Les nouvelles obligations vaccinales exigibles depuis le 1er juin 2018

Aug 8, 2018 par

Le nombre de vaccinations obligatoires est passé depuis le 1er janvier 2018 de 3 à 11. Suite à cette décision du Ministère des Solidarités et de la Santé, ces nouvelles obligations vaccinales sont devenues exigibles depuis le 1er juin 2018 pour l’entrée en collectivité des enfants nés à partir du 1er janvier 2018. Pourtant, certains parents restent réticents face à cette stratégie de vaccination.

Les vaccinations d'un bébé

Les 11 vaccinations obligatoires depuis le 1er janvier 2018

Depuis le 1er janvier 2018, 11 vaccins sont devenus obligatoires en France, chez les enfants nés à compter de cette date :

  • La diphtérie (déjà obligatoire avant 2018) ;
  • Le tétanos (déjà obligatoire avant 2018) ;
  • La poliomyélite (déjà obligatoire avant 2018) ;
  • La coqueluche ;
  • Les infections par la bactérie Haemophilus influenzae de type b ;
  • L’hépatite B ;
  • Les infections par le méningocoque C ;
  • Les infections dues au pneumocoque ;
  • La rougeole ;
  • Les oreillons ;
  • La rubéole.

À savoir ! Pour les enfants de plus de 12 mois résidant en Guyane Française, le vaccin contre la fièvre jaune est également obligatoire.

Depuis le 1er juin 2018, ces 11 vaccinations sont devenues exigibles pour l’entrée ou le maintien en collectivités des enfants nés depuis le 1er janvier 2018. Comment convaincre les parents réticents face à cette nouvelle stratégie de vaccination chez les nourrissons ? Les arguments ne manquent pas …

À savoir ! Pour les enfants nés avant le 1er janvier 2018, l’obligation demeure uniquement sur les vaccins diphtérie – tétanos – poliomyélite, même si les autres vaccins sont fortement recommandés pour protéger les enfants.

Des arguments forts pour convaincre

Avant même l’instauration des 11 vaccins obligatoires, plus de 70 % des enfants français étaient déjà vaccinés pour l’ensemble de ces vaccins, qui étaient seulement recommandés chez tous les enfants de moins de 2 ans. Mais que dire aux parents qui hésitent encore ou qui restent réticents à vacciner leurs enfants contre l’ensemble de ces maladies ? Les arguments en faveur d’une telle stratégie vaccinale sont nombreux, parmi lesquels :

  • Ces 11 vaccins protègent efficacement contre des maladies parfois graves voire mortelles.
  • Le nombre d’injections est réduit grâce à l’utilisation des vaccins combinés et à la possibilité de réaliser plusieurs injections au cours de la même consultation. Les vaccins hexavalents regroupant la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite, la coqueluche, l’Haemophilus influenzae de type B et l’hépatite B, comme le vaccin trivalent rougeole – oreillons – rubéole permettent de limiter le nombre d’injections.
  • Les études scientifiques n’ont pas mis en évidence d’effets délétères de l’administration de plusieurs vaccins en une seule fois.
  • Il n’existe à ce jour aucune preuve formelle d’un lien entre la vaccination et la survenue de certaines maladies auto-immunes, comme la sclérose en plaques.

En pratique, la réalisation des 11 vaccinations obligatoires représente 10 injections réalisées au cours de 6 consultations, qui s’étalent entre l’âge de 2 et 18 mois. Pour l’entrée ou le maintien en collectivités, c’est-à-dire à l’école, en crèche, chez un(e) assistant(e) maternel(le) ou encore en centre aéré ou en colonies de vacances, les parents doivent justifier de la réalisation de l’ensemble des vaccinations obligatoires, en fournissant une copie des pages vaccinations du carnet de santé de l’enfant.

À savoir ! De rares contre-indications médicales aux vaccins peuvent concerner des enfants dans des contextes très particuliers. Dans ce cas, les parents disposent d’un certificat médical de contre-indication à un type de vaccin en particulier. La contre-indication à toute vaccination n’est pas possible !

Si l’enfant n’est pas totalement à jour de ses vaccinations, seule une admission provisoire peut être effectuée, les parents disposant d’un délai de trois mois pour compléter le calendrier vaccinal. Si ce délai n’est pas respecté, l’enfant peut être exclu de la collectivité.

Avant tout des risques pour la santé de l’enfant !

Si les parents persistent dans leur refus des vaccinations obligatoires, que risquent-ils ? Au-delà de l’exclusion de leur enfant de toute collectivité, le principal risque auquel s’exposent les parents est celui de mettre en danger la santé et la vie de leur enfant. La sanction pénale spécifique pour refus de vaccination a en effet été supprimée. Toutefois, en cas de survenue de problèmes de santé graves ou de cas de contamination d’autres enfants qui auraient pu être évités par la vaccination, des poursuites pénales pourraient être engagées contre les parents des enfants non vaccinés.

Par ailleurs, les professionnels de santé doivent respecter leurs obligations déontologiques, en :

  • Vaccinant tous les enfants qui peuvent l’être dans le respect du calendrier vaccinal en vigueur ;
  • Etablissant un certificat de contre-indication médicale à un vaccin pour les enfants ayant un problème de santé particulier.

Les médecins s’exposent à des sanctions pénales et disciplinaires, s’ils ne respectent pas leurs obligations ou s’ils délivrent de faux certificats.

Le passage à 11 vaccinations obligatoires a pour objectif de réduire l’incidence de maladies potentiellement graves, voire mortelles, ce qui pourrait permettre à terme d’éradiquer certaines de ces pathologies !

Estelle B. / Docteur en Pharmacie

– 11 vaccinations indispensables, obligatoires au 1er janvier 2018. Dossier de Presse. Ministère des Solidarités et de la Santé. 5 janvier 2018.
– Vaccinations obligatoires : ce qui change au 1er juin 2018. Ministère des Solidarités et de la Santé. 1er juin 2018.

Estelle B.
Pharmacienne
Spécialiste de l'information médicale et de l'éducation thérapeutique du patient.
Passionnée par les domaines de la santé et de l'environnement marin.
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