Chikungunya : pourquoi ce virus inquiète de plus en plus les Français ?

Par |Publié le : 9 mars 2026|Dernière mise à jour : 26 février 2026|3 min de lecture|

Longtemps associé aux zones tropicales, le chikungunya progresse aujourd’hui en France hexagonale. Selon un récent sondage OpinionWay, plus de 4 Français sur 10 déclarent avoir peur de cette maladie transmise par le moustique tigre. Une inquiétude qui s’explique par l’augmentation des cas et par l’impact parfois durable de l’infection sur la qualité de vie.

Chikungunya

Le chikungunya est une maladie virale transmise par la piqûre de moustiques du genre Aedes, dont le moustique tigre. Dans le monde, plus de 445 000 cas ont été recensés en 2025, notamment en Amérique latine, en Afrique, en Asie et dans l’océan Indien. Face à cette progression, l’Organisation mondiale de la santé a alerté sur le risque d’épidémies dans de nouvelles zones.

En France, la situation évolue également. Le moustique tigre est désormais implanté dans 81 départements, favorisant une transmission locale du virus. En 2025, près de 2 000 cas importés ont été signalés, mais surtout plus de 700 cas autochtones, c’est-à-dire contractés sur le territoire, un chiffre inédit. Les autorités sanitaires estiment que le risque d’épidémies liées aux maladies transmises par les moustiques pourrait augmenter dans les années à venir.

Une maladie rarement mortelle mais parfois invalidante

Si le chikungunya est rarement mortel, il peut avoir des conséquences importantes. La majorité des personnes infectées développe une forte fièvre associée à des douleurs articulaires intenses, souvent très invalidantes. Chez une partie des patients, ces symptômes peuvent évoluer vers une forme chronique, avec une fatigue persistante et des douleurs articulaires durant plusieurs mois, voire plusieurs années.

Cette perspective explique en partie la crainte exprimée par la population. D’après le sondage OpinionWay, 34 % des Français se sentent à risque de contracter le virus en métropole, une proportion qui grimpe à 67 % lorsqu’ils voyagent dans des régions du monde où le chikungunya est présent.

Comment limiter la transmission du chikungunya ?

La prévention repose sur des actions collectives et individuelles. À l’échelle collective, la lutte contre les moustiques passe par l’élimination des eaux stagnantes, véritables gîtes larvaires, et par des opérations de démoustication lorsque cela est nécessaire.

À titre individuel, plusieurs mesures permettent de réduire le risque de piqûre : porter des vêtements couvrants, utiliser des répulsifs cutanés adaptés, installer des moustiquaires et éviter l’exposition aux moustiques, notamment en début et en fin de journée. Les voyageurs se rendant dans des zones à risque doivent être particulièrement vigilants.

La vaccination peut également être envisagée dans certains cas, selon le profil des personnes et les recommandations sanitaires en vigueur. Elle s’inscrit comme un outil complémentaire de prévention, en particulier pour les personnes exposées de manière répétée.

Face à l’extension du moustique tigre et à l’augmentation des cas, les autorités sanitaires rappellent l’importance d’une vigilance durable. La prévention reste aujourd’hui le moyen le plus efficace de limiter la transmission du chikungunya et d’en réduire l’impact sur la santé publique.

Sources

Cet article vous a-t-il été utile ?

Merci pour votre avis !
Peggy Cardin
Peggy Cardin
Journaliste spécialisée en santé
Peggy Cardin-Changizi Journaliste spécialisée en santé depuis plus de vingt ans. Elle traite des sujets de prévention, de santé publique et de médecine au quotidien, avec pour objectif de rendre l'information médicale claire, fiable et accessible à tous. Rédige un contenu scientifique fiable avec des sources vérifiées en respect de notre charte HIC.