Maladie d’Alzheimer : les particules fines directement pointées du doigt

Par |Publié le : 25 février 2026|Dernière mise à jour : 25 février 2026|3 min de lecture|

Une étude démontre que l’exposition aux particules fine serait directement associée à un risque accru de maladie d’Alzheimer, indépendamment des facteurs cardiovasculaires classiques.

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Et si l’air que nous respirons s’attaquait aussi à notre mémoire ? Déjà connues pour leurs ravages sur le cœur et les poumons, les particules fines pourraient jouer un rôle bien plus insidieux. C’est du moins ce que révèle une étude publiée le 17 février dans PLOS Medicine. Elle met en évidence un lien direct entre l’exposition aux PM2,5 et la survenue de la maladie d’Alzheimer.

Ces particules microscopiques, d’un diamètre inférieur à 2,5 micromètres, sont principalement émises lors de la combustion automobile. Invisibles à l’œil nu, elles pénètrent profondément dans l’organisme. On savait qu’elles augmentaient le risque d’infarctus ou d’AVC. On savait aussi que les habitants des zones les plus polluées développaient davantage de démences. Mais jusqu’ici, les scientifiques pensaient tenir une explication indirecte : la pollution favorise l’hypertension, les accidents vasculaires cérébraux ou la dépression, autant de facteurs de risque reconnus de la maladie d’Alzheimer.

La nouvelle étude américaine rebat les cartes

Pour parvenir à leurs résultats, les chercheurs ont exploité les données de santé de 27,8 millions d’Américains âgés de 65 ans et plus, suivis pendant près de vingt ans. Une cohorte gigantesque qui a permis d’aller plus loin que les travaux précédents. En multipliant les analyses statistiques, ils ont pu neutraliser les facteurs de risque classiques. Et pourtant, le signal persiste : l’exposition aux PM2,5 reste associée à l’apparition de la maladie d’Alzheimer, même lorsque l’hypertension, les AVC ou la dépression sont pris en compte.

Autrement dit, les particules fines ne feraient pas qu’aggraver un terrain fragile. Elles pourraient agir par elles-mêmes. “La relation entre les PM2,5 et la maladie d’Alzheimer est quasi linéaire”, explique à ABC News Kyle Steenland, l’un des auteurs. Plus la concentration augmente, plus le risque suit la même pente. Sans véritable seuil en dessous duquel on serait totalement protégé.

Les particules fines franchiraient la barrière hémato-encéphalique

Pour ce professeur en sciences de l’environnement et en épidémiologie à l’Université Emory, à Atlanta, la leçon est limpide : “ce résultat est important, car il signifie que, du point de vue de la prévention de la maladie d’Alzheimer, se débarrasser seulement de maladies (qui sont des facteurs de risque d’Alzheimer) ne suffira pas à résoudre le problème. Nous devons baisser l’exposition aux PM2,5”.

Reste à comprendre le mécanisme. Comment ces poussières issues des pots d’échappement pourraient-elles atteindre le cerveau ? Les chercheurs avancent une hypothèse : les PM2,5 franchiraient la barrière hémato-encéphalique, ce filtre naturel censé protéger notre système nerveux central. Une fois dans le tissu cérébral, elles pourraient favoriser des phénomènes inflammatoires ou accélérer les lésions typiques de la maladie d’Alzheimer.

Bien sûr, l’étude ne signe pas à elle seule la preuve définitive d’un lien de cause à effet. Mais par son ampleur et la durée du suivi, elle pèse lourd dans le débat scientifique. Surtout à l’heure où le vieillissement de la population laisse craindre une flambée des cas de démence dans les décennies à venir.

Sources

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Elodie Vaz
Elodie Vaz
Journaliste en santé, diplômée du CFPJ en 2023, Élodie, explore les empreintes que les maladies laissent sur les corps et, plus largement sur la vie humaine. Infirmière diplômée d’État en 2010, elle a passé douze ans au chevet des patients avant de troquer son stéthoscope contre un carnet de notes. Elle interroge depuis les liens qui unissent environnement et santé, convaincue que la vitalité du vivant ne se résume pas à celle des Hommes. Carte de presse numéro 143067