Jusqu’à récemment, l’autisme était souvent qualifié de maladie purement psychiatrique ou bien même de psychose infantile. Dorénavant, avec les progrès apportés en matière de recherche, les choses sont en train d’évoluer vers de nouvelles interprétations.

Selon la classification internationale de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé), l’autisme est plus simplement un trouble du développement dont les caractéristiques principales sont des difficultés de sociabilité, de langage (troubles de la communication et des interactions sociales) et de comportement (stéréotypés et intérêts restreints).
On estime que plus de 400 000 personnes seraient atteintes de troubles développementaux en France.


jeunes enfants autistes

Qu’est-ce que l’autisme ?

Définition

Vu les difficultés de compréhension de ce syndrome, l’autisme reste difficilement définissable au niveau comportemental, ce qui implique de nombreux désaccords au niveau de sa classification et nomenclature.

Ce n’est que dans les années 1980 que la pathologie « Autisme » a finalement été reconnue en tant que « Trouble Envahissant du Développement (TED) », en raison de cette évolution des systèmes de classification (CIM, Classification internationale des Maladies, établie par l’OMS) qui ne cessent de complexifier sa définition.

À noter ! Aujourd’hui, le terme TSA pour « Troubles du Spectre Autistique » tend à se substituer à celui de TED selon la nouvelle classification en vigueur CIM-10.

Cette pathologie neuro-développementale se déclenche au cours de la petite enfance, avant l’âge de trois ans (soit durant la période où s’effectue le développement cérébral) puis perdure jusqu’à l’âge adulte.

Comme son diagnostic repose en grande partie sur l’observation des comportements de l’enfant, il est donc impossible de déceler ce syndrome de manière précoce, soit avant la naissance ou même dans les semaines qui suivent.

Ce trouble envahissant du développement qui affecte les fonctions cérébrales présentent des répercussions majeures sur trois fonctions vitales de l’enfant :

  1. Sa communication verbale : le langage de l’enfant peut être très restreint, voire même inexistant. Des difficultés de compréhension et de généralisation peuvent découler de ces troubles linguistiques.
  2. Sa sociabilité : une personne autiste peut refuser tout contact avec l’autre, y compris physique. Ses interactions sociales sont alors fortement limitées et les intérêts restreints.
  3. Son comportement général : des répétitions fréquentes de certains mouvements, sons, langage ou des sensibilités sensorielles anormales, avec par exemple, un intérêt accru pour la lumière ou une hypersensibilité au bruit environnant. Les activités de l’individu sont donc limitées, stéréotypées et répétitives.

Bien entendu, ces différents éléments varient d’un individu à l’autre, donc mieux vaut ne pas faire de généralités dans le cadre de ce syndrome.

Taux de prévalence

Mesurer la fréquence d’une maladie telle que l’autisme au sein d’une population est tout sauf simple. Le fait qu’il n’existe pas de marqueur biologique objectif sur lequel appuyer le diagnostic ainsi que la variation des critères d’évaluation au cours du temps ne facilite pas la tâche.

Malgré ces obstacles, il s’avère quand même possible d’en tirer quelques éléments importants. Il est indéniable que la progression alarmante de cette maladie à l’échelle mondiale fait d’elle un problème majeur de santé publique.

Et les chiffres ci-dessous l’indiquent très clairement :

  1. En France, on estime qu’entre 300 000 et 500 000 personnes sont atteintes d’un Trouble Envahissant du Développement (TED) dont 60 000 personnes autistes;
  2. 8 000 enfants autistes naissent chaque année, ce qui représente en moyenne 1 personne sur 100 ;
  3. Une proportion plus grande de garçons serait concernée par l’autisme par rapport aux filles.

Causes

Les causes de l’autisme demeurent encore incertaines mais la recherche a quand même apporté de nombreux progrès dans la compréhension des mécanismes biologiques ou physiologiques associés à l’autisme.

  1. Des causes génétiques

La piste d’une prédisposition génétique ressort fréquemment des études menées. Elles estiment que des anomalies génétiques interviendraient déjà au cours du développement neuronal du nourrisson et donc perturberaient les premières connexions neuronales qui se forment.

