Le « Post-Holiday Blues » : quand le retour au bureau fragilise la santé mentale

Par |Publié le : 25 août 2026|Dernière mise à jour : 26 août 2026|5 min de lecture|

A la fin de l’été, certaines personnes traversent un « Post-Holiday blues ». Résultats ? Une humeur qui penche facilement vers la tristesse et une perte d’énergie et d’envie. Quelles sont les caractéristiques de cet état émotionnel observé, entre autres, après les vacances estivales ? Comment y remédier et qu’est-ce qui le différencie d’une véritable dépression saisonnière, un problème plus sérieux ? On fait le point.

Post-Holiday Blues : quels sont les signes caractéristiques ?

À la fin de l’été, beaucoup de gens ressentent un changement dans leur état émotionnel.

Ce phénomène, souvent appelé « blues de l’après-vacances », se caractérise par un sentiment de tristesse, de la fatigue et une certaine perte d’intérêt.

Lorsque les journées rythmées par les bains de soleil, les baignades et les activités de détente se terminent, il est naturel de ressentir une certaine mélancolie. Ce sentiment s’apparente à une sorte de vague de nostalgie. Nos pensées nous rappellent les excellents moments qui s’achèvent et la routine de la rentrée qui nous attend, le fameux « métro-boulot-dodo » pour les citadins. C’est la fin des vacances !

Ce « blues » ou cet « état de tristesse » en français se manifeste par :

  • De la mélancolie ;
  • De la nostalgie ;
  • Un manque d’enthousiasme à l’idée de reprendre sa routine habituelle ;
  • Une envie de s’isoler plus longuement ;
  • Un léger manque de motivation dans les activités du quotidien.

Toutefois, ces sentiments sont généralement éphémères et s’estompent à mesure que vous vous réadaptez à votre vie quotidienne, une rentrée de septembre ponctuée par une routine, mais aussi, par des nouveaux projets familiaux, scolaires, ou professionnels.

Quand il ne s’agit que d’un blues, cet état émotionnel de tristesse fait finalement partie intégrante du spectre normal des émotions. Il n’est pas le signe d’une faiblesse ou d’un problème de santé mentale plus profond.

En revanche, si la tristesse est intense, persiste dans le temps et commence peu à peu à nuire à votre capacité à gérer les tâches quotidiennes, cela peut indiquer quelque chose de plus sérieux qu’un simple blues de la fin de l’été.

Quelques conseils pour faire reculer ce Post-Holiday Blues

Après un bel été rythmé par des journées à faire ce que l’on aime sans stress et de longues soirées de détente, le retour au travail s’avère souvent abrupt.

Il existe de nombreuses possibilités pour franchir ce cap de tristesse et reprendre le rythme :

  • Faire de l’exercice physique intense, modéré ou doux pour booster son bien-être physique et mental ;
  • Sortir à l’extérieur en journée, surtout le matin, pour profiter des bienfaits de la luminosité ;
  • Se concocter des plats équilibrés et réconfortants ;
  • Se donner du temps pour pratiquer des activités que l’on affectionne particulièrement (lecture, loisirs créatifs, bricolage, projet de décoration de son intérieur, jardinage, méditation, etc.) :
  • Prévoir des projets pour l’automne à venir : organisation d’excursions pour visiter sa région, planification de réunions festives avec sa famille et ses amis, repérer les activités culturelles à faire pour les prochains jours de repos, découvrir de nouvelles adresses tendance (café, shopping, expos temporaires) ;
  • Apprendre de nouvelles choses (sport, culture, MOOC, cours spécifiques, ateliers partagés, etc.) ;
  • Planifier son prochain voyage.

Comment reconnaitre une période de « blues » à une période dépressive ?

  • Qu’est-ce que le trouble affectif saisonnier ?

Dans certains cas, cette baisse de moral qui prend naissance à la fin des vacances d’été peut évoluer vers une dépression saisonnière, aussi appelée trouble affectif saisonnier (TAS). Il s’agit d’une forme de dépression reconnue, qui apparaît généralement à l’automne ou en hiver et s’améliore au printemps. Néanmoins, dans certains cas, le TAS se manifeste au printemps et en été, mais les symptômes du TAS sont plutôt rares pendant les saisons chaudes.

Ce trouble de l’humeur, cyclique et prévisible, est majoritairement influencé par la diminution du temps d’ensoleillement, la luminothérapie fait donc partie des traitements. Le fait d’être empêché de faire des activités en plein-air est également un facteur qui peut expliquer la survenue de ce TAS.

Cette dépression saisonnière impacte plus ou moins fortement la vie sociale, professionnelle et affective.

Le quotidien est sous l’emprise d’une tristesse persistante et intense et d’une perte de motivation avec des changements marqués au niveau de son humeur (mélancolie, irritabilité, agressivité) et éventuellement dans sa manière de s’alimenter et de dormir.

D’autres symptômes sont caractéristiques : difficultés à se concentrer, fatigabilité (surtout dans la matinée) et ralentissements psychomoteurs, troubles comportementaux (troubles des conduites alimentaires avec gain ou perte de poids), troubles du sommeil (insomnie ou hypersomnie) et éventuellement, idées noires ou/et suicidaires.

  • Se faire aider pour distinguer une tristesse momentanée d’une dépression caractérisée

Si une baisse de moral persistante est ressentie au retour de vacances, l’enjeu est de se faire aider par un professionnel de santé pour repérer les signes de mal-être et évaluer leurs intensités et leurs fréquences.

Lors de votre rencontre avec votre médecin de famille ou votre psychiatre, celui-ci va se référer à diverses échelles pour établir son diagnostic, comme l’échelle de dépression de Hamilton ou celle de Montgomery et Asberg. Ce travail permettra de déterminer si vous traversez un épisode dépressif caractérisé (EDC) ou un sentiment de tristesse, un état réactionnel, ou des symptômes dépressifs isolés ou transitoires.

Les trois principaux symptômes d’une dépression caractérisée sont l’humeur dépressive, la perte d’intérêt et l’abattement, la perte d’énergie et l’augmentation de la fatigabilité. L’intensité de l’épisode dépressif caractérisé peut être qualifiée selon trois niveaux : léger, modéré ou sévère, en fonction du nombre et de l’intensité des symptômes et du degré de dysfonctionnement dans les activités sociales et professionnelles.

Sources

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Julie P.
Journaliste scientifique
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