Pourquoi est-il si difficile de manger équilibré au quotidien ?

Par |Publié le : 26 juin 2026|Dernière mise à jour : 26 juin 2026|4 min de lecture|

On le sait tous : manger équilibré, c’est bon pour la santé. Pourtant, entre les courses en coup de vent, la fatigue du soir et les tablettes de chocolat qui font de l’œil, les bonnes intentions s’évanouissent souvent avant le dessert. Camille Tardan, diététicienne-nutritionniste, explique pourquoi c’est aussi compliqué — et comment s’en sortir sans se priver de tout.

C’est le grand paradoxe de notre époque : on n’a jamais autant parlé de nutrition, et pourtant nos assiettes ne suivent pas forcément. « La plupart d’entre nous avons les connaissances nécessaires. Ce qui rend difficile la mise en place, c’est qu’il y a plusieurs facteurs qui entrent en jeu », observe Camille Tardan, diététicienne-nutritionniste à l’Hôpital Privé de Marne-la-Vallée (Ramsay Santé). Autrement dit, le problème n’est pas un manque d’information — c’est la vie réelle qui complique les choses.

Budget serré, manque de temps, fatigue, pression des enfants… Ces obstacles sont bien réels, et les comprendre est déjà une façon de mieux les contourner.

Le portefeuille, ce frein qu’on n’ose pas toujours dire

Manger équilibré coûte plus cher. C’est une réalité que Camille Tardan reconnaît sans détour : « Le prix des aliments bruts — viande, poisson, œufs — augmente de plus en plus. Le coût des légumes aussi suit la même courbe. » Résultat : quand le budget est serré, on se tourne vers les féculents ou les plats tout prêts, moins chers et plus rapides à préparer. Ce n’est pas une question de volonté — c’est souvent une question de moyens. Et même quand le budget le permet, la fatigue prend parfois le relais.

19h, le frigo est là, le cerveau est épuisé

Vous rentrez du travail après une longue journée. Vous avez géré des réunions, pris des décisions, résolu des problèmes. Et là, face au frigo, votre cerveau lâche l’affaire. « On s’oriente vers ce qui est plus réconfortant, plus simple, plus rapide », explique la diététicienne. Ce n’est pas de la paresse — c’est de la biologie. À force de prendre des décisions toute la journée, notre cerveau n’a plus l’énergie de choisir ce qui est bon pour nous. Le contexte familial joue aussi : quand les enfants réclament leurs plats préférés et que tout le monde est fatigué, l’assiette idéale passe vite à la trappe.

Les produits ultra-transformés : conçus pour qu’on ne résiste pas

Ce n’est pas un hasard si on ne s’arrête pas à une chips. Les aliments ultra-transformés sont formulés pour activer directement le circuit de la récompense dans notre cerveau, grâce à un savant mélange de gras, de sel et de sucre. « Ils ont tendance à envoyer le signal ‘Reviens-y’. Et en plus, c’est souvent prêt en deux minutes », note Camille Tardan. Ajoutez à cela une publicité omniprésente qui valorise la street-food et le fast-food, et vous comprenez pourquoi la bonne volonté seule ne suffit pas toujours.

Pour les repérer, la diététicienne a une astuce simple : le « test de la cuisine ». Lisez la liste des ingrédients et demandez-vous si vous auriez tout ça chez vous pour fabriquer ce produit. « Plus la liste est longue et incompréhensible, plus on est sur un aliment ultra-transformé. » L’application Yuka ou l’indice NOVA peuvent aussi vous aider à y voir plus clair dans les rayons.

Changer ses habitudes : la clé, c’est d’y aller doucement

Mauvaise nouvelle : vouloir tout changer d’un coup ne fonctionne pas. Bonne nouvelle : de petits ajustements suffisent à faire la différence. « Plus on retire des choses brutalement, plus on crée de la frustration, et plus on risque de tout laisser tomber », prévient Camille Tardan. Son conseil : commencer par un seul repas — le déjeuner, souvent plus gérable — et le faire évoluer progressivement. « Si j’ajoutais des légumes à mon assiette, ou un fruit en collation, ça laisse déjà moins de place à ce qui est moins intéressant nutritionnellement. »

Et si vous avez besoin d’un coup de pouce ? Pas besoin d’attendre un problème de poids pour consulter. « Une consultation peut suffire à remettre les choses en place. On peut être en pleine ménopause, se sentir épuisé ou simplement vouloir rééquilibrer son alimentation — c’est largement suffisant pour consulter », conclut-elle. L’alimentation fait partie des piliers de notre santé, au même titre que le sommeil ou l’activité physique. Ça vaut bien une heure de consultation.

Sources

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Peggy Cardin
Peggy Cardin
Journaliste spécialisée en santé
Peggy Cardin-Changizi Journaliste spécialisée en santé depuis plus de vingt ans. Elle traite des sujets de prévention, de santé publique et de médecine au quotidien, avec pour objectif de rendre l'information médicale claire, fiable et accessible à tous. Rédige un contenu scientifique fiable avec des sources vérifiées en respect de notre charte HIC.