Cancers : des formes plus graves chez les personnes modestes ?

Par |Publié le : 27 juillet 2026|Dernière mise à jour : 8 juillet 2026|4 min de lecture|

Et s’il existait un lien entre le niveau de vie et l’incidence des cancers ? C’est ce que suggère une récente étude menée par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) selon laquelle les personnes les plus modestes développeraient plus souvent des formes graves de cancer et sur certains organes en particulier. Zoom sur les conclusions de cette enquête inédite.

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Un risque de cancer qui dépend fortement du niveau de vie et de la localisation des tumeurs

S’appuyant sur les données de l’Assurance maladie et de l’échantillon démographique permanent de l’Insee, cette étude explore de façon inédite les inégalités sociales d’incidence et de gravité de cancer à l’échelle individuelle. Pour cela, de nombreuses localisations cancéreuses ont été étudiées.

Il en ressort que le risque de cancer dépend fortement du niveau de vie de l’individu et des organes touchés par les tumeurs cancéreuses. C’est ainsi que :

  • Les personnes les plus modestes sont beaucoup plus souvent touchées par le cancer du poumon avec un risque de développer un cancer du poumon 2,2 fois plus élevé chez les hommes appartenant aux 10 % les plus modestes comparativement aux hommes appartenant aux 10 % les plus aisés entre 2013 et 2020.
  • Les cancers du sein et de la prostate sont plus fréquents dans les populations les plus aisées.

Les personnes modestes plus vulnérables face au cancer

Par ailleurs, cette étude tend à démontrer que les personnes les plus modestes sont plus vulnérables face au cancer dans la mesure où :

  • Elles sont davantage concernées par les formes plus agressives de cancer.
  • Elles bénéficient plus souvent d’un diagnostic tardif des cancers dépistables (souvent à un stade métastatique).
  • Elles développent plus souvent des cancers de mauvais pronostic, avec de moins bonnes chances de survie. Les 10 % plus modestes présentent ainsi un risque 1,7 fois plus élevé de développer un cancer de mauvais pronostic que les 10 % les plus aisés. 
  • Elles développent plus souvent des cancers associés à des facteurs de risque connus et considérés comme évitables. Les 10 % plus modestes présentent ainsi un risque de développer un cancer évitable deux fois plus important que les 10 % plus aisés.

Forts de ces observations, les auteurs de cette étude suggèrent que les inégalités sociales face au cancer peuvent s’expliquer à la fois par des différences d’exposition aux facteurs de risque et des différences de recours au dépistage. Les personnes les plus défavorisées bénéficieraient donc moins des mesures mises en place en matière de prévention.

Dépistage : quelques recommandations

Or, il est nécessaire de rappeler que pour beaucoup de cancers, un diagnostic précoce est souvent synonyme de traitements moins lourds et de meilleures chances de guérison ! Pour cela, il ne faut pas négliger les examens de dépistage lorsqu’ils existent !

À savoir !Le dépistage d’un cancer consiste en la réalisation d’examens de détection ou de surveillance alors que le patient ne présente pas de symptômes et se sent en bonne santé. Notons qu’à ce jour, la communauté médicale ne sait pas encore dépister tous les types de cancer.

Qu’il s’agisse d’un dépistage « organisé » ou d’un dépistage « individuel », l’objectif d’une telle démarche consiste à diagnostiquer un potentiel cancer à un stade précoce afin de favoriser les chances de guérison.

À savoir !Quant aux personnes qui présentent des facteurs de risque particuliers, elles se voient proposer une surveillance personnalisée avec la réalisation d’examens spécifiques.

A l’heure actuelle, trois programmes de dépistage organisé ont été mis en place par les pouvoirs publics :

  1. Le dépistage du cancer du sein : il concerne les femmes de 50 à 74 ans, consiste en une mammographie et un examen clinique et doit être renouvelé tous les deux ans.
  2. Le dépistage du cancer du col de l’utérus (depuis 2018) : il concerne les femmes de 25 à 65 ans. Jusqu’à l’âge de 29 ans, deux examens cytologiques doivent être réalisés à un an d’intervalle puis 3 ans plus tard si le résultat des deux premiers est normal. A partir de 30 ans, un test HPV doit être réalisé tous les 5 ans (à débuter 3 ans après le dernier examen cytologique normal ou dès l’âge de 30 ans en l’absence de dépistage antérieur).
  3. Le dépistage du cancer colorectal : il concerne les hommes et les femmes de 50 à 74 ans et doit être renouvelé tous les deux ans. Il consiste à réaliser chez soi un test de recherche de sang dans les selles.

En permettant un diagnostic précoce de certains cancers, le dépistage permet ainsi de mieux les soigner, de limiter les séquelles liées aux traitements utilisés et parfois même d’éviter l’apparition d’un cancer ! Pensez-y !

Sources
– Incidence des cancers : les personnes modestes développent plus souvent des formes graves, diagnostiquées plus tardivement. DREES.. drees.solidarites-sante.gouv.fr. Consulté le 22 juin 2026.
– Cancers : dépistages organisés des cancers (sein, côlon, rectum, col de l'utérus). Vidal. . www.vidal.fr. Consulté le 22 juin 2026.
– Détecter tôt pour mieux soigner. INCA. www.cancer.fr. Consulté le 22 juin 2026.
– D'après une étude de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DRESS), les personnes les plus modestes développent plus souvent des formes graves de cancer, plus jeunes, et sur certains organes en particulier. France info. www.franceinfo.fr. Consulté le 22 juin 2026.

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Deborah L.
Pharmacienne. Spécialisée dans les domaines de la santé, de la nutrition et de la cosmétologie. Passionnée par l'écriture, elle sait allier la rigueur scientifique à la beauté de notre langue. Rédige un contenu scientifique fiable avec des sources vérifiées en respect de notre charte HIC.