigé par Charline D., publié le 30 septembre 2015 et mis à jour le 5 mai 2022

dame qui a des démangeaisons à l'entre-jambe

Une vaginose bactérienne est une infection génitale, relativement fréquente, survenant en cas de déséquilibre de la flore vaginale. Elle se traduit par des pertes fluides blanchâtres et nauséabondes. Sans traitement, de graves complications peuvent se manifester particulièrement chez la femme enceinte : accouchement prématuré, infection utérine, avortement, etc. Le diagnostic d’une vaginose bactérienne repose principalement sur l’examen gynécologique de la patiente, éventuellement complété par une analyse bactériologique des sécrétions. Un traitement antibiotique local (gel ou crème) ou oral est nécessaire. Les récidives sont fréquentes, et peuvent nécessiter une antibiothérapie plus longue.

Définition et symptômes

Qu’est-ce que la vaginose bactérienne ?

La vaginose bactérienne concerne entre 15 à 20% des femmes en France. Cette affection résulte d’un profond déséquilibre de la flore vaginale.

En effet, en temps normal, des lactobacilles dits protecteurs colonisent la sphère vaginale. Or, la disparition quasi-complète de ces derniers au profit d’une flore bactérienne anaérobie (bactéries qui fonctionnent sans oxygène) conduit à la vaginose bactérienne.

Bien que l’étiologie de la vaginose bactérienne reste encore un mystère, certains facteurs de risque ont cependant pu être identifiés :

  • Les habitudes sexuelles. La précocité des relations sexuelles, la multiplicité des partenaires sexuels, une relation avec un nouveau partenaire sexuel, l’homosexualité féminine, l’utilisation de douches vaginales, l’utilisation de dispositifs intra-utérins sont des facteurs de risque tandis que l’utilisation du préservatif, la circoncision et la contraception hormonale seraient des facteurs protecteurs.
  • L’origine ethnique. Le risque de survenue de vaginose bactérienne est augmenté chez les femmes d’origine africaine.
  • Le tabac. Le tabac est responsable d’une baisse du renouvellement des cellules vaginales qui produisent du glycogène, un carburant nécessaire à la vie des lactobacilles. Ce manque de glycogène entraîne une baisse de ces bonnes bactéries et donc un déséquilibre de la flore vaginale.

Quels sont les symptômes ?

Une vaginose bactérienne se manifeste, le plus souvent, par des écoulements vaginaux abondants, fluides, gris/verdâtres et malodorants (odeur très particulière de « poisson avarié »).

dame triste assise sur son canapé

En effet, la production par les germes anaérobies (dont Gardnerella vaginalis) d’amines aromatiques (dont la cadavérine et la putrescine) est responsable de l’odeur nauséabonde. Plus le pH augmente, plus ces derniers sont volatils. Ainsi, cela qui explique l’amplification de la mauvaise odeur au moment des rapports sexuels après éjaculation ou au moment des menstruations (événements associés à une augmentation du pH).

À savoir ! Contrairement à la mycose vaginale, la vaginose ne provoque que très rarement des démangeaisons, rougeurs ou gonflements de la vulve.

La vaginose bactérienne représente la première cause de sécrétions vaginales anormales. Elle est, cependant, asymptomatique chez 50% des femmes. Le plus souvent bénigne, la vaginose bactérienne s’avère dangereuse chez la femme enceinte. En effet, elle augmente le risque d’accouchements prématurés, de petits poids de naissance et d’avortements spontanés.

La vaginose bactérienne favorise également le développement d’infections sexuellement transmissibles comme celles de Neisseria gonorrhoea ou à Chlamydia trachomatis, mais aussi la transmission de l’HSV (Herpès Simplex Virus) ou encore l’acquisition du VIH.

Diagnostic et traitement de la vaginose bactérienne

Quel est le diagnostic ?

Les femmes peuvent consulter dès la survenue de pertes inhabituelles ou présentes depuis plusieurs jours.