  1. Des causes environnementales

L’environnement est gorgé de nombreux composants naturels mais au fil des années, ces derniers sont envahis par des produits chimiques comme les solvants industriels ou pesticides qui ont des répercussions importantes sur la santé des jeunes enfants.

L’environnement jouerait donc bel et bien un rôle dans le développement de l’autisme.

  1. Des causes épigénétiques

Beaucoup d’experts admettent que l’épigénétique permet d’expliquer que l’environnement, le mode de vie, les événements de l’existence influent sur les gènes des sujets. Et les changements de l’expression de ces gènes sont des facteurs intervenant fréquemment dans le développement de cette pathologie.

À noter ! L’épigénétique concerne des modifications transmissibles et réversibles de l’expression des gènes qui apparaissent en dehors de tout changement du support génétique, c’est-à-dire de l’ADN.

Diagnostic

Suivi spécialistes des enfants autistes
Seuls les spécialistes (psychologues, psychiatres, pédopsychiatre, neuropédiatre, etc) sont habiletés à poser un diagnostic d’autisme.

Un professionnel suspectant un autisme mais qui ne peut assurer la procédure diagnostique doit adresser le plus tôt possible l’enfant à une équipe qualifiée et spécialisée. Il doit également s’assurer de la prise en charge de la famille de l’enfant et ce jusqu’à l’étape d’accueil vers l’équipe médicale sélectionnée.

Avant de se tourner directement vers un professionnel et d’enclencher toute une série d’examens, il est possible, pour les parents, de reconnaître certains signaux d’alerte de plus en plus précocement (généralement entre 18 et 36 mois). Certains comportements du jeune enfant peuvent en effet attirer l’attention :

  1. Un manque d’intérêt pour les membres de son entourage ;
  2. Peu de contacts oculaires échangés voire un évitement du regard ;
  3. Une impression de surdité : l’enfant réagit peu à son prénom ;
  4. L’absence d’initiation du contact : ne va pas chercher l’adulte ;
  5. Des cris inhabituels ;
  6. Une gêne face au toucher et/ou aux caresses ;
  7. Une extrême tranquillité ou au contraire de l’irritabilité ;
  8. Une rareté des sourires ;
  9. Peu d’expressions faciales ;
  10. Résistance au changement de routine, manifestation d’un mécontentement ;
  11. Mise en danger (n’a pas conscience des risques).

Des signes affectant leur langage peuvent être encore plus alertant, tels que :

  1. Une pauvreté des vocalisations et babillages ;
  2. Des mots qui manquent de sens ;
  3. Un vocabulaire restreint ;
  4. La répétition de phrases entendues ;
  5. L’utilisation de mots dénués de sens ;
  6. Un rythme et un ton bizarres ;
  7. Certains prennent la main d’un adulte pour le guider vers l’objet désiré ou demandent des choses de façon répétitive.

Ou bien, au niveau de leurs activités où des symptômes d’ordre moteur peuvent figurer :

  1. Des mouvements moteurs répétitifs ;
  2. Un manque de curiosité et d’exploration de l’environnement ;
  3. Les objets sont utilisés de manière inhabituelle, portés à la bouche, alignés ;
  4. Attrait particulier pour tous les objets qui tournent ;
  5. Préférence pour les activités solitaires.

Une fois que ces premiers signaux ont donné plus ou moins l’alerte aux parents, alors un interrogatoire entre un praticien et les parents peut se dérouler pour recueillir des informations importantes sur le comportement de l’enfant.

Suite à cet entretien, l’enfant va être soumis à une évaluation pluridisciplinaire pour juger de son niveau de développement et lui apporter, en retour, un accompagnement adapté en termes de soins, d’éducation et de pédagogie.

Mais cette évaluation de la maladie ne s’appuie pas uniquement sur une étude psychologique du jeune patient, d’autres caractéristiques sont aussi prises en compte.

L’établissement du diagnostic repose aussi sur la recherche de critères cliniques recueillis par des professionnels différents. De nombreuses études ont pu démontrer que les signaux cliniques anormaux repérés chez les enfants autistes, affectent de façon prédominante leurs systèmes immunitaires et digestifs. Ces dysfonctionnements qu’il est possible d’évaluer cliniquement et biologiquement sont directement associés aux problèmes de comportement caractéristiques des TED.

