Peut-on encore attraper la rage ?
La France métropolitaine est un pays indemne de rage, c’est-à-dire que le virus ne circule plus chez les chiens, les chats et autres animaux terrestres non volants. Pourtant, cette maladie mortelle sévit encore dans plus de 110 pays à travers le monde, notamment au Maghreb ou en l’Asie du Sud-Est. Passons en revue les principales informations à connaitre sur la rage.

Carte d’identité du virus
- Rage canine et rage des animaux sauvages
La rage est présente dans le monde entier, sauf dans certaines îles du Pacifique et de l’Atlantique, et au Japon.
On distingue la rage canine dont le vecteur principal est le chien, qui sévit en Asie, en Afrique, au Moyen-Orient et, à un moindre degré, en Amérique du Sud.
L’autre forme est la rage des animaux sauvages, dont le vecteur principal est différent selon les zones géographiques : le renard roux en Europe, le raton laveur en Amérique du Nord ou encore le loup en Iran. Les chauves-souris vampires en Amérique centrale, frugivores dans les zones tropicales et insectivores dans les zones tropicales et tempérées, sont également des vecteurs de la rage.
- Mode de transmission de l’animal à l’homme
La maladie se transmet à l’humain par la salive d’un mammifère infecté, le plus souvent un chien ou un chat. Elle ne se transmet pas entre humains. Les modes de contamination sont la morsure, mais aussi la griffure ou le léchage sur une peau lésée ou sur une muqueuse, souvent au niveau de l’œil ou de la bouche.
Un animal peut porter le virus, sans montrer de signes de maladie. Il devient contagieux dès 15 jours avant l’apparition des premiers symptômes de la maladie et jusqu’à sa mort.
- Incubation et survenue des symptômes de la rage chez l’homme
Après un à deux mois d’incubation, l’individu développe un tableau clinique d’encéphalite.
La phase d’incubation est totalement silencieuse et correspond à la migration du virus dans le système nerveux périphérique. La durée de l’incubation de la rage est en moyenne de 20 à 60 jours, mais peut exceptionnellement se prolonger. Très rarement, elle peut n’être que de dix jours (plaies profondes de la tête). Elle est suivie d’une courte phase, dont les seuls symptômes évocateurs sont l’apparition de paresthésies (fourmillements ou engourdissements) ou des démangeaisons au niveau de la région mordue.
La phase symptomatique est caractérisée par des troubles neurologiques variés : anxiété, agitation, troubles de la conscience et troubles du système nerveux autonome (hypersalivation, anomalie du rythme cardiaque et de la tension artérielle). Puis apparaissent des signes d’encéphalite ou d’encéphalomyélite. Une fois les signes déclarés, l’évolution se fait vers le coma, une défaillance des différents organes puis le décès.
Répartition de la rage dans le Monde
L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) recense environ 60 000 décès associés à la rage dans le monde chaque année dont 95% en Afrique et en Asie. En majorité, ce sont des enfants mordus par des chiens errants infectés dans les pays non indemnes.
- En Europe
La première recrudescence des cas de rage dans l’Union européenne a été observée en Pologne en 2021 principalement chez des renards, et minoritairement chez des animaux domestiques. Ensuite, ce sont la Roumanie, la Hongrie et la Slovaquie qui ont vu le nombre de cas augmenté, avec notamment 109 cas identifiés en Roumanie en 2025.
La circulation du virus semble désormais sous contrôle en Pologne, en Hongrie et en Slovaquie, grâce à la vaccination des renards roux.
La Guyane constitue un cas particulier en raison du risque d’introduction d’animaux infectés depuis le Brésil ou le Suriname. En outre, en Guyane comme dans le reste des Amériques, circulent des virus rabiques chez les chauves-souris hématophages. En revanche, les autres territoires ultramarins français n’ont jamais enregistré de cas de rage animale ou humaine.
- Dans le Monde
Vous pouvez consulter la liste des pays concernés par la présence de la rage sur la
la base des données transmises à l’Organisation mondiale de la santé animale : https://wahis.oie.int/#/dashboards/country-or-disease-dashboard.
