Petit-déjeuner plus tard et dîner plus tôt serait bénéfique pour la santé

Sep 14, 2018 par

Une nouvelle étude anglaise montre comment le décalage dans le temps de la prise du petit-déjeuner et du dîner diminue la quantité d’aliments ingérés tout en facilitant la perte de masse graisseuse. Retour sur les résultats de cette étude pilote publiée dans la revue Journal of Nutritional Science.

petit-déjeuner et dîner

Une perte de masse graisseuse deux fois plus importante

Le jeûne intermittent est une forme de régime alimentaire qui permet aux personnes de s’alimenter au cours de la journée sur une durée limitée. L’objectif est d’augmenter, sur 24 heures, la période pendant laquelle l’organisme est à jeun.

C’est dans la philosophie de ce type de régime alimentaire que des chercheurs de faculté de médecine de l’’Université de Surrey, en Angleterre, ont réalisé une étude pilote sur 13 volontaires en bonne santé et âgés de 29 à 57 ans.

Pendant 10 semaines, le groupe test incluant 7 personnes a repoussé leur horaire de petit-déjeuner de 1h30 et avancé leur diner de 1h30. Le groupe témoin, composé de 6 personnes, a gardé ses habitudes. Pendant tout ce temps de l’étude, les deux groupes n’avaient aucune restriction alimentaire.

Finalement, le groupe test s’alimentait à trois reprises sur une période de 8h30 sur les 24 heures d’une journée contre 12h30 minutes à l’accoutumée. Ils étaient donc à jeun sur une période de 4 heures supplémentaires.

Pendant les 10 semaines, les chercheurs ont mesuré chez tous les participants :

  • La quantité d’énergie;
  • L’évolution de leur pourcentage de masse graisseuse;
  • Leur biochimie sanguine à jeun (taux de glucose dans le sang (glycémie), taux d’insuline (insulinémie), taux de cholestérol (cholestérolémie), taux d’acides gras).

À savoir ! Pour mesurer le pourcentage de masse graisseuse, les chercheurs se sont basés sur la bio-impédance ou impédancemétrie. Le principe est de mesurer la résistance des tissus biologiques par l’envoi d’un courant de faible intensité et de haute fréquence à travers des électrodes. Cette technique permet, entre autres, de déterminer la quantité d’eau, de graisses et de muscles.

Les résultats ?

Les participants soumis à un décalage horaire des deux repas mangeaient moins malgré un accès illimité à de l’alimentation. Plusieurs causes peuvent expliquer ce nouveau comportement : une perte d’appétit, un nombre moins important d’opportunités de manger et une réduction des collations en soirée.

En parallèle, ils ont réduit significativement leur masse graisseuse et leur glycémie à jeun comparativement au groupe témoin. Un tel bénéfice peut d’ailleurs aider à prévenir l’apparition du diabète et de l’obésité.

L’équipe du Docteur Jonathan Johnston a d’ailleurs constaté que les participants ayant décalé leurs heures de petit-déjeuner et de dîner conservaient leur poids initial, mais perdaient en moyenne deux fois plus de graisse corporelle que ceux ayant pris leurs repas aux horaires habituels.

« Même si cette étude est petite, elle nous fournit des informations inestimables sur la façon dont de légères modifications de nos heures de repas peuvent être bénéfiques pour notre corps » souligne le Docteur Johnston.

Un décalage entre le petit-déjeuner et le dîner compatible avec la vie réelle ?

Avant de réitérer cette expérience sur un nombre plus important de participants, les chercheurs ont voulu savoir si de tels ajustements des heures de repas (petit déjeuner vers 9h30 et diner vers 18H00) seraient compatibles avec le rythme de la vie de tous les jours.

Sur l’ensemble des participants, 57% ont déclaré qu’ils ne pourraient pas continuer à manger selon ce calendrier expérimental, car ces décalages se sont heurtés à leurs engagements quotidiens (travail, activités sportives, relations sociales, etc.).

Dans le même temps, 43% des participants ont admis qu’ils seraient heureux d’envisager de continuer à suivre un régime alimentaire à durée limitée si les avantages sur la santé sont clairement démontrés ou si l’heure des repas était un peu plus flexible.

« Comme nous l’avons vu avec ces participants, les régimes à jeun sont difficiles à suivre et ne sont pas toujours compatibles avec la vie familiale et sociale » admet  Docteur Johnston.

En conclusion, les données de cette étude pilote fournissent une preuve sur les potentiels bienfaits de la réduction de la période d’alimentation sur une journée.

Désormais, les chercheurs vont entreprendre une étude sur un nombre plus important de participants tout en optimisant les heures de prise de repas pour les faire coïncider avec les exigences de la vie professionnelle et de vie la sociale.

Julie P., Journaliste scientifique

– Can simply changing your meal times help you lose more weight ? Medical News Today.. Consulté le 11 septembre 2018.
– A pilot feasibility study exploring the effects of a moderate time-restricted feeding intervention on energy intake, adiposity and metabolic physiology in free-living human subjects. Journal of Nutritional Science.. Antoni et al. Consulté le 11 septembre 2018.
Julie P.
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