Les effets secondaires des corticostéroïdes

Quels effets secondaires ?

Les corticoïdes ont des effets métaboliques sur :

  • Les nutriments. Ils possèdent un effet hyperglycémiant en augmentant la production de glucose dans le foie, et en diminuant sa consommation par l’organisme. L’augmentation de l’appétit peut entraîner une prise de poids rapide. Ils entraînent aussi une modification de la répartition des graisses, et peuvent être à l’origine d’une bosse dans le cou, par exemple ;
  • Les électrolytes. On parle d’effet minéralocorticoïde qui se traduit par une rétention d’eau, de sodium et une perte de potassium. Les taux de calcium et de phosphore peuvent aussi être diminués. La pression artérielle peut donc être impactée. Pour cela, il est conseillé de limiter la consommation de sel, et de mesurer régulièrement la pression artérielle.

Ils ont également des effets :

  • Hormonaux variables. La prolactine peut être diminuée, ce qui se traduit par une diminution de la lactation. Lorsque l’hormone de croissance est affectée, elle peut induire un ralentissement de la croissance chez les enfants et les adolescents ;
  • Sur l’estomac. Les corticoïdes peuvent entraîner une hypersécrétion gastrique, et augmenter le risque d’ulcère digestif. Pour limiter les maux d’estomac, il est préférable de ne pas prendre le traitement à jeun ;
  • Sur le système nerveux central. Les corticoïdes ont un effet orexigène (augmentation de (l’appétit). Ils peuvent aussi provoquer des troubles de l’humeur et du comportement (insomnie, euphorie, crise de colère) ;
  • Les effets cellulaires. Les corticoïdes augmentent les taux de globules rouges, de plaquettes et de polynucléaires neutrophiles.

Dans la majorité des cas, les complications, notamment l’ostéoporose et la fonte musculaire sont liées à la dose de corticoïde reçue. La meilleure des préventions reste l’utilisation de la plus petite dose efficace possible.

À savoir ! Il ne faut en aucun cas réduire les doses de corticoïde en cas de traitement d’attaque, ou accélérer la décroissance lors d’un traitement d’entretien, sans l’accord du médecin. Il existe, en effet, un risque important de résistance au traitement et/ou de rebond de la maladie nécessitant le maintien ou la reprise de dose élevée.

Quelles indications ?

Les corticoïdes ont trois effets thérapeutiques recherchés :

  • Un effet anti-inflammatoire. Les corticoïdes limitent les symptômes inflammatoires de plusieurs organes ou tissus (os, articulations, rein, peau, poumons, etc.). Cette action est symptomatique ;
  • Un effet antiallergique ;
  • Un effet immunosuppresseur. Les corticoïdes sont utilisés dans le traitement des maladies auto-immunes, et après une transplantation d’organe.

Les corticoïdes peuvent également faire partie d’un protocole de chimiothérapie ou être utilisés dans les traitements de substitution en cas d’insuffisance rénale.

Les indications de la corticothérapie sont extrêmement vastes :

  • Réactions allergiques (urticaire géant, choc anaphylactique, œdème de Quincke) ;
  • Réactions inflammatoires (œdème laryngé, œdème pulmonaire, œdème cérébral, choc septique, etc.) ;
  • Affections pulmonaires (asthme sévère, fibrose pulmonaire) ;
  • Maladies auto-immunes (lupus érythémateux disséminé, pemphiigus, hépatite chronique, anémie hémolytique, etc.) ;
  • Autres pathologies comme la maladie de Horton, le syndrome néphrotique, la maladie de Crohn, certains cancers et hémopathies.

À savoir ! Pour les sportifs, les corticoïdes peuvent induire une réaction positive aux tests anti-dopage.

Quelles contre-indications ?

Une corticothérapie est contre-indiquée en cas d’ostéoporose (maladie affectant les os) ou d’ostéonécrose aseptique (dégénérescence progressive des tissus osseux).

Les corticoïdes sont déconseillés chez les patients souffrant de :

  • Troubles oculaires comme une hypertension oculaire, un glaucome ou une cataracte ne doivent pas consommer de corticoïdes ;
  • Pathologies musculaires (par exemple l’amyotrophie ou la myopathie) ;
  • Maladies endocriniennes comme le syndrome de Cushing, une pathologie se traduisant par un taux élevé de cortisol.

Il faut éviter la corticothérapie en cas de diabète, d’hypertension artérielle, d’hypokaliémie (carence en potassium dans le sang) ou de rétention hydrosodée (ou rétention d’eau avec œdème).

À savoir ! En cas de troubles cutanés (apparition de rougeurs ou d’hématomes), il faut stopper la prise de corticoïde.

A noter ! Il n’existe pas de réelle contre-indication absolue pour les corticoïdes. Leur utilisation doit faire l’objet d’une réflexion avec la mise en balance des potentiels bénéfices et risques encourus.

Charline D., Docteur en pharmacie

– Présentation des glandes surrénales. LE MANUEL MSD. Consulté le 29 janvier 2020.
– La corticothérapie. INFOCANCER. Consulté le 29 janvier 2020.
– La corticothérapie. CHU TOULOUSE. Consulté le 29 janvier 2020.