Une infection peut être provoquée par un certain nombre de germes tels que les bactéries, les virus ou les champignons. Quand l’origine est bactérienne, le traitement repose sur la prescription d’antibiotique. Un antibiogramme est un examen médical permettant de déterminer lequel, parmi l’ensemble des antibiotiques disponibles est le plus adapté à la situation du patient.

Antibiogramme

Définition et objectif d’un antibiogramme

Un antibiogramme est défini comme étant un examen bactériologique ayant pour but d’apprécier la sensibilité et la résistance de la bactérie face à plusieurs antibiotiques  lors d’une infection.

On détermine le plus souvent un paramètre appelé : la concentration minimale d’inhibition (CMI) qui est la concentration antibiotique la plus faible capable de bloquer la croissance bactérienne. Autrement dit, la CMI détermine la quantité d’antibiotique nécessaire pour stopper la croissance bactérienne. Ainsi, grâce aux résultats de l’antibiogramme, le médecin va pouvoir prescrire l’antibiotique le plus efficace pour traiter l’infection du patient.

À savoir ! Un autre paramètre existe : la concentration minimale bactéricide ou CMB, qui est la concentration la plus basse d’antibiotique permettant la destruction de pratiquement 100% des bactéries présentes.

Cependant, un antibiogramme n’est pas nécessaire à chaque infection bactérienne. En effet, nombre d’entres elles sont soignées de manière « probabiliste », simplement sur l’appréciation du médecin qui choisit un antibiotique selon la localisation et la sévérité des symptômes. Ainsi, souvent, aucun examen complémentaire n’est nécessaire.

Finalement, en pratique, un antibiogramme est réalisé pour les infections plus graves, chez les patients les plus fragiles ou lorsque le traitement probabiliste a échoué.

Précautions

Il ne faut jamais débuter un traitement antibiotique en automédication. En effet, en cas de réalisation d’un antibiogramme, les résultats ne seraient pas fiables et l’infection plus difficile à traiter.

Déroulement de l’examen

Selon les symptômes présents chez le patient, le prélèvement peut varier : sang, selles, urines, sécrétions vaginales, liquide céphalo-rachidien, etc.

À savoir ! La technique de prélèvement est dépendante de la zone concernée par l’infection. Un prélèvement peut donc être obtenu par de nombreuses manières, par exemple une ponction lombaire pour le liquide céphalo-rachidien, une prise de sang, un simple recueil des urines ou des selles dans un flacon, une aspiration des sécrétions, etc.

Ce dernier est ensuite envoyé dans un laboratoire d’analyses afin de déterminer l’origine des manifestations et de poser le diagnostic.

Lorsqu’une ou plusieurs bactéries sont mises en évidence dans le prélèvement, elles sont placées en culture afin d’être identifiées. Ce n’est qu’une fois, que le biologiste connaît l’identité de la ou des bactéries en cause, qu’il prend la décision de faire ou non un antibiogramme.

À savoir ! Toutes les analyses sont réalisées sur le même prélèvement initial ayant permis d’établir le diagnostic.

Un antibiogramme consiste à mettre en contact un antibiotique (disque pré-imprégné d’une dose connue d’antibiotique) avec des colonies de bactéries précédemment obtenues par la mise en culture du prélèvement. L’antibiotique diffuse à partir du disque en formant un gradient de concentration (les bactéries situées à proximité du disque reçoivent une dose de médicament plus importante que celles qui sont plus éloignées). Lorsque la bactérie est sensible à l’antibiotique, un halo dépourvu de colonies se forme autour du médicament testé. Ce dernier peut être plus ou moins étendu selon l’efficacité de l’antibiotique sur la bactérie. La mesure du diamètre de ce halo permet d’estimer la concentration minimale inhibitrice et donc le caractère sensible ou résistant de la bactérie vis à vis de l’antibiotique testé.

Suites de l’examen

L’identification d’une bactérie dans un prélèvement nécessite sa mise en culture.

À savoir ! La mise en culture d’une bactérie est le fait de la placer dans un environnement propice à son développement afin d’étudier ses caractéristiques par une série de tests permettant son identification.

24 heures peuvent ainsi séparer le prélèvement du résultat bactériologique en raison du temps de croissance nécessaire aux bactéries. Par ailleurs, 24 heures supplémentaires sont nécessaires pour obtenir les résultats de l’antibiogramme, à savoir, le nom de l’antibiotique à utiliser.

À savoir ! Pour les infections les plus graves mettant en jeu le pronostic vital, une antibiothérapie probabiliste est mise en place le temps d’obtenir les résultats. Le médecin réadapte donc l’antibiothérapie une fois l’antibiotique efficace identifié.

Charline D., Pharmacien

– Antibiogramme. Larousse. – Consulté le 21 novembre 2017.