Les accidents domestiques, autrement dit, survenant dans la vie courante, concernent chaque année près de 11 millions de personnes et en tuent 20 000. Les enfants et les personnes âgées sont les plus touchés. Avec les bons réflexes, la majorité de ces accidents sont pourtant évitables !

accidents domestiques - bébé ouvrant une porte

A propos des accidents domestiques

Les accidents domestiques constituent la première cause de mortalité chez les jeunes enfants. En 2002, pas moins de 308 enfants âgés de 0 à 15 ans sont décédés à la suite d’un accident de la vie courante. Parmi eux, 64% étaient des petits de moins de 4 ans.

Selon L’Institut National de Prévention et d’Education pour la Santé (INPES), chaque jour, 2 000 enfants de moins de 6 ans en sont victimes, soit près de 740 000 sur une année. 80% des accidents ont lieu à l’intérieur de la maison. Certaines victimes gardent des séquelles, parfois à l’origine d’un sérieux handicap.

En dessous de 1 an, les accidents surviennent majoritairement dans la cuisine, la chambre et la salle de bain. Tandis que pour les enfants de plus d’1 an, mais moins de 4 ans, ils surviennent essentiellement dans la cuisine et le séjour. Plus l’enfant prend de l’âge, plus la portion des accidents se déroulant à l’extérieur de la maison augmente.

Parmi les accidents domestiques les plus fréquents :

  • Les chutes représentent l’accident le plus fréquent entre 0 et 6 ans, période où l’enfant découvre et expérimente ses fonctions motrices. Il est, en effet, très facile pour un petit de tomber de la table à langer, de la chaise haute ou du canapé. Plus vieux, la chute dans l’escalier, d’un lit en hauteur ou d’une fenêtre est à craindre ;
  • L’étouffement concerne tout le monde dans la maison, mais les plus à risque sont les moins de 6 ans qui cherchent à jouer avec tout ce qu’ils trouvent ;
  • La noyade est également un accident domestique fréquent. Elle peut se produire dans une piscine, mais également dans le bain. Il faut retenir qu’un enfant peut se noyer dans 20 centimètres d’eau ;
  • L’intoxication est majoritairement due à l’ingestion de médicaments, de produits ménagers ou de bricolages laissés à la portée des enfants ;
  • La brûlure : un enfant a la peau beaucoup plus fragile qu’un adulte. En conséquence, une brûlure au troisième degré peut être provoquée en seulement 3 secondes dans une eau à 60 degrés ;
  • L’écrasement des doigts est un accident très fréquent chez les petits qui apprennent à marcher. En effet, l’enfant prend appuie sur tout ce qu’il trouve afin d’explorer son environnement sans se rendre compte du danger ;
  • L’électrocution peut se manifester aussi bien lors de la mise des doigts dans une prise que lorsqu’il y a de l’eau à proximité d’un appareil électrique ;
  • La coupure est fréquente à partir de l’âge de 9 mois lorsque l’enfant est en capacité d’attraper ce qu’il veut.

Comment réagir face à un accident domestique ?

En cas de brûlure, il faut éteindre la source de chaleur et refroidir la zone pendant 15 minutes sous l’eau froide. Si possible, retirer les vêtements brûlés (lorsqu’ils ne collent pas à la peau).

En cas de traumatisme crânien avec perte de connaissance, il faut placer la victime en position latérale de sécurité (allongée sur le côté, la bouche ouverte, avec le genou de la jambe supérieur au sol et la main du dessus entre le sol et la tête). Il faut ensuite vérifier si la victime respire et appeler les secours. Si la victime ne respire plus, débuter le massage cardiaque et le poursuivre jusqu’à l’arrivée des secours ou la reprise de connaissance de la victime.

En cas d’hémorragie, il faut allonger la victime et comprimer sa plaie afin de limiter la perte de sang (sauf en présence d’un corps étranger, par exemple un morceau de verre, où il faut dans ce cas ne pas comprimer au-dessus de la blessure).

En cas d’accident de la main (fracture, plaie ou amputation par exemple), il faut récupérer, le cas échéant, le morceau de doigt amputé et le placer dans un sac en plastique, lui-même placé dans des glaçons. La greffe doit être effectuée dans les 6 heures pour être optimale.

En cas de piqûre d’insecte (abeille, guêpes, moustiques, etc.), si les piqûres ne sont pas nombreuses et que l’état de santé de la victime est bon : ce n’est pas grave, il faut alors calmer l’enfant et le rassurer en lui expliquant que l’apparition d’une boursouflure à l’endroit de la piqûre est normale. Il faut cependant s’assurer que le dard de l’insecte n’est pas encore présent dans la peau. Si c’est le cas, le retirer avec une pince à épiler. Il faut désinfecter la piqûre et appliquer une compresse froide ou de la glace sur la zone et éventuellement donner du paracétamol en cas de douleurs.

En revanche, si l’état de l’enfant semble grave (beaucoup de piqûres, perte de connaissance ou malaise), il faut immédiatement contacter le 15 ou le 18. En attendant les secours, il faut placer la victime en position latérale de sécurité.

À savoir ! Les piqûres de certains insectes peuvent provoquer un choc anaphylactique (une réaction allergique potentiellement mortelle) qui se manifeste par des difficultés respiratoires, des nausées et vomissements, une éruption cutanée.