Le diagnostic d’une vaginose bactérienne est généralement clinique. Ce diagnostic clinique repose sur la méthode dite « d’Amsel ». Elle se fonde sur la présence de 3 des 4 critères suivants :

  • pH vaginal > 4,5 ;
  • Sécrétions vaginales blanchâtres ou grisâtres, homogènes et adhérentes à la paroi vaginale ;
  • Odeur vaginale caractéristique de « poisson avarié » après mise en contact des pertes vaginales avec quelques gouttes de potasse 10% (« sniff test ») ;
  • Présence de cellules caractéristiques (appelées clue-cells) lors de l’examen microscopique des sécrétions vaginales.

Un examen bactériologique peut venir confirmer le diagnostic. Ce dernier repose sur l’analyse, en laboratoire, d’un échantillon des pertes.

Quels sont les traitements disponibles contre la vaginose ?

Les traitements antibiotiques

Bien que majoritairement bénigne, une vaginose bactérienne peut amplifier d’autres problèmes de santé.  Ainsi, les femmes doivent consulter leur médecin en cas de pertes vaginales anormales. Le traitement d’une vaginose bactérienne consiste en l’administration d’un antibiotique de la famille des nitro-imidazolés (métronidazole, secnidazole ou tinidazole). Le traitement est par voie orale pendant 7 jours. Chez la femme enceinte, il est administré par voie vaginale, pendant 7 jours également.

personne qui tient des plaquettes de médicaments

Ces antibiotiques entraînent quelques effets indésirables tels que de légères nausées, des vomissements et un goût métallique dans la bouche. Il est contre-indiqué de consommer de l’alcool pendant la durée du traitement sous peine d’effet antabuse (chaleur, rougeurs, vomissements, tachycardie). Il est conseillé de réduire son activité sexuelle ou d’utiliser des préservatifs sur toute la durée du traitement.

Plusieurs données scientifiques ont montré que le traitement du partenaire sexuel ne permettait pas d’améliorer la réponse des patientes au traitement ou encore de diminuer le risque de récidive. Ainsi, le traitement concomitant du partenaire sexuel n’est pas recommandé.

Avec un traitement adapté, la vaginose bactérienne disparaît en quelques jours.

Les traitements complémentaires

Bien que les traitements antibiotiques soient efficaces à court-terme, ils connaissent un taux d’échec important à moyen-terme avec un taux de récidive de 80% à 3 mois. Le traitement des récurrences peut donc associer aux anti-infectieux classiques des traitements restaurateurs de la flore lactobacillaire (estrogènes, prébiotiques et probiotiques). Les œstrogènes par voie locale ont une action bénéfique mais longue à apparaître sur cette flore lactobacillaire. En effet, ils peuvent être prescrits uniquement chez les femmes ménopausées ou avec des signes d’hypo-oestrogénie.

Par ailleurs, les prébiotiques permettent de favoriser l’implantation des lactobacilles et de réduire la prolifération des germes anaérobies, en acidifiant le milieu vaginal.

Les probiotiques (qui correspondent à certaines espèces de lactobacilles) permettent de réensemencer la flore vaginale de façon à créer les conditions propices à la colonisation du vagin par une flore naturelle équilibrée.

Des mesures de prévention

Plusieurs mesures permettent de limiter les risques de survenue d’une vaginose bactérienne :

  • Changer de sous-vêtements après une activité sportive ;
  • Ne pas utiliser une lessive trop forte ;
  • Éviter les toilettes intimes trop fréquente et l’utilisation de tout produit de soin (par exemple déodorant) ;
  • Changer régulièrement (toutes les 3 heures) de tampon et de serviette hygiénique ;
  • Préférer un savon doux à pH neutre pour la toilette intime afin de respecter l’équilibre de la flore vaginale.

Publié le 30 septembre 2015 par Charline D., Docteur en pharmacie. Mis à jour le 5 mai 2022 par Alexia Fasola, Docteure en Neurosciences.

Sources
– Mycose vaginale et autres vaginites. ameli.fr. Consulté le 5 mai 2022.