2026 : la santé mentale nommée une année de plus comme Grande cause nationale
Pour la deuxième année consécutive, la santé mentale labellisée « Parlons santé mentale ! » est nommée Grande Cause Nationale. Revenons sur les conclusions de la commission d’enquête sur la santé mentale de décembre 2025, des annonces du Gouvernement et des réactions de l’Unafam, l’Union nationale de familles et amis de personnes malades et/ou handicapées psychiques.

Prise en charge de la santé mentale : l’état des lieux
Le 17 décembre, la commission d’enquête sur « les défaillances des politiques publiques de prise en charge de la santé mentale et du handicap » a rendu ses conclusions.
Son rapporteur, le député socialiste Sébastien Saint-Pasteur, dénonce des « défaillances criantes » dans la prise en charge et préconise la création d’une « agence nationale de l’étude d’impact », dont le premier chantier serait d’évaluer la politique de santé mentale, dans le cadre de la deuxième année de grande cause nationale.
La commission constate une dégradation marquée de la santé mentale, en particulier chez les jeunes et les personnes âgées. Dans un contexte de parcours se soins complexes, d’un manque de professionnels et de fortes inégalités territoriales. La situation est notamment jugée critique dans les urgences psychiatriques.
Un déficit de stratégie est pointé du doigt compte tenu des dépenses massives : 27,8 milliards d’euros de dépenses de santé directes en 2023 pour la santé mentale (dont 8,3 milliards d’euros de psychotropes). Un chiffre en hausse de 22,5% depuis 2019.
Face à ce constat, le rapport formule plusieurs propositions :
- Renforcer la prévention ;
- Mieux organiser l’offre de soins en fonction des réalités territoriales (limiter dès que possible le recours à l’hospitalisation par exemple) ;
- Instaurer une culture de l’évaluation et de l’étude d’impact, en intégrant la notion de coûts évités.
La commission préconise la création d’une agence nationale de l’étude d’impact chargée de stabiliser des méthodologies et de mobiliser les ressources existantes de manière pluridisciplinaire. Une approche qui se retrouve par ailleurs davantage dans les pays anglo-saxons.
Le premier chantier de cette agence porterait sur une évaluation profonde et systémique de la question de la santé mentale à l’occasion de la prolongation de la grande cause nationale.
Prolongement du statut de grande cause nationale : la vision gouvernementale
Le slogan « Parlons santé mentale ! » entendu tout au long de l’année 2025 se poursuivra sur 2026. L’objectif ? Libérer et décomplexer la parole sur la santé mentale au sein de la société.
« Les enjeux de santé mentale touchent une famille sur cinq dans notre pays notamment les jeunes. Au-delà de la déstigmatisation, faire face et accompagner les familles exige une action commune des ministères et des administrations, des associations, des entreprises et des collectivités locales. Voilà pourquoi cette grande cause mérite d’être prolongée » a commenté le 27 novembre Michel Barnier, député de Paris et ancien Premier ministre, lors d’une .
Comme le précise le site officiel du Gouvernement : « 2026 permettra de consolider le travail déjà engagé et d’accélérer la transformation amorcée ».
Poursuivre le travail est une priorité pour 2026. Soulignons par ailleurs que l’action publique, au sommet de l’Etat, a été fortement paralysée par l’instabilité gouvernementale de 2025. Ce contexte a impacté négativement l’avancement des projets liés à la santé mentale.
Pour les autorités sanitaires, les questions et problématiques liées à santé mentale doivent s’inscrire davantage dans la vie quotidienne de chacun.
Pour se faire, davantage d’initiatives, à l’échelle locale dans les territoires, seront déployées. Cela se concrétisera notamment par plus de ressources humaines et davantage de données informatives. Tous les services publics devront alors se saisir des sujets en santé mentale, autant l’éducation que l’aménagement urbain. Mais aussi, les entreprises, les clubs sportifs ou le tissu associatif,
« L’objectif est d’aller plus loin : renforcer la coordination interministérielle, amplifier le soutien aux familles, aux associations et aux territoires, et poursuivre l’élan collectif qui a émergé en 2025 », indique le Gouvernement.
Réactions de l’Unafam
Pour l’Union nationale de familles et amis de personnes malades et/ou handicapées psychiques ou Unafam, cette reconduction est une bonne décision. Pour cette association reconnue d’utilité publique et fédérant 16 000 familles adhérentes, il est nécessaire de passer à l’action pour briser le silence, et qu’aucune personne n’ait plus honte de s’exprimer lorsqu’elle, ou son proche, rencontre une difficulté de santé mentale.
L’Unafam insiste néanmoins sur le besoin de mise en place de mesures concrètes et d’une nécessaire réorganisation de la psychiatrie. L’association, dotée de 112 délégations départementales et régionales, a formulé 48 propositions en ce sens cette année.
« L’Unafam attend de la prolongation de la Grande Cause nationale en 2026 que le gouvernement se saisisse vraiment de ce sujet, et coordonne l’action interministérielle nécessaire pour améliorer la prévention, l’accès précoce à des soins psychiatriques de qualité et soutienne dans leur environnement toutes les personnes confrontées à une maladie psychique afin qu’elles se rétablissent » précise Emmanuelle Rémond, présidente de l’Unafam, dans une lettre publiée sur le site de l’association.
– « Parlons santé mentale ! » : la grande cause nationale prolongée en 2026. www.santementale.fr. Consulté le 29 décembre 2025.
– Lettre de la Présidente : La Grande Cause Santé Mentale, c'est (re)parti !. www.unafam.org. Consulté le 29 décembre 2025.
– Santé mentale et handicap : la commission d'enquête appelle à s'appuyer sur l'évaluation d'impact pour investir dans la prévention. www.banquedesterritoires.fr. Consulté le 29 décembre 2025.
Cet article vous a-t-il été utile ?