Traitement

A ce jour, aucun traitement médicamenteux n’existe sur le marché pour traiter les patients atteints d’autisme ou plus généralement les TED.

Par ailleurs, comme il subsiste une diversité des troubles associés à cette pathologie, il est difficile de traiter ces jeunes patients selon un protocole bien défini. Seule la précocité de la mise en place d’un ou plusieurs traitements combinés est une des clefs de sa réussite.

Les thérapies pouvant être proposées aux familles d’enfants autistes sont orientées vers des contrôles réguliers de leur hygiène de vie (alimentation, environnement, immunité, etc) mais aussi vers des approches éducatives transmises par exemple par des jeux adaptés.

Traitement biomédical Prévention sur l'alimentation

Un régime alimentaire

Plusieurs analyses de laboratoires signalaient la présence anormale, dans le sang de ces enfants autistes, de germes infectieux venant probablement de l’intestin, laissant entrevoir l’importance de la nutrition.

Par ailleurs, des taux élevés de certains peptides appartenant à la classe des opioïdes ont aussi été relevés dans leurs examens biologiques. Ces troubles gastro-intestinaux qui touchent fréquemment les enfants autistes impliquent pour les parents de devoir respecter quelques principes alimentaires :

  1. Préconisez l’adoption d’un régime pauvre en féculents et en sucres qui ont tendance à favoriser la prolifération des levures et bactéries, d’où un déséquilibre de la flore intestinale ;
  2. Utilisez de préférence des huiles de qualité biologique, vierges et produites par première pression à froid (olive, colza, noix, pépin de raisin) ;
  3. Le sucre (surtout blanc), sodas, phosphates, colorants et conservateurs sont à éviter dès que possible.
  4. Plutôt consommer les fruits et crudités une fois cuits car ils sont souvent mal digérés.
  5. Évitez les excitotoxines (caféine, aspartame, nitrites, sulfites, glutamates).
  6. Évitez les aliments contenant du gluten.

Contrôle de l’environnement

Une prise de conscience des problèmes liés à l’environnement est fondamentale pour ralentir la progression de cette affection.

Quelques mesures de prévention sont listées ci-dessous aussi bien pour les enfants autistes que pour leurs entourages :

  1. Évitez l’ingestion de substances chimiques apportées par différentes sources alimentaires.
  2. Mangez des aliments produits localement, de saison, et si possible sans pesticides, antibiotiques, exhausteurs de goût, édulcorants de synthèse, colorants et agents de conservation.
  3. Évitez les mets déjà préparés, commercialisés en grande surface.
  4. Boire une eau purifiée.
  5. Utilisez des détergents naturels, biodégradables et sans parfum.
  6. Préférez des vêtements en fibres naturelles.
  7. Évitez herbicides et pesticides dans le jardin ou la maison.
  8. Évitez l’aluminium de la cuisine (ustensiles, canettes, papier en aluminium).
  9. Réduire l’exposition aux sources de radiations électromagnétiques.

Le système immunitaire

L’élimination de mauvaises bactéries, levures, parasites, vers ou autres, qui colonisent l’intestin des enfants autistes est fortement recommandée.

Les produits naturels listés ci-dessous donnent en général de bons résultats :

  1. Pau d’Arco, ail, acide caprylique, extrait de pépins, de pamplemousse, extrait de noyer noir, origan, chlorophylle, huile de neem : ce sont des produits aux multiples propriétés antiseptiques et antibiotiques.
  2. L’argent colloïdal est également un remède de choix car il est efficace sur plusieurs sortes de bactéries.
  3. L’Artemisia annua a des propriétés antiparasitaires reconnues et très active aussi sur les formes kystiques des bactéries et levures.

Ajouté à cela, les probiotiques sont d’autres remèdes médicinaux qui permettent de reconstituer la flore intestinale de ces jeunes enfants. En contribuant au rééquilibrage de la flore intestinale, ces probiotiques permettent d’atténuer les symptômes allergiques, de réguler la fonction intestinale et de renforcer ses défenses immunitaires.

Mais attention, lors de votre achat, il est important de vérifier le nombre de bactéries vivantes garanti par le fabriquant ! Un bon probiotique en contient 10 à 20 milliards.

