Semaine bleue : 5 réflexes pour améliorer la qualité de vie et préserver son autonomie

Par |Publié le : 14 octobre 2026|Dernière mise à jour : 14 octobre 2026|6 min de lecture|

Comment continuer à vivre chez soi, bouger, rester connecté aux autres et préserver son autonomie en avançant en âge ? À l’occasion de la Semaine bleue, Sarah Legland, directrice du Gérontopôle Centre-Val de Loire, réunit les recommandations de plusieurs experts de terrain autour de cinq conseils simples à adopter au quotidien.

Une soignante tient les mains d'une personne âgée

Logement adapté : quels aménagements privilégier en priorité ?

Sarah Legland s’appuie ici sur l’expertise d’Ophélie Derre, de MOBILAUG Tours Nord. « Nous constatons encore très fréquemment des logements encombrés, ce qui peut constituer une source de chute à domicile », observe-t-elle – quitte à accepter de se séparer de certains biens, ce qui n’est pas toujours facile mais ne nécessite pas de travaux. Vient ensuite la salle de bains, pièce où les risques de chute sont les plus importants : on s’y déplace avec les pieds mouillés, et elle reste souvent équipée d’une baignoire ou d’une cabine de douche trop étroite pour sécuriser suffisamment les usages. Il faut aussi penser aux portes et aux passages : des toilettes de petite superficie dont la porte s’ouvre vers l’intérieur peuvent bloquer une personne en cas de chute ou de malaise – élargir les passages, changer le sens d’ouverture ou opter pour des portes coulissantes sont des solutions simples.

Numérique sans stress : comment accompagner les seniors sans les mettre en difficulté ?

Pour Sarah Legland, qui s’appuie sur l’expertise de Mélanie Dias (DIAS HUMA), l’accompagnement doit d’abord laisser « une vraie place aux questions et aux expériences de chacun », les besoins et les appréhensions variant beaucoup d’une personne à l’autre. L’idée est de permettre à chacun d’apprendre à son rythme – manipuler, essayer, se tromper, recommencer – en veillant à « faire avec la personne, sans faire à sa place ». Il faut aussi parler de sécurité (arnaques, messages frauduleux, peur de « faire une bêtise ») sans dramatiser, pour rester vigilant sans renoncer aux usages numériques. Le dispositif national des Conseillers numériques France Services, déployé dans de nombreuses mairies, permet un accompagnement gratuit et individualisé pour gagner en autonomie – le numérique restant, selon elle, avant tout « une passerelle » vers la prévention, l’accès aux droits ou le lien social.

Activité physique : quelles pratiques recommander pour préserver l’autonomie ?

« Il n’est jamais trop tôt ni trop tard pour adopter une vie plus active, et chaque mouvement compte » : Sarah Legland reprend ici le message central transmis par l’Équipe Régionale Vieillissement et Maintien de l’Autonomie (ERVMA) du CHRU de Tours. L’OMS recommande, chez les personnes âgées, 150 à 300 minutes d’activité modérée par semaine (danse de salon, marche nordique, jardinage) ou 75 à 150 minutes d’activité soutenue, associées à un renforcement musculaire au moins deux jours par semaine et à des exercices qui travaillent à la fois l’équilibre et la force au moins trois jours par semaine. Mais l’essentiel, insiste l’ERVMA, est d’intégrer le mouvement dans la vie quotidienne : descendre un arrêt de bus plus tôt, prendre les escaliers, se lever d’une chaise sans les accoudoirs, jardiner.

Aides de la commune : quels dispositifs existent et sont trop peu connus ?

