Bilan sanguin

Un bilan sanguin regroupe un ensemble d’analyses réalisées à partir d’un prélèvement sanguin. Les paramètres à étudier sont sélectionnés par le médecin en fonction du diagnostic envisagé ou des organes suspectés.

Définition et objectifs d’un bilan sanguin

Un bilan sanguin permet de mesurer, selon les besoins, la concentration sanguine de divers éléments, tels que les globules rouges ou blancs, certaines hormones, des protéines, un agent infectieux, etc.

Le prélèvement de sang est réalisé par une prise de sang, le plus souvent au niveau d’une veine. Cet examen est peu douloureux, cependant la piqûre de l’aiguille peut être anxiogène pour certains. Chez les enfants, il est donc possible d’utiliser des patchs anesthésiants (à placer 1 heure avant) pour rendre la zone insensible à la piqûre de l’aiguille de ponction.

Préparation

Lors de la prise de rendez-vous pour un bilan sanguin, il faut demander à l’interlocuteur si la venue à jeun est nécessaire, lorsque l’information ne figure pas clairement sur l’ordonnance du médecin prescripteur. Si c’est effectivement le cas, alors il ne faudra pas manger ni boire (sauf de l’eau) durant les 12 heures qui précèdent le prélèvement. Il faut également éviter de fumer ou de pratiquer une activité sportive avant le rendez-vous.

Par ailleurs, de nombreux médicaments peuvent impacter les résultats de certaines analyses. Il est donc essentiel de préciser au médecin prescripteur et à la personne qui réalise le prélèvement sanguin tous les médicaments en cours, qu’ils soient avec ou sans ordonnance.

A savoir ! Lorsqu’il est impossible pour le patient de se déplacer, le prélèvement peut s’effectuer à domicile.

De plus, il faut être conscient que d’un laboratoire à un autre, les résultats peuvent varier légèrement selon la technique utilisée. Il est donc préférable de toujours réaliser ses analyses dans le même laboratoire afin de pouvoir comparer et suivre l’évolution des analyses.

Le déroulement de l’examen

Prise de sangLe jour du rendez-vous, le patient n’a besoin que de son ordonnance et de ses papiers (carte vitale et mutuelle).  Une personne à l’accueil va en effet vérifier l’ordonnance ainsi que l’identité de la personne. Le patient est ensuite conduit dans un box où il est installé sur un fauteuil. L’infirmier ou le technicien prépare les tubes qui vont servir à recueillir le sang. Il va ensuite poser un garrot afin de stopper momentanément la circulation sanguine pour faciliter le prélèvement. La prise de sang est le plus souvent effectuée au niveau du pli interne du coude avec une aiguille sur laquelle les tubes vont venir successivement se positionner. Une fois le nombre de tubes nécessaires remplis, le garrot puis l’aiguille sont retirés.

Afin d’éviter la formation d’un hématome, un pansement est mis en place, sur lequel le patient doit appuyer quelques minutes.

Enfin, les tubes sont étiquetés au nom du patient et envoyés à l’équipe chargée de les analyser. Les résultats sont disponibles avec des délais variables selon les examens demandés. Souvent, les résultats seront envoyés au patient ainsi qu’au médecin prescripteur.

Les résultats de l’examen

La NFS (numération sanguine ou hémogramme)

L’objectif de la NFS est de compter et d’analyser les cellules sanguines.

Les globules rouges (ou hématies) interviennent dans le transport de l’oxygène des poumons vers les tissus. On peut étudier plusieurs de leurs paramètres comme, leur nombre et leur taille appelée le volume globulaire moyen (VGM). L’hématocrite désigne le pourcentage du volume sanguin occupé par les globules rouges. Ce paramètre est par exemple diminué en cas d’anémie et augmenté en cas de déshydratation. L’étude du taux de réticulocytes (jeunes globules rouges immatures) donne des renseignements sur le fonctionnement de la moelle osseuse. L’hémoglobine contenue dans les globules rouges peut aussi être étudiée :

  • Le taux d’hémoglobine est normalement de 13g/dl chez un homme et 12g/dl chez une femme (10,5g/dl chez une femme enceinte) ;
  • La concentration globulaire moyenne en hémoglobine (CGMH) représente la quantité d’hémoglobine pour 100 ml de globules rouges ;
  • La teneur globulaire moyenne en hémoglobine (TGMH) représente la quantité moyenne contenue dans un globule rouge.

Les plaquettes jouent un rôle dans la coagulation permettant la formation de caillot lors d’une hémorragie. Un taux anormalement bas révèle une infection ou un trouble de la coagulation (exposant au risque hémorragique). Tandis qu’un taux anormalement haut évoque un risque de thrombose (obstruction des vaisseaux).

