Epididymite chez l'hommeL’épididymite correspond à une inflammation majoritairement d’origine infectieuse de l’épididyme, une structure appartenant à l’appareil reproducteur masculin. Elle peut être associée à une inflammation du testicule, dans le cadre d’une orchi-épididymite. Les agents pathogènes les plus fréquemment rencontrés sont des bactéries. La douleur est généralement caractéristique et amène le médecin à rechercher une éventuelle torsion des testicules. Généralement, la prise en charge associe un traitement antibiotique adapté à la bactérie causale et un traitement antalgique pour réduire les douleurs.

Définitions et symptômes d’une épididymite ou une orchi-épididymite

Qu’est-ce que c’est ?

Une épididymite est une inflammation de l’épididyme, une structure de l’appareil reproducteur masculin. Assez fréquemment, cette inflammation est associée à une inflammation du testicule, et les spécialistes parlent alors d’orchi-épididymite.

appareil génital masculin

À savoir ! L’épididyme est un canal situé sur la paroi du testicule. D’une longueur moyenne de plusieurs mètres, l’épididyme assure la maturation des spermatozoïdes émis par le testicule. Chaque testicule possède son épididyme. La proximité anatomique de l’épididyme et du testicule explique que les deux structures sont généralement atteintes simultanément en cas d’inflammation.

Dans la majorité des cas, l’épididymite est unilatérale et ne touche donc qu’un seul épididyme. Les formes bilatérales ne représentent qu’environ 10 % des cas. Le plus souvent, l’origine de l’inflammation est une infection, qui est majoritairement bactérienne. L’origine de l’infection peut être urinaire, avec une inflammation préalable de l’urètre (urétrite).

À savoir ! L’épididymite est souvent associée à une inflammation du testicule dans l’orchi-épididymite. Mais l’inflammation peut continuer de se répandre dans l’appareil reproducteur masculin, avec par exemple une déférentite (inflammation des canaux déférents) ou une funiculite (inflammation de la totalité du cordon spermatique.

Les bactéries majoritairement en cause dans l’épididymite varient selon l’âge des hommes touchés :

  • Avant l’âge de 35 ans, l’épididymite s’inscrit généralement dans le cadre d’une infection sexuellement transmissible (IST) avec une transmission par voie sexuelle, en particulier la gonorrhée (infection par Neisseria gonorrhoeae) ou la chlamydiase (infection par Chlamydia trachomatis) ;
  • A partir de 35 ans, les bactéries responsables sont plus variées, avec une transmission liée à un reflux d’urines dans les voies reproductrices, et les hommes touchés présentent généralement des facteurs de risque d’infection (problèmes urologiques, présence d’une sonde urinaire à demeure, antécédents de chirurgie urologiques, immunodépression) :
    • Des bactéries issues de la flore fécale (entérobactéries, Staphylococcus aureus, entérocoques) ;
    • La bacille de la tuberculose ;
    • La bactérie responsable de la syphilis.

Même si les bactéries sont responsables de la plupart des cas d’épididymite, d’autres agents pathogènes peuvent être retrouvés ponctuellement, tels que :

Enfin, l’inflammation de l’épididyme peut être de nature non infectieuse, dans certaines circonstances particulières, comme :

  • Une irritation chimique en cas de reflux urinaire ;
  • Le port de charges lourdes ;
  • Un traumatisme au niveau de l’appareil reproducteur masculin.

Quels symptômes ?

symptômes d'une Epididymite L’épididymite, comme l’orchi-épididymite, se caractérise en premier lieu par des douleurs au niveau du scrotum, et ce quelle que soit la cause de l’inflammation. La douleur peut être très intense et peut irradier dans l’abdomen. Elle est généralement soulagée par le soulèvement du testicule. D’autres signes peuvent être associés en fonction de la cause de l’inflammation :

  • Une fièvre élevée (au-delà de 38.5 °C) ;
  • Des frissons ;
  • Des nausées ;
  • Des signes d’inflammation locale (peau du scrotum luisante, gonflée, rouge et sensible) ;
  • Une augmentation du volume de l’épididyme ;
  • Des troubles urinaires (brûlures et/ou douleurs à la miction, envie fréquente d’uriner) ;
  • Parfois un écoulement au niveau de l’urètre.

