Comment se protéger du pollen quand on est allergique ?

Par |Publié le : 26 février 2026|Dernière mise à jour : 26 février 2026|4 min de lecture|

Le retour du soleil après des semaines de pluies s’accompagne d’une hausse du pollen, tant redouté des personnes allergiques. Les conseils d’un allergologue.

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Le soleil est enfin de retour. Après plus de 40 jours de pluie dans l’Hexagone, le ciel bleu et les températures printanières redonnent le sourire. Les terrasses se remplissent, les promenades reprennent. Mais pour des millions de Français, ce retour du beau temps a un revers : celui du pollen. Et il peut très vite gâcher la vie des personnes allergiques.

Cette semaine, c’est surtout le sud de la France qui est concerné, avec un coupable bien identifié : le cyprès. “Plus le pollen est microscopique, plus il est allergisant tout simplement parce-qu’il peut s’immiscer plus facilement au plus profond des voies respiratoires”, explique la Dre Anna Boctor, pédiatre spécialisée en maladies respiratoires et allergiques. Et la dispersion est large : “Avec le vent, on peut en trouver à plus de 10 km autour de l’arbre”, ajoute-t-elle.

Des symptômes parfois spectaculaires

Chez les personnes ayant un terrain sensible, le contact avec ces particules entraîne la libération d’histamine, une molécule de signalisation du système immunitaire. Résultat : une cascade de réactions inflammatoires et des manifestations parfois très marquées. « Au contact avec les yeux ou les voies respiratoires, le pollen provoque des crises d’éternuement, un nez qui gratte, parfois bouché ou qui coule avec un liquide clair, des yeux rouges, qui démangent ou qui larmoient », prévient Anna Boctor.

Dans certains cas plus particuliers, un eczéma peut apparaître au contact de la substance en cause, tout comme de l’urticaire. La crise d’asthme reste l’une des réactions les plus redoutées. On parle alors de terrain atopique. “Ces maladies ont une base génétique commune. Les allergènes peuvent déclencher des crises d’asthme. Dans ce cas, seule la ventoline est efficace pour stopper la crise et surtout pas les antihistaminiques”, insiste-t-elle.

Les bons réflexes au quotidien

Face à ces situations extrêmement désagréables, le premier réflexe est souvent de se jeter sur sa boîte d’antihistaminiques. Pourtant, avant d’en arriver là, quelques gestes simples peuvent aider à traverser la période. Le premier : éviter l’exposition aux particules en cause. “Il est conseillé le matin de consulter les sites météorologiques pour voir le type et la concentration de pollen le plus proche de chez soi. Ensuite, on aère son logement le matin quand l’air est moins chargé en pollen, et on évite de faire sécher le linge dehors.”

Autres réflexes défendus par la spécialiste : privilégier la douche le soir plutôt que le matin, et rincer ses cheveux tous les jours. « Le pollen se fixe dans les cheveux, sur la peau et il s’immisce ensuite dans les draps », résume-t-elle. De manière générale, se laver les mains plus régulièrement permet aussi de limiter cette exposition prolongée.

Des traitements pour soulager… et traiter

Parce qu’il est impossible de se protéger totalement en cette saison, les traitements symptomatiques interviennent en seconde intention. Les antihistaminiques font partie des références. Mais Anna Boctor met en garde : “ils ne sont d’aucune utilité en traitement de fond. Ils agissent uniquement sur les symptômes.”

“D’ici 2050 la moitié de la population mondiale sera allergique. C’est un sujet à ne surtout pas prendre à la légère”

Si les manifestations sont plus intenses, « il existe des collyres antiallergiques à mettre dans les yeux » pour soulager rougeurs et démangeaisons. Et pour les nez qui coulent en continu, la spécialiste recommande les sprays nasaux à base d’anti inflammatoire afin de stopper l’écoulement. “Je conseille aux patients de se rincer les yeux et le nez avec du sérum physiologique plusieurs fois par jour si besoin et d’appliquer matin et soir le traitement local en plus des anti histaminiques.”

La désensibilisation

Reste enfin le traitement de fond : la désensibilisation. Son principe est simple sur le papier. Prendre tous les jours pendant quatre ans une forte concentration de l’allergène responsable afin de développer des anticorps spécifiques. « Il se présente sous forme de liquide à laisser sous la langue pendant deux minutes avant de le recracher. » Afin de bien cibler l’allergène en question il est nécessaire de réaliser un interrogatoire rigoureux avec le patient. « C’est une véritable “enquête policière”, qu’effectue l’allergologue à la recherche du coupable”, explique Anna Boctor. Un test sanguin vient ensuite confirmer, ou non, le diagnostic. “Quatre ans c’est long mais c’est indispensable pour éviter les rechutes.”

Selon l’Inserm, 30 % des adultes et 20 % des enfants de plus de 9 ans sont concernés par des allergies, un chiffre en constante augmentation. “D’ici 2050 la moitié de la population mondiale sera allergique. C’est un sujet à ne surtout pas prendre à la légère.”

Sources
– Interview avec Dr Anna Boctor, pédiatre spécialisée en maladies respiratoires et allergiques et présidente du syndicat Jeunes médecins.. . Consulté le 26 février 2026.

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Elodie Vaz
Elodie Vaz
Journaliste en santé, diplômée du CFPJ en 2023, Élodie, explore les empreintes que les maladies laissent sur les corps et, plus largement sur la vie humaine. Infirmière diplômée d’État en 2010, elle a passé douze ans au chevet des patients avant de troquer son stéthoscope contre un carnet de notes. Elle interroge depuis les liens qui unissent environnement et santé, convaincue que la vitalité du vivant ne se résume pas à celle des Hommes. Carte de presse numéro 143067