Les dispositifs varient beaucoup d’une commune à l’autre, souligne Sarah Legland, qui relaie ici les exemples transmis par Manon Crouzet, du CCAS de Tours – le Centre Communal d’Action Sociale, présent dans la plupart des communes pour accompagner notamment les personnes âgées. Le bon réflexe reste donc « de pousser la porte de sa mairie ou de son CCAS et de demander ce qui existe localement ». À Tours par exemple, le CCAS propose des activités conviviales (sorties culturelles, thés dansants, repas thématiques), de l’activité physique adaptée (gym douce, tai-chi) pour bouger et prévenir les chutes, ainsi que des ateliers sur la santé, le sommeil ou la préparation à la retraite, et des actions dédiées à la mobilité, comme reprendre confiance dans les transports en commun ou à vélo. Des dispositifs plus spécifiques existent aussi localement : « Mon Guide Fil Bleu » permet d’être accompagné lors d’un trajet en transports en commun pour le prix d’un simple ticket de bus, et « Fil Blanc » propose du transport à la demande pour les personnes en situation de handicap. Ces exemples montrent la diversité des solutions qui peuvent être proposées à l’échelle locale. Pour connaître celles qui existent sur son territoire et leurs conditions d’accès, le plus simple reste de se renseigner auprès de sa mairie ou de son CCAS.

Lien social : comment prévenir l’isolement au quotidien ?

Près de 2 millions de personnes âgées vivraient une situation d’isolement en France, dont 750 000 en situation de « mort sociale », c’est-à-dire privées de relations sociales régulières, selon les Petits Frères des Pauvres. Sur ce sujet, Sarah Legland relaie les recommandations de Benoit Desjouis, des Petits Frères des Pauvres – Région Centre. Ici, la régularité compte davantage que la durée : un appel téléphonique, une visite ou un café partagé peuvent déjà changer le quotidien d’une personne âgée. « Repérer, c’est déjà agir », insiste-t-il : proches, voisins, commerçants ou professionnels de santé sont souvent les premiers à remarquer qu’une personne sort moins ou renonce à ses activités habituelles. Des initiatives comme les « Chasseurs de Solitude » montrent que chacun peut devenir acteur du lien social. « Notre défi collectif n’est pas seulement de permettre aux personnes de vivre plus longtemps, résume-t-il, mais de leur permettre de vieillir entourées, reconnues et pleinement intégrées dans la vie sociale. »

Que retenir ?

  • Désencombrer son logement et sécuriser la salle de bains restent les gestes les plus simples et les moins coûteux pour prévenir les chutes.
  • Face au numérique, apprendre à son rythme et être accompagné sans que l’on fasse à sa place aide à gagner en autonomie et en confiance.
  • L’activité physique n’a pas besoin d’être intense : bouger régulièrement au quotidien, tout en travaillant l’équilibre et le renforcement musculaire, contribue à préserver l’autonomie.
  • Se renseigner auprès de sa mairie ou de son CCAS permet souvent de découvrir des aides locales méconnues.
  • Prévenir l’isolement passe par des gestes réguliers plutôt que ponctuels – et chacun peut y contribuer, à son échelle.

Sécuriser son environnement, rester actif, savoir vers qui se tourner et entretenir ses liens : ces réflexes simples contribuent, chacun à leur manière, à préserver son autonomie et sa qualité de vie en avançant en âge.

Contribution de Sarah Legland, directrice du Gérontopôle Centre-Val de Loire, avec les expertises d’Ophélie Derre (MOBILAUG Tours Nord), Mélanie Dias (DIAS HUMA), l’ERVMA du CHRU de Tours, Manon Crouzet (CCAS de Tours) et Benoit Desjouis (Petits Frères des Pauvres – Région Centre).

Sources
– Contribution de Sarah Legland, directrice du Gérontopôle Centre-Val de Loire, et de ses adhérents.. . Consulté le 14 octobre 2026.
– Agence Nationale de la Cohésion des Territoires (ANCT) – Dispositif Conseiller numérique France Services.. . Consulté le 14 octobre 2026.
– Organisation Mondiale de la Santé (OMS) – Recommandations mondiales sur l'activité physique pour la santé (2020) ; programme ICOPE (Integrated Care for Older People).. . Consulté le 14 octobre 2026.
– Petits Frères des Pauvres – Baromètre de la solitude et de l'isolement des personnes âgées, 2025.. . Consulté le 14 octobre 2026.

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Peggy Cardin
Peggy Cardin
Journaliste spécialisée en santé
Peggy Cardin-Changizi Journaliste spécialisée en santé depuis plus de vingt ans. Elle traite des sujets de prévention, de santé publique et de médecine au quotidien, avec pour objectif de rendre l'information médicale claire, fiable et accessible à tous. Rédige un contenu scientifique fiable avec des sources vérifiées en respect de notre charte HIC.