Virus Zika : trois cas autochtones signalés dans le Var

Nov 6, 2019 par

De manière inédite, le virus Zika a été contracté, à trois reprises, dans le Var pendant août 2019. Focus sur le contexte de cet événement et les actions mises en œuvre par les autorités sanitaires.

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Les trois cas autochtones signalés dans le Var

L’agence régionale de santé (ARS) de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA) a annoncé, le 31 octobre, un troisième cas autochtone de contamination par le virus Zika à Hyères. Les trois cas recensés au mois d’octobre, et contaminés au mois d’août, ont été signalés dans le quartier Godillot de Hyères.

Mais qu’entends-t-on par “cas autochtone” ?

Il s’agit de personnes qui ont été infectées en France métropolitaine suite à une piqûre de moutique-tigre (Aedes) infecté par le virus. Les “cas autochtones” viennent s’opposer aux “cas importés”. Dans ces contaminations importées, les individus déclarent leur maladie sur le territoire français mais en ayant été piqués hors de France.

À savoir ! Le moustique Aedes présent en France est l’Aedes albopictus, originaire d’Asie du Sud-Est. Nommé également moustique tigre compte tenu de ses rayures blanches sur son corps noir, il est apparu en métropole en 2004 et il est désormais installé dans 51 départements, principalement situés dans le Sud. Ce moustique peut transmettre différents virus responsables de la dengue, de la fièvre jaune, du chikungunya et du Zika. Le moustique n’est pas porteur naturellement du virus et la transmission débute par la contamination d’un moustique après piqûre d’une personne malade de retour de voyage, la plupart du temps dans les zones intertropicales.

Selon la Direction générale de la santé (DGS), les signalements de cas autochtone de contamination par le virus Zika sont les seuls observés en France et très probablement les premiers documentés en Europe.

Par ailleurs, sept premiers cas autochtones de dengue (maladie transmise également par une piqûre de moustique de type Aedes) ont également été recensés depuis août 2019 dans les Alpes maritimes et le Rhône.

Les mesures prises par les autorités sanitaires

Comme les symptômes de la dengue et du Zika peuvent ressembler à un état grippal, les professionnels de santé ont été sensibilisés aux risques par les Agences Régionales de Santé concernées.

Les symptômes du virus Zika sont asymptomatiques dans 50% à 80% des cas. Dans les autres cas, le patient ressent une fièvre modérée, des céphalées, une éruption cutanée, des douleurs articulaires et musculaires et parfois, une conjonctivite. Les complications graves sont rares, 2 cas pour 10 000, et touchent le système nerveux avec la survenue du syndrome de Guillain-Barré.

Des mesures ont été prise par l’ARS de la région PACA pour réaliser une recherche d’infection Zika à l’égard des femmes enceintes ayant fréquentées la zone à risque entre juillet et septembre car le virus Zika peut provoquer des complications graves sur le nouveau-né comme une microcéphalie, une malformation de la boîte crânienne.

Par ailleurs, des actions ont été menées autour des habitations des personnes infectées en août sur le territoire français. Les autorités sanitaires ont procédé à une prospection entomologique et des traitements, à base de biocide, des insectes adultes et des gites larvaires.

Pour comprendre dans quelles mesures les contaminations françaises ont pu se produire, les autorités sanitaires vont réaliser une nouvelle enquête épidémiologique dans le quartier Godillot de Hyères, le 14 et 15 novembre prochain. Le but est de réaliser des prélèvements sanguins sur toutes les personnes habitant le quartier, qu’elles aient été malades ou non cet été, pour réaliser une enquête de séroprévalence du virus.

À savoir ! La séroprévalence évalue le nombre de personnes, dans une population donnée, qui a été exposée à un micro-organisme et qui développent des anticorps spécifiques.

“Au cours de cette prochaine étude, il est possible que nous repérions d’autres cas, notamment asymptomatiques, c’est-à-dire ne présentant pas de symptômes”, explique l’ARS.

Par ailleurs, l’ARS va séquencer le matériel génétique des virus retrouvés dans le sang des trois personnes infectées en août pour remonter à l’origine géographique du virus.

La prévention et les solutions thérapeutiques

Comme il n’existe pas de traitement antiviral et de vaccin, les populations doivent se protéger des piqûres de moustiques (actifs de mai à novembre et particulièrement lors de lever et coucher du soleil) en :

  • Portant des vêtements couvrants ;
  • En protégeant son habitat (moustiquaires autour des lits, diffuseurs électriques etc.) ;
  • En utilisant des produits répulsifs anti-moustiques (à appliquer sur la peau ou sur les tissus).

En parallèle, il faut multiplier les gestes limitant la prolifération des larves de moustiques (éviter les eaux stagnantes et les rétentions d’eau autour de son domicile).

Une personne infectée par le virus Zika recevra un traitement médicamenteux qui va réduire l’intensité des symptômes de la maladie comme la fièvre, les céphalées ou les douleurs articulaires et musculaires.

Ces premiers symptômes surviennent 3 à 10 jours après la piqûre et disparaissent dans un délai de 2 à 7 jours.

Les professionnels de santé vont prescrire des antalgiques contre la douleur et la fièvre comme le paracétamol. L’aspirine et les anti-inflammatoires ne sont pas indiqués. On pourra aussi recommander au patient de boire beaucoup d’eau pour éviter une déshydratation.

Julie P., Journaliste scientifique

– Un troisième cas de virus Zika découvert à Hyères. France 3. Consulté le 5 novembre 2019.
– Le point épidémio. Veille Hebdo de la semaine 2019-43. Agence régionale de santé Provence-Alpes-Côte d’Azur. Consulté le 5 novembre 2019.
Julie P.
Journaliste scientifique.
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