Blue Monday : un mythe médiatique, la dépression hivernale une réalité clinique

Par |Publié le : 23 janvier 2026|Dernière mise à jour : 23 janvier 2026|4 min de lecture|

Chaque mois de janvier, le Blue Monday refait surface dans les médias et sur les réseaux sociaux. Ce fameux « lundi le plus déprimant de l’année » est censé concentrer fatigue, baisse de moral et perte de motivation. Pourtant, ce concept ne repose sur aucune base scientifique. Faut-il pour autant balayer d’un revers de main la morosité hivernale ? Pas vraiment. Car si le Blue Monday est un mythe, la dépression hivernale, elle, est bien réelle. Alors, comment faire la différence ? Et surtout, comment agir sans banaliser ni dramatiser ? On fait le point.

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Le Blue Monday : une construction marketing, pas un concept médical

Le Blue Monday est né en 2005, à l’initiative de Cliff Arnall, présenté à l’époque comme psychologue, dans le cadre d’une campagne publicitaire pour une agence de voyages britannique. La date aurait été calculée à partir d’une équation mêlant météo, dettes post-fêtes, motivation et résolutions abandonnées.

Repris depuis tous les ans, ce conceptn’a pourtant aucune validité scientifique. Son auteur lui-même a reconnu par la suite qu’il ne s’agissait pas d’un travail de recherche, mais d’une opération de communication.

Plusieurs spécialistes et institutions ont depuis déconstruit cette idée, rappelant qu’il n’existe aucun jour objectivement plus déprimant qu’un autre. Cette approche repose sur des variables non mesurables et ne correspond pas aux critères utilisés en santé mentale pour évaluer un trouble de l’humeur. Réduire le mal-être psychique à une date unique peut même être problématique, en donnant l’illusion qu’il s’agit d’un phénomène ponctuel et anodin.

Dépression hivernale et trouble affectif saisonnier : de quoi parle-t-on vraiment ?

Si le Blue Monday n’a pas de fondement médical, l’hiver peut néanmoins peser sur le moral. Beaucoup de personnes ressentent ce que l’on appelle le blues hivernal : une baisse transitoire d’énergie et d’entrain, souvent liée au manque de lumière, au froid et à la réduction des activités extérieures.

Dans certains cas, cette baisse de moral peut évoluer vers une dépression saisonnière, aussi appelée trouble affectif saisonnier (TAS). Il s’agit d’une forme de dépression reconnue, qui apparaît généralement à l’automne ou en hiver et s’améliore au printemps.

Les mécanismes en cause sont multiples, mais les spécialistes évoquent notamment :

  • Un déficit d’exposition à la lumière naturelle, perturbant l’horloge biologique ;
  • Des modifications de la sécrétion de la mélatonine et de la sérotonine, impliquées dans la régulation de l’humeur ;
  • Une désynchronisation du rythme veille-sommeil, source de fatigue et de troubles cognitifs.

Les symptômes peuvent associer tristesse persistante, perte d’intérêt, fatigue marquée, troubles du sommeil, modifications de l’appétit et, dans les formes plus sévères, idées noires.

À savoir !Quand la dépression hivernale nécessite un avis médical

Une baisse de moral passagère en hiver est fréquente et n’est pas toujours préoccupante. En revanche, certains signes doivent conduire à consulter un professionnel de santé, notamment lorsque les symptômes :
Durent plusieurs semaines sans amélioration ;
Impactent le quotidien, le travail ou la vie sociale ;
S’accompagnent d’une perte d’intérêt marquée pour les activités habituellement appréciées ;
S’associent à des troubles importants du sommeil ou de l’appétit ;
Incluent des idées noires ou suicidaires, qui nécessitent une prise en charge rapide.

La prise en charge repose sur une approche globale et personnalisée, qui peut associer un suivi psychologique, des mesures d’hygiène de vie adaptées, la luminothérapie, et, dans certains cas, un traitement médicamenteux prescrit par un médecin.

Comment limiter la déprime hivernale au quotidien ?

Lorsque la baisse de moral reste modérée et passagère, certains leviers simples peuvent aider à mieux traverser l’hiver.

Parmi les plus utiles :

  • S’exposer à la lumière du jour dès que possible, idéalement chaque matin ;
  • Maintenir une activité physique régulière, même modérée, de préférence en extérieur ;
  • Préserver des horaires de sommeil réguliers, sans excès de siestes ou de temps passé au lit ;
  • Entretenir les liens sociaux, même lorsque l’envie de s’isoler est forte ;
  • Garder des routines simples, qui structurent les journées et limitent le repli.

Ces mesures ne remplacent pas un suivi médical, mais elles peuvent contribuer à prévenir l’aggravation d’un mal-être saisonnier.

Si le Blue Monday n’est qu’un concept publicitaire sans valeur scientifique, en revanche, la dépression hivernale est une réalité clinique, qui mérite d’être reconnue et prise au sérieux. Plutôt que de focaliser sur une date symbolique, l’enjeu est d’apprendre à repérer les signes de mal-être, à adopter des stratégies de prévention simples, et à consulter sans attendre lorsque les symptômes s’installent.

Sources
– Série « La psychologie peut vous aider » : Le trouble affectif saisonnier (dépression saisonnière). cpa.ca. Consulté le 21 janvier 2026.
– Trouble Affectif Saisonnier Seasonal affective disorder. www.rcpsych.ac.uk. Consulté le 21 janvier 2026.

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Julie R.
Infirmière pendant 15 ans, dont 10 en pédiatrie, Julie R. est animée par une passion pour la santé, l'écologie et les sciences. Spécialisée en rédaction web SEO, alliant respect de notre charte HIC et approche humaine, elle met son expérience au service d’une meilleure compréhension de la santé pour le plus grand nombre