L’évolution de l’infection dans l’appareil reproducteur masculin peut entraîner un risque d’infection généralisée (septicémie), laissant apparaître des signes de gravité :

  • Une fièvre élevée ;
  • Une accélération du rythme cardiaque (tachycardie) ;
  • Une baisse de la tension artérielle (hypotension).

D’autres complications peuvent se développer si l’épididymite n’est pas diagnostiquée et traitée suffisamment tôt :

  • La formation d’un abcès au niveau de l’épididyme ou du testicule ;
  • Le passage à une inflammation chronique ;
  • Une atteinte irréversible du testicule pouvant entraîner une infertilité.

Au contraire, si le traitement est initié rapidement, l’évolution de l’infection est rapidement favorable sans séquelles notables.

Diagnostic et traitements d’une épididymite ou une orchi-épididymite

Quel diagnostic ?

Les signes caractéristiques d’une épididymite ou d’une orchi-épididymite doivent amener à consulter rapidement un médecin. En effet, il est capital d’écarter rapidement des affections graves (torsion du testicule) ou une complication de l’infection (sepsis).

L’examen clinique du patient permet d’orienter rapidement le médecin vers le diagnostic d’épididymite. Des examens complémentaires sont néanmoins recommandés, notamment :

  • Une analyse d’urines (ECBU, examen cyto-bactériologique des urines) pour rechercher une infection urinaire ;
  • Un écouvillonnage urétral en cas d’écoulement au niveau de l’urètre pour effectuer des analyses microbiologiques ;
  • Un toucher rectalpour rechercher une éventuelle prostatite (inflammation de la prostate) ;
  • Un échographie Doppler du testicule pour écarter une éventuelle torsion du testicule ou un abcès testiculaire ;
  • Un dépistage des autres infections sexuellement transmissibles (IST) en particulier chez l’homme jeune (les partenaires sexuels doivent également être dépistés).

Un bilan urologique complet mené par un urologue est conseillé, lorsque la cause de l’épididymite n’est pas clairement identifiée ou lorsque les épisodes d’épididymite sont récurrents.

Quels traitements ?

traitement d'une Epididymite L’épididymite, comme l’orchi-épididymite, doivent être prises en charge rapidement pour prévenir les risques de complications, et notamment de propagation de l’infection à l’ensemble de l’appareil reproducteur masculin. Les sujets âgés, avec facteurs de risques, sont généralement hospitalisés pour un meilleur suivi et une administration des traitements par voie intraveineuse.

La prise en charge est double :

  • Soulager le plus rapidement possible les symptômes du patient, par des traitements supports ;
  • Traiter la cause de l’inflammation à chaque fois que c’est possible.

Les traitements supports comprennent :

  • Un traitement médicamenteux antalgique et/ou anti-inflammatoire (anti-inflammatoires non stéroïdiens) ;
  • Un repos au lit ;
  • Une élévation du scrotum ;
  • L’application de poches de glace sur la région scrotale ;
  • Une anesthésie locale du cordon spermatique dans les formes les plus sévères.

À savoir ! L’abstinence sexuelle ou le port du préservatif masculin sont fortement recommandés jusqu’à la guérison totale de l’infection.

Les traitements de la cause comprennent majoritairement les traitements antibiotiques des épididymites bactériennes. Plusieurs antibiotiques peuvent être utilisés seuls ou en association, en fonction de la bactérie responsable.

Dans les formes évoluées d’infection, lorsqu’un abcès s’est formé, une intervention chirurgicale pour drainage de l’abcès peut être nécessaire. De même, une vasectomie peut être envisagée en cas d’épididymite récurrente associée à une urétrite et une prostatite chronique. L’ablation uniquement de l’épididyme (épididymectomie) ne permet pas toujours de réduire les symptômes.

Estelle B., Docteur en Pharmacie

Sources
– Épididymite. msdmanuals.com. Consulté le 11 avril 2021.
– CHAPITRE 12 – INFECTIONS SEXUELLEMENT TRANSMISSIBLES. Association Française d’Urologie. urofrance.org. Consulté le 11 avril 2021.