2026 : quels médicaments sont à écarter pour mieux soigner ?
Depuis quatorze ans, Prescrire publie un bilan annuel des médicaments utilisés en France et dans l’Union européenne, à éviter dans toutes les situations cliniques. Faisons le point sur les médicaments identifiés, par les professionnels de santé travaillant pour la revue mensuelle Prescrire, comme des médicaments véhiculant plus de risques que de bénéfices.

Une centaine de références à éviter
Cette liste de médicaments, mise à jour chaque année par la reçue Prescrire comporte des médicaments ajoutés ou des médicaments retirés par suite d’un arrêt de leurs commercialisations sur décision de l’entreprise pharmaceutique ou des autorités sanitaires. Certains aussi ne figurent plus dans la liste, car ils sont en cours de réévaluation par les équipes de Prescrire à la lumière de nouvelles données médicales et scientifiques.
Pour cette année 2026, 108 médicaments, dont 89 commercialisés en France, sont jugés « plus dangereux qu’utiles » par la revue Prescrire.
Il s’agit de produits pharmaceutiques fréquemment utilisés qui, pour certains, peuvent provoquer des effets indésirables et pour d’autres, de graves conséquences allant de l’hospitalisation au décès.
La liste noire établie par Prescrire pour 2026, disponible et consultable sur ce lien, contient 108 médicaments déconseillés, dont 89 sont commercialisés en France. Ils ont, en effet, une balance bénéfices-risques défavorable dans toutes les situations cliniques figurant dans l’AMM (autorisation de mise sur le marché).
On retrouve, entre autres, dans cette liste noire, 8 médicaments en cancérologie, greffes et hématologie, 12 pour la cardiologie, 5 en dermatologie, 8 en nutrition et diabète, 20 en rhumatologie et douleurs, 9 en gastro entérologie, 13 en neurologie, 9 en pneumologie, et 11 en psychiatrie.
Les ajouts à la liste entre le bilan 2025 et le bilan 2026
Prescrire ajoute cette année quatre médicaments à écarter dans la liste. Leurs balances bénéfices/risques sont déséquilibrées : ces médicaments exposent les patients à des effets indésirables disproportionnés au regard de leurs efficacités. Il peut s’agir sur ce point d’une absence de démonstration de l’efficacité ou d’une efficacité incertaine ou trop faible par rapport à une prise de placebo.
Ces quatre médicaments sont :
- L’andexanet alfa (Ondexxya – non commercialisé en France), réservé à l’usage hospitalier en raison d’une hémorragie incontrôlée ou menaçant le pronostic vital. Il expose à des accidents thrombo-embolitiques graves par comparaison à des soins usuels ;
- La chondroïtine, indiqué dans le traitement de la hanche et du genou. La molécule expose à des effets indésirables parfois graves, dont des réactions d’hypersensibilité (érythèmes, urticaires, œdèmes de Quincke) ;
- Le fézolinétant indiqué pour la ménopause, traitement des bouffées de chaleur. Il expose à une hépatotoxicité, des troubles digestifs et neuropsychiques ainsi que diverses douleurs ;
- Le géfapixant indiqué lors de toux chronique réfractaire, il expose à des troubles du goût très fréquent, des pneumonies et des lithiases urinaires.
Les retraits de la liste noire entre 2025 et 2026
Deux médicaments ont été retirés cette année de la liste noire : l’acide obéticholique et le piracétam.
L’acide obéticholique (exOcaliva°), un dérivé d’acide biliaire, n’est plus autorisé dans les cholangites biliaires primitives.
En effet, il n’améliore pas la situation clinique des patients, ni en monothérapie ni en association avec l’acide ursodéoxycholique (Delursan° ou autre). Il aggrave souvent les principaux symptômes de la maladie (prurit et fatigue) et expose potentiellement à des effets indésirables hépatiques graves, parfois mortels.
Le piracétam (Nootropyl° ou autre) est quant à lui un “psychostimulant”, autorisé dans diverses pathologies comme les vertiges, les déficits cognitifs et neurosensoriels des personnes âgées, la dyslexie chez les enfants et les myoclonies d’origine corticale.
Après réanalyse en 2025 de sa balance bénéfices risques dans les myoclonies corticales, il apparait que le piracétam a un intérêt clinique possible, mais incertain dans cette situation rare. Et aussi, comme le bilan ne recense que les médicaments plus dangereux qu’utiles dans toutes les indications figurant dans leur AMM, le piracétam a été retiré de la liste.
En conclusion de son document, la rédaction de Prescrire précise : « Outre la démarche active des soignants pour écarter de leur panoplie thérapeutique ces médicaments que les firmes persistent à commercialiser, les autorités de santé ont aussi à prendre des dispositions concrètes qui protègent les patients et incitent les soignants et les patients à s’orienter vers des traitements à balance bénéfices risques favorable. Fin 2025, il n’y a pas de raison valable pour que ces médicaments plus dangereux qu’utiles restent autorisés et disponibles sur le marché ».
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