Si vous projetez de voyager à l’étranger, n’hésitez pas à contacter l’Ambassade du pays pour vous informer sur le risque sanitaire de la rage.
Quelles conduites à tenir pour les voyageurs ?
- Pour tous les voyageurs
Lors d’un séjour à l’étranger, et surtout dans un pays où la rage circule, il est recommandé de :
- De tenir à distance des animaux sauvages (notamment les chauves-souris et les renards) ;
- Ne jamais toucher ou nourrir les animaux domestiques, même s’ils vous semblent en bonne santé ;
- Ne pas rapporter d’animal depuis l’étranger hors des circuits légaux, en particulier des chiots ou des chatons ;
- Si vous voyagez avec votre animal, assurez-vous qu’il soit vacciné contre la rage. C’est une obligation réglementaire pour passer certaines frontières.
- Pour les voyageurs très exposés potentiellement
Si vous effectuez un séjour dans des zones à haut risque (Asie, Afrique, Amérique du Sud), la vaccination préventive est recommandée dans les cas suivants :
- Séjour prolongé ou aventureux avec un risque élevé de contact avec des animaux domestiques ou sauvages ;
- Voyage en situation d’isolement ne permettant pas une prise en charge rapide.
Cette vaccination préventive est également recommandée chez les jeunes enfants en âge de marcher. En effet, ils ont un risque plus élevé d’exposition par morsure ou par contact mineur (griffure, léchage sur peau abîmée). Des contacts fugaces qui sont souvent passés inaperçus ou non déclarés par l’enfant.
Faut-il faire vacciner son chien ou son chat ?
Lorsque l’on s’aventure à l’étranger avec son chat ou son chien (qui doit être âgé obligatoirement de plus de 15 semaines), plusieurs règles sont à respecter. En UE, les règles diffèrent selon que vous voyagez en Finlande, en Irlande, à Malte, en Norvège ou dans un autre pays de l’Union européenne (cas général). Les règles sont aussi différentes si vous voyagez au Royaume-Uni ou dans tout autre pays. Pour plus de renseignements, veuillez consulter ce site du service public.
Quelle que soit la destination, il faudra au minimum veiller à ce que l’animal (chat, chien et furet) soit :
- Identifié par puce électronique, soit par tatouage s’il est encore lisible et réalisé avant le 3 juillet 2011 ;
- Muni d’un passeport européen en cours de validité ;
- Vacciné contre la rage : lors de la primo-vaccination, l’animal doit être âgé d’au moins 12 semaines, puis un délai de 21 jours est nécessaire pour que la vaccination soit effective. La vaccination doit être réalisée après l’identification pour être reconnue valable.
Ensuite, lors du retour en France depuis un pays non indemne de rage, il peut être obligatoire de réaliser un titrage des anticorps antirabiques.
Dans tous les cas, il est vivement recommandé de consulter un vétérinaire avant le départ afin de s’assurer que toutes les conditions sanitaires sont respectées.
Que faire après une morsure à l’étranger ?
En cas de morsure ou de léchage par n’importe quel mammifère (et notamment chat et chien), nettoyer la plaie avec de l’eau et du savon puis un antiseptique. Ensuite, consulter rapidement un médecin qui vous orientera vers un centre antirabique si besoin.
Après l’exposition au virus et avant l’apparition des symptômes, il est tout à fait possible de recourir à la prophylaxie post-exposition (PPE), qui comprend une série d’injections de vaccin, associée dans certains cas à une sérothérapie (injection de sérums immunisés).
Cette PPE consiste en plusieurs injections intramusculaires réparties sur 14 à 28 jours associées à une injection d’anticorps antirabiques assurant une protection immédiate, mais de courte durée.
Ce traitement préventif de la rage humaine, administré après le contact avec l’animal porteur, prévient la survenue de la maladie dès lors qu’il est administré avant l’apparition des symptômes.
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