Don d’organes : parlons-en !

Jun 21, 2017 par

En 2016, 22 617 personnes étaient inscrites sur les listes d’attente et seulement 5 891 d’entre elles ont pu être greffées. Malgré l’importance de la question du don d’organes, elle n’est pas facile à aborder auprès des Français. Santé sur le Net fait le point.

don d’organes

Le don d’organes, une priorité

Depuis la loi de bioéthique du 7 juillet 2011, le don d’organes est une priorité nationale. Afin de répondre aux besoins, l’Agence de la biomédecine, en charge du prélèvement et de la greffe d’organe et de tissus, multiplie les actions de communication envers le grand public. L’Agence se mobilise autour du message « Vous avez le choix dites-le simplement à vos proches, maintenant ».

En effet, dans plus d’un cas sur trois le prélèvement d’organes, lorsqu’il est possible, est refusé. Cela peut sembler curieux lorsque l’on sait qu’une étude réalisée par l’Agence de la Biomédecine en 2006 dévoilait que près de 85% des Français étaient favorables au don d’organes.  Le refus de prélèvement peut être à l’initiative du défunt lui-même, mais généralement c’est la famille qui s’y oppose. Souvent, les proches ne sachant pas ce que le défunt aurait souhaité, préfèrent refuser les prélèvements par précaution.

Les efforts de l’Agence et des diverses associations portent néanmoins leurs fruits. Les chiffres de 2016 concernant le don d’organes sont encourageants :

  • En 5 ans (2012 à 2016) le nombre de greffes a augmenté de 17% ;
  • Les prélèvements sont restés stables entre 2015 et 2016 avec 1 770 donneurs en 2016 ;
  • Le nombre de greffes a augmenté de 2.5% entre 2015 et 2016 avec 5 891 greffés en 2016.

Cependant, le nombre de personnes nécessitant une greffe continue d’augmenter et malgré une légère baisse, le nombre de refus de prélèvement reste élevé (33.7%). Il y a donc encore beaucoup de pain sur la planche avant de pouvoir répondre à l’ensemble des besoins de greffe.

Le principe du consentement présumé

Selon la loi française (depuis 1976), nous sommes tous donneurs sauf opposition de notre part. Ainsi, en théorie, ne pas s’inscrire sur le registre national des refus, ou ne pas parler de son opposition à ses proches revient à accepter de donner ses organes. On parle de consentement présumé.

En pratique, les dispositions évoquées avant de la loi de 1976 ne sont pas strictement appliquées. Depuis de nombreuses années, lors du décès d’un potentiel donneur, les équipes médicales consultent le registre national des refus de don d’organes. Si le défunt n’a pas laissé de consignes de son vivant, la famille est sollicitée pour la décision finale.

Par ailleurs, un nouveau décret de la loi sur le don d’organes, prévoit de renforcer le consentement présumé, en ouvrant la voie à d’autres moyens d’exprimer son refus :

  • Inscription au registre national des refus ;
  • Papier écrit de la main du défunt (daté et signé) remis à un proche ;
  • Opinion transmise de vive-voix à un proche chargé d’en attester à l’équipe médicale. Une retranscription écrite, daté et signé par un proche, doit mentionner les circonstances de l’expression du refus.

Afin de garantir au maximum le respect de l’avis du défunt, dès 2018, les proches du défunt ne seront plus consultés, mais uniquement informés des prélèvements envisagés. Ainsi, si le défunt n’a pas de son vivant exprimé son refus selon les moyens à dispositions, il sera plus difficile pour la famille de s’opposer au prélèvement.

Donc, pour préserver son entourage dans un moment aussi éprouvant, il convient à chacun de s’interroger et de faire connaître sa décision, à fortiori lors d’un refus de prélèvement.

Charline D., Pharmacien

– Le don, le prélèvement et la greffe d’organes : une priorité nationale, un enjeu pour l’Agence. Agence de la biomédecine. Le 16 février 2017.
– Don d’organes et évolutions des modalités de refus de prélèvement au 1er janvier 2017. Agence de la biomédecine. Le 3 novembre 2016.
Charline D.
Pharmacienne.
Spécialiste dans le domaine des essais cliniques et passionnée de neurologie.
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