Diabète : pourquoi trop de sucre affaiblit nos défenses contre les infections ?
On sait que le diabète peut abîmer les yeux, les reins ou le cœur. Mais on parle moins de ses effets sur nos défenses contre les microbes. Pourtant, lorsque le sucre reste trop élevé dans le sang, certaines cellules chargées de combattre les infections fonctionnent moins bien. Une simple plaie au pied ou une infection urinaire peut alors devenir plus préoccupante. Pourquoi ? Et surtout, comment réduire les risques ?

Le diabète, ce n’est pas seulement une histoire de sucre
Le glucose est un sucre qui sert de carburant à nos cellules. Pour qu’il passe du sang vers les cellules, notre organisme utilise une hormone : l’insuline.
Dans le diabète de type 1, le pancréas ne produit presque plus d’insuline. Dans le diabète de type 2, l’organisme répond moins bien à cette hormone et peut finir par ne plus en produire suffisamment. Dans les deux cas, le sucre peut s’accumuler dans le sang : c’est l’hyperglycémie.
Un taux de sucre élevé de temps en temps n’a pas les mêmes conséquences qu’une hyperglycémie répétée ou prolongée. À la longue, les vaisseaux sanguins, les nerfs et certaines défenses de l’organisme peuvent être fragilisés.
Nos globules blancs : des soldats parfois ralentis
Imaginez une petite coupure sur un doigt. Si des bactéries s’y introduisent, l’organisme envoie rapidement des globules blancs pour les arrêter. Certains, appelés neutrophiles, sont capables de se déplacer jusqu’au microbe, de l’engloutir puis de le détruire.
Lorsque la glycémie reste trop élevée, ces opérations peuvent devenir moins efficaces. Les globules blancs peuvent avoir davantage de difficultés à rejoindre la zone infectée et à éliminer certains microbes.
Cela ne veut pas dire que les personnes diabétiques n’ont plus de défenses immunitaires. Le risque dépend de nombreux facteurs, notamment de l’équilibre du diabète, de l’âge et de l’existence d’autres maladies.
Pourquoi une petite plaie au pied peut-elle devenir grave ?
C’est l’un des exemples les plus concrets. Avec les années, le diabète peut abîmer les nerfs des pieds. Une personne peut alors marcher avec une ampoule ou une petite blessure sans vraiment la sentir.
Si la circulation du sang est également mauvaise, la plaie reçoit moins facilement l’oxygène et les éléments nécessaires à la réparation des tissus. Et si les défenses immunitaires fonctionnent moins bien, les bactéries peuvent profiter de cette situation.
Une blessure qui semblait anodine peut alors s’infecter et s’aggraver. D’où l’importance d’examiner régulièrement ses pieds, de porter des chaussures adaptées et de faire contrôler rapidement toute plaie, rougeur, chaleur ou gonflement.
Et les infections urinaires ?
Les infections urinaires méritent aussi une attention particulière. Chez certaines personnes diabétiques, les défenses locales sont moins efficaces. Parfois, les nerfs qui commandent la vessie sont touchés : la vessie se vide moins bien, ce qui peut favoriser la multiplication des bactéries.
Une infection urinaire peut provoquer des brûlures en urinant ou des envies fréquentes. Si elle s’accompagne de fièvre, de frissons ou de douleurs dans le dos, elle peut avoir atteint les reins : il faut consulter rapidement.
Le piège : une infection peut aussi faire monter le sucre
Le lien fonctionne dans les deux sens. Quand le corps lutte contre une infection, il libère des hormones de stress, notamment du cortisol et de l’adrénaline. Ces hormones aident l’organisme à réagir, mais elles peuvent aussi faire grimper la glycémie.
Résultat : une infection peut déséquilibrer le diabète, même chez une personne qui le contrôle habituellement bien. Et ce déséquilibre peut à son tour compliquer la lutte contre l’infection. C’est un cercle vicieux.
Pendant un épisode de fièvre ou de maladie, il peut donc être nécessaire de contrôler sa glycémie plus souvent, de boire suffisamment et de suivre les consignes données à l’avance par son équipe soignante. Certains traitements demandent des précautions particulières en cas de déshydratation : il ne faut pas les modifier au hasard.
Comment mieux protéger ses défenses ?
Le premier réflexe consiste à rechercher un équilibre glycémique adapté à sa situation. Pour suivre le diabète sur la durée, le médecin utilise notamment l’HbA1c, une prise de sang qui donne une idée du niveau moyen de sucre au cours des deux à trois derniers mois.
Mais la prévention ne s’arrête pas au lecteur de glycémie. Il faut aussi surveiller ses pieds, prendre soin de ses dents et de ses gencives, faire soigner rapidement une plaie et vérifier que ses vaccinations sont à jour, notamment contre la grippe et, selon les recommandations, le pneumocoque et la Covid-19.
Enfin, mieux vaut discuter à l’avance avec son médecin de la conduite à tenir en cas de maladie : quand mesurer sa glycémie, quand rechercher des corps cétoniques si cela est indiqué, quels traitements nécessitent une attention particulière et à partir de quand consulter.
Les trois réflexes à retenir
- Équilibrer son diabète : un excès durable de sucre peut gêner certaines défenses de l’organisme.
- Ne pas négliger les petits signes : une plaie au pied, une infection urinaire ou une fièvre méritent parfois une consultation rapide.
- Anticiper : vaccinations, soins des pieds et consignes médicales en cas de maladie aident à éviter les complications.
Le diabète ne condamne pas à multiplier les infections. Mais comprendre comment le sucre, les globules blancs et les tissus interagissent permet de mieux se protéger au quotidien.
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