Ces produits doivent toujours se conserver au réfrigérateur.

Au niveau de leur prise, il est recommandé de les prendre, soit au moment du coucher, soit 90 minutes après les repas ou 30 minutes avant, et toujours en dehors d’une prise d’antibiotiques, d’antifongiques ou d’antiparasitaires.

Traitements éducatifsThérapie des jeux

Les méthodes de prise en charge psychologique, comportementale et cognitive de l’autisme sont indissociables des approches biomédicales dont il a été question dans la partie précédente.

Leurs effets sur le développement de l’enfant se font d’autant mieux sentir qu’elles sont mises en place tôt (soit dès l’âge de deux ans) mais il faut quand même souligner qu’elles ne peuvent qu’atténuer les symptômes de l’autisme et non les soigner.

Thérapies par le jeu

  1. Programme DIR

Le « DIR (Developmental, Individual differences, Relationship-based model)/Floortime » est une technique mise au point par un pédopsychiatre et psychanalyste américain Stanley Greenspan, visant à capter l’intérêt, puis l’attention, puis le regard de l’enfant, en s’insérant dans ses actions répétitives, restreintes ou stéréotypées.

Progressivement, la curiosité de l’enfant s’éveille et le jeu devient interactif.

Suivie de façon intensive (15 à 25 heures/semaine), cette méthode semble particulièrement efficace sur les mécanismes d’autostimulation et les troubles du comportement.

  1. Programme Son-Rise

Le programme « Son-Rise » est une autre stratégie fonctionnant sur le même principe que la méthode précédente : on rentre en contact avec l’enfant par le biais du jeu en éveillant ses intérêts, dans le but d’augmenter progressivement le périmètre de communication qui est souvent très limité.

Il a été créé par des parents, pour des parents et des professionnels, afin de leur apprendre à concevoir et à mettre en place des techniques d’éveil à domicile.

  1. Programme RDI

Enfin, une autre méthode RDI (Relationship Development Intervention Program), développée pour également susciter chez l’enfant l’envie de communiquer a été mise au point par Steven Gutstein.

Il s’agit de favoriser les interactions ludiques avec des séquences plus organisées que d’autres types de programmes, visant à apprendre à l’enfant à s’insérer de mieux en mieux dans des systèmes de plus en plus dynamiques (nombreux changements imprévus et aléatoires qui interviennent). En effet, les enfants autistes préfèrent plutôt les systèmes répétitifs et peu changeants.

Ainsi, cette méthode leur permet de mieux accepter les variations environnementales.

Approches comportementales et éducatives

  1. Programme TEACCH

Le TEACCH, de l’acronyme anglais « Treatment and Education of Autistic and related Communication Handicaped Children » est un programme pour le traitement et l’éducation des enfants autistes, basé sur une forte collaboration entre parents et professionnels.

Au lieu de séparer l’enfant de son milieu familial, ce programme encourage donc à former les parents comme co-thérapeutes de leur enfant. Par ailleurs, une des particularités de cette méthode est qu’elle insiste beaucoup à faire travailler les capacités de l’enfant, beaucoup plus que ses déficits.

  1. Programme PECS

Le PECS (Pictures Exchange Communication System) est une autre méthode pouvant figurer dans cette catégorie thérapeutique. Il s’agit d’une méthode inspirée par l’Approche Pyramidale de l’Education, qui permet à des personnes ayant une incapacité à la parole de pouvoir communiquer d’une manière fonctionnelle et autonome.

Ce système de communication par échange d’images peut être enseigné dans tous les endroits de vie par des professionnels ou des parents. Il ne nécessite pas de matériel coûteux ou complexe et n’implique aucun pré-requis.

Lucie B., Biologiste spécialisée en E-santé

– Recommandations sur le dépistage et le diagnostic de l’autisme. HAS. – Consulté le 29 juin 2017.
– Association « Vaincre l’autisme, avec vous on peut en guérir ». Site internet. – Consulté le 29 juin 2017.
– Ministère des Solidarités et de la Santé. Site gouvernemental. – Consulté le 29 juin 2017.
– Volontaires pour les personnes avec autisme. Site internet. – Consulté le 29 juin 2017.

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