Un risque accru de maladie cardiaque à la ménopause

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Rédigé par Alexia F. et publié le 19 mai 2022

La ménopause est un bouleversement hormonal intense…mais pas que ! Des chercheurs finlandais ont montré que ces changements hormonaux sont responsables d’une augmentation du taux de mauvais cholestérol. Cela expliquerait le risque accru de maladie cardiaque lors de la ménopause. Explications.

dame qui a les deux mains sur sa poitrine à côté du cœur

Le bouleversement hormonal pendant la ménopause

La ménopause se caractérise par un changement hormonal important autour de 48 à 52 ans, en moyenne. En effet, la synthèse d’œstrogène et de progestérone diminue progressivement. Tandis que le taux d’hormone folliculo-stimulante (FSH) augmente.

Ainsi, la ménopause se traduit par un éventail large de symptômes allant des bouffées de chaleur aux troubles du sommeil. Mais, elle s’accompagne également d’une augmentation du risque de maladie cardiaque.

Plus de risque de développer une maladie cardiaque pendant la ménopause

Pour la première fois des chercheurs finlandais fournissent une explication à l’augmentation du risque de maladie cardiaque durant la ménopause. Leurs travaux ont fait l’objet d’une publication dans la revue European Journal of Preventive Cardiology. L’étude s’articule autour de l’observation de 218 femmes dont 35 ont commencé un traitement hormonal de substitution au début de l’expérience. Elles sont âgées en moyenne de 51,7 ans. Le suivi médical consistait en des mesures hormonales tous les 14 mois. A cette occasion, les niveaux des métabolites étaient également mesurés.

À savoir ! On appelle métabolite une molécule produite lors de la transformation d’un corps organique au sein d’une cellule, d’un tissu ou d’un milieu sanguin. Parmi les métabolites on compte le glucose, les acides aminés ou les antioxydants.

L’étude lancée par les chercheurs de l’université de Jyväskylä en Finlande révèle que la ménopause est associée à des changements dans les taux de 85 métabolites. Également, elle montre une augmentation de 11% du cholestérol global, dont le LDL surnommé « mauvais » cholestérol. Les résultats indiquent aussi l’augmentation des taux de triglycérides, d’acides gras et d’acides aminés. Il s’avère que ces changements se produisent en même temps que les modifications hormonales.

Le mauvais cholestérol est connu pour augmenter fortement le risque de maladies cardiovasculaires. Elles sont la principale cause de mortalité des femmes en Europe.

Une piste vers de nouveaux traitements hormonaux ?

Ainsi, cette étude démontre que les changements hormonaux augmenteraient le taux de mauvais cholestérol. Cela entraînerait des conséquences sur l’augmentation du risque de maladie cardiaque à la ménopause. Cette découverte pourrait ouvrir la voie vers le développement de nouveaux traitements hormonaux.

Ces travaux montrent que l’instauration d’un traitement hormonal au début de la ménopause limiterait l’augmentation du cholestérol. Il offrirait ainsi un effet cardioprotecteur. Cependant, ces résultats sont à interpréter avec une grande précaution. En effet, ils ne sont observés que sur un nombre très restreint de femmes.

Enfin, les femmes qui envisageraient un traitement hormonal de substitution doivent impérativement en discuter avec leur médecin traitant. Il existe un certain nombre de contre-indications incluant notamment des antécédents de cancers ou d’AVC.

Alexia F., Docteure en Neurosciences

Sources
– Menopause modulates the circulating metabolome: evidence from a prospective cohort study. academic.oup.com. Consulté le 19 mai 2022.

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