Cancer du sein après 65 ans : pourquoi le dépistage reste important
Depuis plusieurs années, la sensibilisation au dépistage du cancer du sein occupe une place importante dans les campagnes de prévention. Alors que près d’un cancer du sein sur deux est diagnostiqué chez une femme de 65 ans ou plus, ces campagnes sont pourtant souvent associées à l’image de femmes relativement jeunes.
Cette sous-représentation peut-elle influencer la perception du risque chez les femmes plus âgées ? Quelle est la place du dépistage après 65 ans, et que devient-il au-delà de 74 ans ? Comment le stade de diagnostic impacte— t-il la prise en charge et les chances de guérison ?
On fait le point.

Cancer du sein : les femmes de plus de 65 ans restent peu représentées
Les campagnes de sensibilisation ont largement contribué à faire connaître l’importance du dépistage du cancer du sein. Pourtant, les femmes qui y apparaissent ou dont le témoignage est relayé ne reflètent pas toujours l’âge des patientes les plus concernées.
Une étude britannique de 2018, basée sur l’analyse de 800 articles consacrés au cancer publiés sur plusieurs années, montre que seules 15 % des personnes citées dans les témoignages de patients avaient plus de 60 ans. Les femmes plus âgées étaient donc nettement moins représentées, alors même que le risque de cancer augmente avec l’âge.
Les données françaises montrent pourtant qu’elles sont particulièrement concernées. En 2023, environ 30 800 nouveaux cancers du sein sur 61 200 ont été diagnostiqués chez des femmes de 65 ans et plus. L’âge médian au diagnostic était de 64 ans.
Cette moindre visibilité pourrait-elle contribuer à sous-estimer le risque après 65 ans ? La question mérite d’être posée, d’autant que les connaissances sur le cancer du sein restent parfois insuffisantes chez les femmes plus âgées.
Une étude menée en 2008 au Royaume-Uni auprès de 712 femmes âgées de 67 à 73 ans illustre ce manque d’information. Trois femmes sur quatre ne savaient pas que l’âge constituait un facteur de risque du cancer du sein. La moitié pensait par ailleurs que le risque d’en développer un au cours de la vie était inférieur à 1 %.
Ces résultats soulignent l’importance d’une information adaptée aux femmes après 65 ans. Mieux connaître son risque et les signes qui doivent conduire à consulter peut notamment favoriser une prise en charge plus précoce.
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Cancer du sein : pourquoi un diagnostic précoce change le pronostic
En France, le dépistage organisé par mammographie est proposé tous les deux ans aux femmes de 50 à 74 ans. Il vise à détecter un éventuel cancer avant l’apparition de symptômes, à un moment où il peut encore être pris en charge plus facilement.
Pourtant, moins d’une femme sur deux participe au programme.
Détecter la maladie à un stade précoce a des conséquences importantes sur le pronostic. Selon l’Institut national du cancer en 2026, 99 femmes sur 100 sont encore en vie cinq ans après un diagnostic à un stade précoce, contre 26 sur 100 lorsque le cancer est diagnostiqué à un stade avancé. Le stade du cancer n’est toutefois pas le seul élément qui intervient dans le pronostic : le type de tumeur, l’âge et l’état général comptent également.
Une fois le cancer identifié, la rapidité de la prise en charge a aussi un impact. Une méta-analyse publiée en 2026 montre que chaque mois de retard avant la chirurgie s’associe à une hausse de 15 % du risque de décès, par rapport à une opération réalisée dans les 30 jours.
Entre 2009 et 2012, 65 % des cancers du sein étaient diagnostiqués à un stade précoce chez les femmes de 50 à 74 ans, contre 42 % chez les femmes de plus de 74 ans.
Ces données montrent l’importance de maintenir une surveillance adaptée après 74 ans, même lorsque le programme organisé n’est plus proposé.
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Après 74 ans, quelle place pour le dépistage du cancer du sein ?
Après 74 ans, les femmes ne sont plus invitées dans le cadre du programme national de dépistage organisé. La surveillance est alors individualisée avec le médecin en fonction de la situation de chacune.
Un examen clinique des seins reste recommandé une fois par an chez toutes les femmes. Par ailleurs, toute modification inhabituelle d’un sein justifie une consultation, quel que soit l’âge.
Certaines femmes peuvent également avoir besoin d’une surveillance spécifique, notamment en cas d’antécédents personnels ou familiaux, ou de prédisposition génétique.
La décision de poursuivre les mammographies se prend avec le médecin traitant ou le gynécologue, en fonction de l’état de santé et des antécédents. Un dépistage individuel peut être réalisé sur prescription médicale.
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Le cancer du sein ne concerne pas uniquement les femmes jeunes : près d’un diagnostic sur deux survient après 65 ans. Pourtant, les femmes plus âgées restent encore peu visibles dans certains contenus de sensibilisation, ce qui souligne l’importance de mieux les informer sur leur risque et sur les signes qui doivent conduire à consulter.
Car plus un cancer du sein est détecté à un stade précoce, meilleures sont généralement les chances de survie. La rapidité de la prise en charge après le diagnostic joue également un rôle important dans le pronostic.
Après 74 ans, même lorsque le dépistage organisé s’arrête, la vigilance doit donc se poursuivre avec un suivi adapté à chaque femme. Quel que soit l’âge, toute modification inhabituelle d’un sein doit amener à consulter.
– INCa. Épidémiologie des cancers chez les patients de 65 ans et plus. . www.cancer.fr. Consulté le 21 septembre 2026.
– INCa. Les cancers du sein, Épidémiologie des cancers. . www.cancer.fr. Consulté le 21 septembre 2026.
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