Cadmium : un Français sur deux trop exposé, le dépistage en ville bientôt remboursé
Le dépistage du cadmium bientôt remboursé en laboratoire de ville : prix, conditions, populations à risque… Voici ce qu’il faut savoir sur cette mesure face à une exposition massive en France.

Le dépistage de l’exposition au cadmium, ce métal lourd classé cancérogène, pourrait bientôt devenir un geste de routine en médecine de ville. Après des mois d’attente, biologistes médicaux et Assurance-maladie ont trouvé un accord sur son tarif mardi 7 avril, ouvrant la voie à un remboursement dans les prochains mois.
Concrètement, le dosage sanguin et urinaire du cadmium sera facturé 27,50 euros. Il sera pris en charge à 60 % par l’Assurance-maladie et à 40 % par les complémentaires santé. « Un accord a été trouvé mi-mars, dans le cadre de la commission de hiérarchisation des actes de biologie médicale », a rapporté sur France Info, François Blanchecotte, président du Syndicat des biologistes (SDBIO). Une avancée attendue de longue date par les professionnels de santé, alors que ce test n’était jusqu’ici remboursé qu’à l’hôpital.
Une contamination massive et silencieuse
Reste encore une étape administrative : pour entrer en vigueur, cet accord doit être validé par plusieurs instances, dont le conseil de l’Union nationale des caisses d’assurance maladie (Uncam), puis publié au Journal officiel, « généralement » sous « deux à trois mois », a précisé à l’AFP Jean-Claude Azoulay, président du Syndicat national des médecins biologistes (SNMB).
Cette décision intervient dans un contexte sanitaire préoccupant. En 2025, près de la moitié de la population française présentait des expositions au cadmium dépassant les valeurs sanitaires de référence, selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire. L’institution évoque « une imprégnation préoccupante à tout âge et dès le plus jeune âge ». Peu éliminé par l’organisme, le cadmium s’accumule au fil du temps et est classé cancérogène, mutagène et toxique pour la reproduction.
Pain, céréales… pourquoi notre alimentation est en cause
L’exposition des Français à ce métal est largement liée à l’alimentation. Céréales, pain ou encore certains légumes peuvent en contenir, en raison de l’utilisation d’engrais phosphatés en agriculture. Une contamination diffuse, difficile à éviter au quotidien, qui explique l’ampleur du phénomène.
Face à ce constat, les autorités sanitaires plaident depuis plusieurs années pour un dépistage plus large. Dans une note publiée en 2024, la Haute Autorité de santé recommande ainsi un test pour les personnes « potentiellement surexposées au cadmium du fait de leur lieu de résidence », notamment dans les zones où les sols sont contaminés.
Dernière ligne droite avant le remboursement effectif
La mesure avait d’ailleurs été promise par le gouvernement. En juin 2025, le ministre de la Santé de l’époque, Yannick Neuder, s’était engagé à rendre ce dépistage accessible en ville. « C’est désormais en passe de devenir réalité. L’Assurance-maladie et les syndicats de biologie médicale ont conclu un accord sur le tarif de ce test. La Haute Autorité de santé (HAS) avait aussi recommandé une prise en charge de longue date ! », a-t-il écrit.
Un détail reste toutefois à surveiller. Si le nombre de dépistages prescrits dépasse celui du plomb, syndicats et Assurance-maladie devront renégocier le tarif à la baisse. Une clause qui traduit à la fois l’ampleur attendue du recours à ce test… et les inquiétudes budgétaires qu’il suscite.
En attendant, ce remboursement annoncé marque une étape importante. Il pourrait faciliter l’identification des personnes les plus exposées et, à terme, renforcer la prévention face à un polluant invisible mais bien installé dans le quotidien des Français.
– Qu’est-ce que le cadmium et quels sont les risques pour la santé ?. www.anses.fr. Consulté le 08 avril 2026.
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