Cancer du col : pourquoi sait-on aujourd’hui que le vaccin HPV sauve des vies ?

Par |Publié le : 14 septembre 2026|Dernière mise à jour : 14 septembre 2026|4 min de lecture|

On savait déjà que la vaccination contre les HPV réduisait les infections et les lésions précancéreuses. Mais permet-elle réellement d’éviter des décès par cancer du col de l’utérus ?

Il aura fallu près de vingt ans pour commencer à répondre à cette question. Car entre une infection persistante par un HPV à haut risque et l’apparition d’un cancer, de nombreuses années peuvent s’écouler. Les premières générations vaccinées arrivent aujourd’hui à un âge où l’on peut enfin observer le bout de cette chaîne : la mortalité. Et les données anglaises sont particulièrement marquantes.

Que révèle exactement cette étude ? Comment les chercheurs ont-ils pu établir ce lien avec certitude ? Et qu’en est-il de la situation en France ?

Le vaccin anti-HPV a évité environ 200 décès par cancer du col en Angleterre

Une étude menée par l’équipe du Queen Mary University of London, avec le soutien de Cancer Research UK, le confirme. La vaccination anti-HPV a évité environ 200 décès par cancer du col de l’utérus en Angleterre depuis l’introduction du programme scolaire.

Jusqu’à présent, il n’avait jamais été possible de démontrer directement que la vaccination HPV réduisait les décès par cancer du col. Les recherches précédentes portaient uniquement sur la baisse des infections et des lésions précancéreuses.

Entre une infection persistante à HPV et l’apparition d’un cancer du col de l’utérus, il s’écoule généralement 15 à 20 ans. Les premières jeunes femmes vaccinées en 2008 n’atteignent que récemment l’âge où ce cancer peut survenir.

Cette étude confirme qu’en bloquant l’infection initiale, le vaccin agit avant que cet engrenage ne se mette en place. C’est tout l’enjeu d’une vaccination précoce, réalisée avant toute exposition au virus.

À savoir !Le programme de vaccination scolaire contre les HPV anglais s’adresse aux filles de 12 à 13 ans depuis 2008. Il a été étendu aux garçons en 2019. La couverture vaccinale nationale est comprise entre 76 et 86 % chez les filles et 71 et 80 % chez les garçons à 15 ans, avec des écarts plus marqués dans les zones défavorisées.

Une réduction de 100 % du taux de mortalité par cancer du col de l’utérus chez les 20-29 ans

Les chercheurs ont analysé des données de mortalité recueillies entre 2001 et 2024. Trois tranches d’âge ont été comparées : 20 à 24 ans, 25 à 29 ans, et 30 à 34 ans.

Les femmes des groupes les plus jeunes avaient été très nombreuses à bénéficier d’une vaccination précoce. La tranche d’âge supérieure avait, elle, été vaccinée plus tardivement, avec une couverture vaccinale plus faible.

Chez les 20 à 24 ans et chez les 25 à 29 ans, vaccinées avant toute exposition probable au virus, la mortalité a baissé de 100 %.

Chez les femmes de 30 à 34 ans, une partie avait déjà pu être exposée au HPV avant de recevoir le vaccin, souvent proposé plus tard. La baisse observée dans ce groupe atteint 63 %.

Ces résultats confirment qu’une vaccination précoce offre la protection la plus forte contre le cancer du col de l’utérus.

Où en est la France dans la lutte contre le cancer du col de l’utérus ?

En France, le cancer du col de l’utérus touche encore plus de 3 100 femmes chaque année et cause environ 770 décès, selon l’Institut national du cancer. Sur le plan vaccinal, la couverture progresse, mais reste en retrait par rapport à l’Angleterre. D’après Santé publique France, 50,7 % des filles et 32,1 % des garçons de 16 ans disposent d’un schéma vaccinal complet. L’écart entre filles et garçons se réduit néanmoins, grâce aux campagnes de vaccination proposées au collège.

L’objectif national, fixé par la Stratégie décennale de lutte contre les cancers, est d’atteindre 80 % de couverture vaccinale d’ici 2030. Le vaccin ne protégeant pas contre tous les types de HPV à haut risque, le dépistage régulier par frottis reste indispensable entre 25 et 65 ans, y compris chez les femmes vaccinées.

Ces résultats montrent surtout une chose : en matière de HPV, la prévention se joue des années avant que le cancer n’apparaisse. Vacciner tôt permet d’agir au début de la chaîne, avant l’infection persistante, les lésions précancéreuses puis, parfois, le cancer. Mais vaccination et dépistage ne s’opposent pas. Le vaccin ne protégeant pas contre tous les HPV à haut risque, le dépistage du cancer du col reste indispensable, y compris chez les femmes vaccinées.

Sources
– Cervical cancer mortality trends following HPV vaccination in England. . Consulté le 27 août 2026.
– Cervical cancer deaths plummet to record low thanks to HPV vaccine. . Consulté le 27 août 2026.

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Julie R.
Infirmière pendant 15 ans, dont 10 en pédiatrie, Julie R. est animée par une passion pour la santé, l'écologie et les sciences. Spécialisée en rédaction web SEO, alliant respect de notre charte HIC et approche humaine, elle met son expérience au service d’une meilleure compréhension de la santé pour le plus grand nombre