Le jeûne intermittent chez la femme : bénéfices, risques et limites selon l’âge
Le jeûne intermittent s’est largement popularisé ces dernières années. Il est souvent présenté comme une méthode simple pour améliorer la santé, prévenir certaines maladies ou encore ralentir le vieillissement. Pourtant, derrière cet engouement médiatique, les données scientifiques sont plus nuancées, en particulier chez les femmes. Les réponses de l’organisme au jeûne varient selon le sexe, l’âge et le contexte hormonal. Quels bénéfices sont réellement étayés par la recherche ? Quels risques spécifiques concernent les femmes ? Et dans quelles situations cette pratique doit-elle être évitée ? Voici ce qu’il faut savoir.

Quels sont les bénéfices potentiels du jeûne intermittent ?
Le jeûne intermittent correspond à une alternance de périodes d’alimentation et périodes de jeûne, sans nécessairement réduire la qualité des aliments consommés.
Les formats les plus connus sont :
- Le 16/8 : jeûne d’environ 16 heures avec une fenêtre alimentaire de 8 heures ;
- Le 14/10 : version plus souple, parfois mieux tolérée ;
- Les schémas plus restrictifs (5:2, jeûne de 24 heures), qui exposent à davantage de risques et sont déconseillés sans encadrement médical.
Le jeûne intermittent est souvent présenté comme bénéfique pour la santé. Certains effets positifs sont effectivement suggérés, mais leur niveau de preuve reste variable, et les résultats doivent être interprétés avec prudence, en particulier chez la femme.
Effets sur le poids et le métabolisme
Plusieurs études suggèrent que le jeûne intermittent peut, chez certaines personnes :
- Contribuer à une perte de poids modérée, principalement liée à une diminution de l’apport calorique global ;
- Améliorer certains paramètres métaboliques, comme la sensibilité à l’insuline ou la régulation de la glycémie.
Ces effets ne sont toutefois ni constants ni spécifiques du jeûne intermittent. Ils varient fortement selon le profil individuel, le type de jeûne pratiqué et la qualité globale de l’alimentation. Chez la femme, les réponses sont souvent plus hétérogènes, en lien avec l’âge, le statut hormonal et l’équilibre nutritionnel.
Santé cardiovasculaire et prévention métabolique
Certaines études observationnelles rapportent :
- Une amélioration de paramètres associés au risque cardiovasculaire (taux de lipides sanguins, pression artérielle) ;
- Une possible réduction du risque de diabète de type 2.
Ces observations restent cependant difficiles à interpréter, car elles sont étroitement liées à d’autres facteurs, comme la perte de poids, l’activité physique ou des changements alimentaires concomitants. À ce jour, aucune recommandation officielle ne préconise le jeûne intermittent comme stratégie de prévention cardiovasculaire ou métabolique.
Autophagie, vieillissement et maladies chroniques : un intérêt encore théorique
Le jeûne intermittent est également associé à l’activation de l’autophagie, un mécanisme de nettoyage cellulaire. Ce processus suscite un intérêt croissant dans la recherche, notamment pour :
- Le vieillissement cellulaire ;
- Les maladies neurodégénératives ;
- Certaines pathologies chroniques.
À ce stade, l’autophagie constitue une piste de recherche prometteuse, mais pas un argument clinique validé en faveur du jeûne intermittent.
Jeûne intermittent chez la femme : des risques dépendants de l’âge
Chez les femmes en âge de procréer
Chez les femmes non ménopausées, le jeûne intermittent peut perturber l’équilibre hormonal lorsque les apports énergétiques deviennent insuffisants.
Des effets indésirables ont été observés :
- Troubles du cycle menstruel ;
- Fatigue persistante ;
- Baisse de la vitalité ;
- Risque augmenté de troubles du comportement alimentaire, en particulier chez les femmes déjà vulnérables.
Une restriction mal adaptée peut être interprétée par l’organisme comme un stress métabolique.