Les globules blancs (ou leucocytes) sont chargés de défendre l’organisme contre les micro-organismes. On distingue plusieurs populations de globules blancs : les polynucléaires basophiles (augmentés en cas de réaction allergique ou infectieuse), les polynucléaires éosinophiles (augmentés en cas d’allergie ou infection parasitaire), les polynucléaires neutrophiles (augmentés en cas d’infection bactérienne), les lymphocytes (multipliés lors d’infection virale ou une maladie auto-immune) et les monocytes (augmentés en cas d’infection).

La quantité de globules blancs peut aussi varier avec la prise de certains médicaments ou lors d’un dysfonctionnement de la moelle osseuse.

Le dosage de la ferritine

La ferritine permet de stocker le fer dans le sang. Lorsqu’elle est insuffisante ou au contraire présente en excès, elle révèle une carence ou une surcharge en fer.

Le bilan inflammatoire

Sur un bilan inflammatoire simple, il figure 2 éléments : la vitesse de sédimentation (VS, correspond à la quantité de sang coagulé en 1 ou 2 heures) et la protéine C réactive (CRP, protéine produite par le foie lors d’une inflammation ou infection). Le premier permet de diagnostiquer une éventuelle inflammation. La CRP augmente vite en cas d’infection ou d’inflammation.

La glycémie

La glycémie est la mesure du taux de sucre (ou glucose) présent dans le sang. Il peut être trop faible, on parle d’hypoglycémie, ou au contraire, trop élevé et dans ce cas on parle d’hyperglycémie révélatrice d’un diabète. La mesure peut être effectuée à jeun ou non.

Un test d’hyperglycémie provoqué par voie orale (HGPO) peut aussi être demandé. L’examen repose sur un premier prélèvement à jeun puis les suivants à intervalles réguliers après ingestion d’une solution contenant du glucose.

Le bilan lipidique

L’objectif du bilan lipidique est de mesurer les graisses dans le sang.

Le cholestérol est à la fois fabriqué par le foie et apporté par l’alimentation. On peut ainsi doser :

  • Le taux de cholestérol total ;
  • Le LDL cholestérol (« mauvais cholestérol »), c’est-à-dire celui qui augmente le risque cardiovasculaire en se déposant sur la paroi des artères lorsqu’il est présent en trop grande quantité ;
  • Le HDL cholestérol qui permet l’élimination dans le foie du cholestérol circulant.

Les triglycérides sont uniquement apportés par l’alimentation et sont stockés dans les cellules adipeuses et constituer les réserves de l’organisme.

Idéalement, il faudrait que le taux de triglycérides dans le sang n’excède pas 1,5 g/l et que celui du HDL cholestérol soit supérieur à 0,4 g/l.

A savoir ! L’aspect du sérum sanguin (sang débarrassé des cellules sanguines) est également intéressant. En effet, lorsqu’il est opalescent (alors que d’ordinaire il est clair) il peut être révélateur de la présence de triglycérides en excès.

Le bilan rénal

Le bilan rénal permet d’évaluer la fonction rénale en étudiant différents paramètres comme la créatinine ou le débit de filtration glomérulaire.

La créatinine est un produit issu de la dégradation d’une autre protéine (la créatine) lors de la production d’énergie par l’organisme. La créatinine est donc un déchet que le corps élimine par les reins. Ainsi, un taux élevé de créatinine dans le sang témoigne d’un dysfonctionnement du rein (qui ne fait plus son travail d’élimination des déchets).

A savoir ! Sur le même principe que la créatinine, il est possible de mesurer le taux d’urée (également un déchet éliminé du sang par le rein). Il peut être dosé en complément de la créatinine qui reste le dosage de référence.

Le débit de filtration glomérulaire (DGF) représente la capacité de filtration des reins en 1 journée.

Le bilan hépatique

Le bilan hépatique a pour objectif de détecter les pathologies affectant le foie. Pour cela, plusieurs paramètres peuvent être mesurés : les enzymes hépatiques, la bilirubine et l’albumine.

Les enzymes hépatiques sont des protéines nécessaires à diverses réactions chimiques au sein de l’organisme :

  • ALAT (alanine aminotransférase) est augmentée en cas d’hépatite ;
  • ASAT (aspartate aminotransférase) est augmenté en cas d’affection musculaire ou cardiaque ;
  • GGT (gamma glutamyl transférase) révèle la présence d’une pathologie rénale, hépatique et cardiaque par exemple ;
  • PAL (phosphatase alcaline) est normalement évacuée via la bile. Si sa quantité augmente, alors une obstruction des voies biliaires est à craindre.

La bilirubine est le pigment jaune produit lorsque l’hémoglobine des globules rouges est dégradée par le foie. En cas d’anomalie hépatique, ce pigment s’accumule et produit une coloration jaune de la peau et des muqueuses appelées « jaunisse ».

L’albumine est une protéine produite par le foie et extrêmement présente dans le sang. La mesurer permet d’évaluer les capacités de production du foie.

Charline D., Pharmacien

– Lire les résultats d’une prise de sang. Ameli. Le 30 mars 2017.