Sommeil et nutrition : une relation à double sens
Comment le contenu de notre assiette du diner influence-t-il le sommeil et nos choix alimentaires du lendemain matin ? Pour répondre à cette question, des chercheurs de l’université de Grenade se sont intéressés de près aux habitudes de vie de 146 adultes pendant deux semaines. Explorons leurs conclusions.

Manger et dormir : une influence en miroir
Depuis plusieurs années, les scientifiques s’intéressent au lien entre nutrition et sommeil. Ce que l’on sait déjà ? Les études cliniques ont permis de mettre en évidence que le manque de sommeil chronique perturbe certaines hormones liées à la faim. Résultats : ces dysfonctionnements favorisent la prise de poids et augmentent l’appétit.
Ici, les chercheurs espagnols ont observé et collecté des données, pendant deux semaines, sur 146 participants âgés de 25 à 65 ans et présentant une obésité modérée (Indice de masse corporelle compris entre 30 et 40).
Leurs habitudes alimentaires ont été renseignées avec précision et la nuit, ils étaient équipés de capteurs capables d’évaluer la durée et la qualité de leur sommeil. « Analyser ces relations dans les conditions de vie libre, hors du laboratoire, permet de mieux s’intéresser à la réalité quotidienne des personnes et mieux comprendre comment de nombreux facteurs interagissent simultanément » explique Lucas Jurado Fasoli, premier auteur de l’étude, dans un communiqué de presse de l’Université de Grenade.
Le résultat principal à retenir ? L’alimentation et le sommeil agissent l’un sur l’autre de manière bidirectionnelle. Autrement dit, le contenu de notre assiette agit sur notre sommeil, et notre sommeil influence plus tard nos choix alimentaires.
Repas riche : métabolisme mis à rude épreuve
En analysant dans le détail la qualité et la quantité des aliments ingérés le soir, les chercheurs ont mis en évidence que les repas riches en calories, en graisses saturées ou en sucres s’accompagnent d’un sommeil fragmenté et moins réparateur. À l’inverse, une alimentation équilibrée le soir serait annonciateur d’un repos nocturne plus qualitatif.
Plusieurs mécanismes physiologiques expliquent ce lien de cause à effet : les repas copieux et déséquilibré (riche notamment en graisses, protéines, alcool, viande rouge et aliments frits) perturbent les mécanismes digestifs et métaboliques pendant la nuit. Ces inconforts nuisent à l’endormissement et provoquent des réveils nocturnes. Sans compter que les aliments riches en glucides entrainent un pic glycémique susceptible d’altérer les cycles du sommeil. Les graisses, quant à elles, ralentissent la digestion.
Pour passer une bonne nuit, les auteurs recommandent de privilégier des repas équilibrés, composés de protéines maigres, de légumes, de fibres et de glucides complexes.
L’étude montre d’ailleurs que les repas composés de céréales complètes, de poisson gras et d’huile d’olive sont associés à une meilleure qualité du sommeil.
Qui dort mal, petit-déjeune mal
L’autre enseignement de l’étude concerne l’effet du sommeil sur l’alimentation du lendemain matin.
Les participants de l’étude ayant passé une mauvaise nuit, de courte durée et de moindre qualité, ont tendance à consommer des petits-déjeuners plus riches en calories et en aliments sucrés.
Ce phénomène est bien connu des spécialistes du sommeil. Une mauvaise nuit perturbe les hormones impliquées dans la régulation de l’appétit comme la ghréline qui stimule la faim et la leptine qui potentialise la sensation de satiété.
A contrario, ceux qui dorment mieux préfèrent se tourner vers un petit-déjeuner avec une meilleure qualité nutritionnelle.
En parallèle de ces paramètres hormonaux, les chercheurs rappellent aussi l’influence du comportement. Le manque de sommeil entraine de la fatigue et de la démotivation, se préparer des repas équilibrés devient contraignant. La facilité incite à consommer des aliments rapides à avaler, souvent des aliments transformés et plus caloriques.
À long terme, ce cercle vicieux pourrait contribuer à l’aggravation du surpoids et de l’obésité. Sans compter que le manque de sommeil est déjà associé à un risque accru de diabète de type 2, de maladies cardiovasculaires et de troubles métaboliques.
Les chercheurs espèrent que ces travaux permettront de développer des approches plus globales dans la prévention de l’obésité et des troubles métaboliques, en tenant compte de l’alimentation et de l’activité sportive, mais aussi, désormais, de la qualité des nuits.
– Cenar, dormir y desayunar: la última comida del día influye en el sueño y este, en el desayuno de la mañana siguiente. . Consulté le 28 mai 2026.
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