Grossesse et allaitement : une contre-indication claire
Pendant la grossesse et l’allaitement :
- Les besoins énergétiques et nutritionnels sont augmentés ;
- Les apports doivent être réguliers et suffisants.
Le jeûne intermittent est formellement déconseillé, en raison des risques potentiels pour le développement du fœtus et la santé de la mère et du nourrisson.
Chez les femmes ménopausées
Après la ménopause, les modifications hormonales influencent le métabolisme osseux et la santé cardiovasculaire.
Dans ce contexte, le jeûne prolongé peut favoriser :
- Des troubles du rythme cardiaque ;
- Une perte de densité osseuse ;
- Des carences nutritionnelles, si les apports ne sont pas adaptés.
Les femmes ménopausées constituent une population plus à risque face aux restrictions alimentaires.
Une balance bénéfices-risques à évaluer individuellement
Les données actuelles suggèrent que le jeûne intermittent peut être bien toléré chez certains adultes, mais ses bénéfices ne sont ni universels ni systématiques. Chez la femme, en particulier selon l’âge et le contexte hormonal, les risques potentiels peuvent contrebalancer les bénéfices attendus, notamment en cas de restriction excessive ou prolongée.
Les pratiques de jeûne intermittent controversées
Sous l’appellation de jeûne intermittent coexistent des pratiques très différentes. Leur popularité sur les réseaux sociaux peut prêter à confusion et conduire à des usages inadaptés, voire dangereux.
Jeûnes restrictifs 5:2 et Eat-Stop-Eat
Le jeûne 5:2 repose sur une alimentation habituelle cinq jours par semaine, associée à deux jours non consécutifs de restriction calorique sévère (environ 500 à 600 kcal par jour). La méthode Eat-Stop-Eat va plus loin, en proposant des jeûnes complets de 24 heures, une à deux fois par semaine, sans apport calorique.
Ces formats ont en commun des périodes prolongées avec des apports très insuffisants. Chez les femmes, cela peut perturber l’équilibre nutritionnel et rendre la pratique néfaste, notamment en fonction de l’âge et du contexte hormonal.
Jeûne prolongé sans apport
Le jeûne prolongé sans apport consiste à ne consommer que de l’eau pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines. En dehors d’un cadre médical strict, il n’a pas montré de bénéfices clairement établis pour la santé. Chez certaines personnes, notamment les plus fragiles, ce type de jeûne peut avoir des conséquences sérieuses, parfois graves, sur l’organisme. C’est pourquoi il est déconseillé sans avis et suivi médical.
Dérives sectaires et discours pseudo-scientifiques
Certaines pratiques de jeûne sont portées par des discours idéologiques ou pseudo-scientifiques, présentant le jeûne comme une méthode de guérison ou une alternative aux traitements médicaux validés.
Ces discours, parfois associés à des dérives sectaires, reposent sur des promesses non fondées scientifiquement. Ils peuvent conduire à des comportements à risque, en particulier chez des personnes vulnérables ou atteintes de maladies chroniques.
Les autorités sanitaires rappellent que le jeûne ne doit jamais se substituer à un traitement médical et que toute pratique restrictive prolongée doit faire l’objet d’un avis médical préalable.
Le jeûne intermittent suscite un intérêt croissant, mais il ne constitue ni une solution universelle ni une pratique anodine, en particulier chez les femmes. Les données scientifiques disponibles suggèrent des bénéfices possibles dans certains contextes, mais aussi des limites et des risques qui varient fortement selon l’âge, le statut hormonal et l’état de santé. Une approche individualisée est indispensable, et certaines situations constituent de véritables contre-indications. Avant d’envisager un jeûne intermittent, un avis médical reste essentiel, afin de privilégier une démarche équilibrée, sécurisée et adaptée aux besoins de chacune.
– Jeûne intermittent : un nettoyage cellulaire pour une meilleure santé ?. www.pasteur.fr. Consulté le 22 décembre 2025.
– Le jeûne à visée préventive ou thérapeutique. sante.gouv.fr. Consulté le 22 décembre 2025.
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