Méningocoque B : faut-il faire vacciner son adolescent ?
Les épidémies de méningocoque font régulièrement la une de l’actualité. Ces derniers mois, une flambée de méningite B « sans précédent » a frappé la région de Canterbury, en Angleterre, faisant plusieurs victimes parmi les étudiants. En France, le nombre de cas augmente également. Depuis le 1er janvier 2025, la vaccination contre le méningocoque B est obligatoire pour les nourrissons. Mais qu’en est-il pour les plus grands ? Pourquoi les 15 – 24 ans sont-ils particulièrement exposés ? Quels signes doivent alerter ? Et comment faire vacciner son adolescent ou son jeune adulte ? On fait le point.

Qu’est-ce que le méningocoque B ?
Le méningocoque, ou Neisseria meningitidis, est une bactérie responsable d’infections invasives à méningocoques (IIM). Ces infections regroupent principalement les méningites (inflammation des enveloppes du cerveau) et les septicémies (infection généralisée du sang).
Cette bactérie présente plusieurs sérogroupes, identifiées par des lettres : A, B, C, W et Y. En France, ce sont les sérogroupes B, W et Y qui circulent le plus. Le méningocoque B reste historiquement le plus répandu en Europe. Les types W et Y, en augmentation depuis 2022, sont associés à des formes particulièrement graves.
La transmission du méningocoque se fait uniquement par contacts rapprochés et prolongés : toux, éternuements, baisers. La bactérie ne survit pas dans le milieu extérieur. Elle peut être portée par une partie de la population, dans le rhinopharynx, sans provoquer de symptômes.
En 2024, 615 cas d’IIM ont été déclarés en France, soit le chiffre le plus élevé depuis 2010. La létalité reste de 10 à 12 %, malgré les progrès de la prise en charge médicale.
Pourquoi les 15-24 ans sont-ils particulièrement concernés ?
Les infections invasives à méningocoques présentent deux pics d’incidence distincts :
- Le premier dans les premières années de vie,
- Le second à l’adolescence et chez les jeunes adultes.
Les 15-24 ans figurent ainsi parmi les tranches d’âge les plus touchées en France. Plusieurs facteurs expliquent cette vulnérabilité. La vie en collectivité (lycée, université, internats, résidences étudiantes) multiplie les contacts rapprochés et prolongés nécessaires à la transmission. Les rassemblements, soirées et partages de boissons augmentent également l’exposition.
La recrudescence des sérogroupes W et Y, plus agressifs, amplifie le risque. Les autorités sanitaires relient en partie cette hausse à l’épidémie de grippe particulièrement sévère de la saison 2024-2025. Les infections virales respiratoires peuvent en effet favoriser l’infection invasive à méningocoque.
Face à cette évolution, les autorités ont progressivement renforcé la stratégie vaccinale et élargi les recommandations à l’ensemble des adolescents et jeunes adultes.
Des symptômes trompeurs qui peuvent évoluer en quelques heures
L’infection invasive à méningocoque peut débuter de façon trompeuse. Les premiers signes ressemblent parfois à un syndrome grippal banal, ce qui retarde parfois la prise en charge.
Les symptômes caractéristiques sont les suivants :
- Fièvre élevée et brutale, accompagnée de frissons intenses ;
- Maux de tête sévères, difficiles à soulager par les antalgiques habituels ;
- Raideur de nuque, avec difficulté à pencher la tête en avant ;
- Vomissements « en jet » et photophobie (sensibilité douloureuse à la lumière) ;
- Taches violacées ou pourpres sur la peau, qui ne s’effacent pas à la pression du doigt.
Ce dernier signe, le purpura fulminans, traduit une septicémie grave. Il constitue une urgence médicale absolue.
L’évolution peut être très rapide. Quelques heures suffisent pour basculer d’un état apparent banal à une situation critique. Les séquelles possibles en cas de survie sont sévères : amputations liées à la nécrose tissulaire, surdité, séquelles neurologiques durables.
Comment se faire vacciner contre le méningocoque B ?
Depuis le 1er janvier 2025, la vaccination contre le méningocoque B est obligatoire pour tous les nourrissons nés à compter du 1er janvier 2023. Le schéma comprend trois injections à 3 mois, 5 mois et 12 mois.
Pour les adolescents et jeunes adultes de 15 à 24 ans, la vaccination n’est pas obligatoire. Elle est cependant fortement recommandée et remboursée à 65 % par l’Assurance maladie. Deux vaccins sont disponibles : Bexsero (schéma à 2 doses) et Trumenba (schéma à 2 ou 3 doses).
La vaccination contre le méningocoque B ne protège pas contre les autres sérogroupes, et inversement.
La vaccination peut être réalisée sans ordonnance par un pharmacien, un infirmier ou une sage-femme, pour toute personne entre 15 et 24 ans (11 ans et plus pour les sérogroupes A, C, W et Y). Un médecin traitant peut également prescrire et administrer ces vaccins.
Le méningocoque B reste une infection rare mais potentiellement mortelle, dont la gravité justifie une attention particulière. La vaccination est désormais obligatoire pour les nourrissons, et fortement recommandée pour les 15-24 ans, une tranche d’âge très exposée. La recrudescence des cas depuis 2022 et l’élargissement de l’accès à la vaccination en officine facilitent la démarche. Un professionnel de santé, médecin, pharmacien ou infirmier, peut répondre aux questions et accompagner chaque situation individuelle.
Cet article vous a-t-il été utile ?