L’éradication du cancer du col de l’utérus, enfin possible ?

Aug 24, 2017 par

Le cancer du col de l’utérus touche chaque année 3000 femmes. Pourtant, il peut être évité grâce à un dépistage précoce via la réalisation régulière de frottis et la vaccination anti-HPV. Les médecins et grandes institutions se mobilisent pour promouvoir la lutte contre le cancer du col de l’utérus.

eradication du cancer du col de l'utérus

Cancer du col de l’utérus en France

Le cancer du col de l’utérus est le 12ème cancer le plus fréquent chez la femme. Il se manifeste généralement dans les 15-20 ans qui suivent une infection par un papillomavirus (HPV). Ces virus transmis par voie sexuelle, sont habituellement éliminés par l’organisme. Dans certains cas, le virus persiste et provoque des lésions utérines susceptibles d’évoluer en cancer.

A savoir !   Le cancer du col de l’utérus est le premier à être reconnu par l’OMS comme étant causé à 100% par un virus. A ce jour, une vingtaine de papillomavirus ont été identifiés comme responsables du cancer du col de l’utérus. Le plus fréquent, impliqué dans plus de la moitié des cas, est le HPV 16.

En 2015, le nombre de nouveaux cas estimés en France s’élevait à 2 797. La même année, le nombre de décès liés à ce cancer était de 1 092. La survie était évaluée à 66% à 5 ans et 59% à 10 ans. Enfin, l’âge moyen du diagnostic était de 51 ans, en 2012.

Cependant, depuis 20 ans, le nombre de nouveaux cas de ce type de cancer est en diminution. Notamment, grâce au dépistage des lésions précancéreuses par la réalisation de frottis cervico-utérin régulière.

A savoir ! Un frottis cervico-utérin est le prélèvement (à l’aide d’une petite brosse ou spatule) de cellules au niveau du col de l’utérus permettant de vérifier qu’il n’y a pas de lésions précancéreuses ou un début de cancer. Cet examen est indolore et prend que quelques minutes. Le frottis est recommandé pour toutes les femmes âgées de 25 à 65 ans, tous les 3 ans, après 2 premiers frottis normaux à 1 an d’intervalle.

Chaque année, 31 000 lésions précancéreuses ou cancéreuses sont ainsi détectées. On estime que 9 cancers sur 10 pourraient être évités grâce à un dépistage régulier de l’ensemble des femmes.

La vaccination anti-HPV est également un moyen de se prémunir de l’infection au papillomavirus susceptible d’entraîner un cancer du col de l’utérus. En effet, on estime que près de 80% des femmes seront un jour exposées aux virus en cause dans 70% des cancers du col de l’utérus. Ainsi, la vaccination est recommandée dès l’âge de 11 ans. Un rattrapage est possible jusqu’à 20 ans.

Cancer du col de l’utérus : bientôt de l’histoire ancienne ?

Plusieurs grandes institutions internationales comme l’Organisation mondiale de la santé ou l’Unicef s’engagent auprès de la Fédération internationale des gynécologues et obstétriciens (FIGO) pour lancer un appel à l’action pour la fin du cancer du col de l’utérus.

Ils annoncent que l’éradication du cancer est possible et que tous les outils sont à disposition pour l’enrayer : la vaccination et le frottis cervico-utérin. En effet, la vaccination a montré son efficacité et permis une diminution spectaculaire des infections et maladies du col de l’utérus. Cependant, on estime que seuls 3% des femmes pouvant en bénéficier sont vaccinées. Il est donc nécessaire d’adapter les programmes de vaccination afin qu’un maximum de femmes en bénéficie.

Il est nécessaire d’augmenter et d’adapter les ressources à la fois financières et humaines sur des programmes concernant toutes les femmes, y compris les plus marginales ou issues des milieux les plus défavorisés. Finalement, ils défendent plusieurs actions ciblant entre autres, le prix des produits et prestations, l’amélioration des programmes de santé publique et le renforcement de la vaccination, du dépistage et du traitement du cancer.

Charline D., Pharmacien

– Cancer du col : et si on l’éradiquer ? JIM. Le 8 août 2017.
– Le frottis de dépistage. INCa. Le 6 janvier 2017.
– La vaccination anti-HPV et cancer du col de l’utérus. INCa. Le 24 avril 2017.
– Cancer du col de l’utérus et papillomavirus. Institut Pasteur. Consulté le 21 août 2017.

Charline D.
Pharmacienne.
Spécialiste dans le domaine des essais cliniques et passionnée de neurologie.
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