En cas de morsure d’animal (le plus souvent chien ou chat), il faut immédiatement nettoyer la plaie à l’eau et au savon. Eliminer les corps étrangers (poil, saleté, etc.) s’il y en a. Rincer abondamment et sécher. Il faut ensuite désinfecter la plaie avec une solution antiseptique et la recouvrir avec un pansement stérile. Donner du paracétamol en cas de douleurs. Il est conseillé de vérifier si la victime est à jour dans ses vaccins. Les jours qui suivent, il faut continuer de désinfecter et surveiller l’aspect de la plaie.

Il faut consulter un médecin ou aller aux urgences si :

  • La morsure est au niveau des mains, des pieds ou proche d’une articulation ;
  • La plaie paraît profonde ;
  • La blessure est souillée par des corps étrangers impossible à retirer soi-même ;
  • La morsure a été causée par un chat (risque infectieux important) ;
  • La victime est diabétique ou immunodéprimée (VIH, traitement corticoïde) ;
  • La vaccination contre le tétanos n’est pas à jour ;
  • La victime a été mordue par un animal errant dont le statut vaccinal contre la rage est inconnu ;
  • La plaie s’infecte (dans les premières 24h après la morsure) : rougeur, douleurs, gonflement, écoulements purulents et parfois fièvre.

À savoir ! Il faut immédiatement appeler les urgences en cas :

  • De morsure au visage, au cou ou aux organes génitaux ;
  • De plaie déchiquetée ou d’atteinte de l’os ;
  • D’une forte hémorragie ;
  • De perte de sensibilité ou de possibilité de mouvement du membre atteint.

Comment les éviter ?

Tout d’abord, il est primordial de sensibiliser un enfant aux dangers potentiels. Il faut lui enseigner que certaines activités requièrent un équipement de protection (par exemple le port d’un casque pour faire du vélo). Dès 18 mois, l’enfant doit comprendre certaines règles de sécurité et certains interdits comme ne pas mettre les doigts dans l’encadrement d’une porte ou courir avec un objet pointu dans les mains. Cela ne dispense pas pour autant les parents d’une vigilance permanente, particulièrement avant 6 ans.

Les chutes peuvent être évitées par l’installation de barrières de sécurité dans les escaliers et par le blocage des fenêtres par un système de sécurité. Enfin, il faut éviter de placer un meuble sous une fenêtre et ne jamais laisser seul un enfant sur la table à langer ou dans sa chaise haute.

Les noyades sont évitables en restant vigilant et en ne laissant jamais un enfant seul dans son bain ou proche d’une piscine ou d’un plan d’eau.

Les brûlures peuvent être prévenues en rangeant tout briquet ou allumette hors de la vue d’un enfant, en tournant les poignées de casseroles vers l’intérieur des plaques de cuisson, en réglant l’eau chaude sur une température maximale de 40°.

Les étouffements et intoxication peuvent être évités en plaçant tout produit ou objet à risque hors de portée des enfants.

L’électrocution est évitable par l’installation de dispositifs de sécurité au niveau des prises et le fait de débrancher un appareil électrique après utilisation.

Les piqûres d’insecte sont évitables par le port de vêtements longs, couvrants et de couleur claire. Il faut également éviter de laisser traîner des aliments sucrés qui les attirent. Concernant les moustiques, il faut éviter d’être à l’extérieur en fin de journée (ou adopter une protection) et éliminer toute eau stagnante.

La plupart des morsures de chien ou chat sont évitables en adoptant le comportement adéquat face à l’animal. Il faut savoir qu’un animal à qui on fait peur, mal ou que l’on dérange sur son territoire peut mordre. Ainsi, il faut rester vigilant sur les signaux d’alerte émis par l’animal avant de mordre.

Les enfants sont fréquemment mordus lorsqu’ils sont seuls ou sans surveillance adulte avec un animal qu’ils connaissent. Il est important de ne jamais laisser un enfant seul avec un animal, même si celui-ci est familier. En effet, les enfants ne connaissent pas les gestes à éviter et ne reconnaissent pas les éventuels signes d’agressivité.

Certains comportements sont donc à éviter :

  • S’approcher d’un animal inconnu ;
  • Caresser un chien en laisse sans avoir préalablement demandé l’autorisation à son propriétaire ;
  • S’interposer dans un combat de chiens ;
  • Déranger le sommeil d’un animal ;
  • Grimper sur le dos du chien ou se coucher sur lui ;
  • Serrer trop fort l’animal dans ses bras ;
  • Prendre ses jouets ;
  • Tirer sur la queue ou les oreilles de l’animal ;
  • Taquiner un chien pendant son repas ou approcher sa main de sa gamelle ;
  • S’approcher trop près d’une chienne avec ses petits ;
  • Soutenir le regard d’un animal agressif ;
  • Se sauver devant un chien agressif en courant ;
  • Empêcher un animal de s’enfuir ;
  • S’approcher d’un chien qui grogne ou d’un chat qui remue la queue.

Charline D., Pharmacien

– Morsure de chien ou chat. Ameli. Le 28 juillet 2017.
– Accidents domestiques : dangers à la maison. Attitude prévention. Le 31 août 2017.