anémie

L’anémie est une pathologie fréquente décrite comme étant un état survenant lorsque les globules rouges n’apportent plus suffisamment d’oxygène aux tissus. Ses causes sont multiples mais elle est le plus souvent, la conséquence d’une carence en fer. Plus d’un milliard d’êtres humains souffriraient de carence ferrique à travers le monde.

Anémie : définition

Le sang est composé de 3 types de cellules différentes :

  • Les globules rouges (ou hématies) qui renferment l’hémoglobine permettant le transport de l’oxygène ;
  • Les globules blancs (ou leucocytes) qui défendent l’organisme des infections ;
  • Les plaquettes qui sont impliquées dans le processus de coagulation sanguine.

Chaque jour, des millions de globules rouges sont produits par la moelle osseuse afin de renouveler les stocks et remplacer les plus vieilles cellules. Pour produire ces globules rouges, l’organisme a besoin de divers composés comme : le fer, la vitamine B12 et la vitamine B9.

Une anémie est définie comme étant une baisse anormale du taux d’hémoglobine dans le sang.

A savoir ! L’hémoglobine est le pigment contenu dans les globules rouges et donnant sa couleur rouge au sang. Il assure le transport de l’oxygène vers les tissus.

Un taux normal d’hémoglobine est variable selon le sexe et l’âge. On parle d’anémie lorsque le pigment atteint des seuils inférieurs à :

  • 14 g/dL (grammes par décilitres de sang) chez un nouveau-né ;
  • 13 g/dL chez un homme adulte ;
  • 12 g/dL chez une femme adulte ;
  • 10,5 g/dL chez une femme enceinte.

On distingue deux grands types d’anémie :

  • Les anémies centrales ;
  • Les anémies périphériques.

Les anémies centrales

Les anémies centrales sont directement liées à une production insuffisante de globules rouges et d’hémoglobine au niveau de la moelle osseuse. Elles sont généralement dues à :

  • Une carence en fer, vitamine B12 ou vitamine B9 (éléments nécessaires à la production d’hémoglobine et globules rouges) le plus souvent ;
    • Une carence en fer peut être provoquée par des saignements visibles (menstruations abondantes) ou non (ulcère gastroduodénal), un apport insuffisant dans l’alimentation (régime végétarien) ou une mauvaise absorption du fer dans le tube digestif (par exemple dans la maladie cœliaque).
    • Une carence en vitamine B12 touche essentiellement les personnes âgées (particulièrement les femmes) en raison d’un défaut d’absorption de la vitamine B12 dans le tube digestif. Cette anémie est souvent dite de « Biermer ». Elle peut aussi être provoquée par un apport insuffisant dans l’alimentation (régime végétarien) ou au cours de maladies intestinales (la maladie de Crohn par exemple), d’une chirurgie de l’estomac ou de la maladie cœliaque.
    • Une carence en vitamine B9 provient souvent d’une alimentation pauvre en légumes verts. Elle peut aussi se manifester en fin de grossesse ou dans les maladies inflammatoires intestinales et la maladie cœliaque.
  • Une maladie inflammatoire chronique. En effet, les mécanismes inflammatoires observés lors d’une infection, d’un cancer ou d’une maladie inflammatoire chronique requiert du fer qui ne sera alors pas utilisé pour la production des globules rouges ;
  • Un déficit en érythropoïétine (EPO), une hormone produite par le rein et chargée de stimuler l’activité de la moelle osseuse. Ainsi, toute maladie rénale est susceptible de provoquer une anémie ;
  • Un dysfonctionnement de la moelle osseuse soit dû à un produit toxique, à un cancer ou à cause du vieillissement naturel ;
  • Diverses maladies, par exemple l’hypothyroïdie ou encore la cirrhose du foie.

A savoir ! Les femmes enceintes sont particulièrement concernées par les carences en fer, particulièrement en fin de grossesse en raison des besoins croissants en fer nécessaires au développement du fœtus et du placenta.

Les anémies périphériques

Les anémies périphériques sont plus rares. Elles peuvent être provoquées par :

  • Une perte importante de sang (hémorragie) par exemple des règles abondantes chez la femme ou des hémorragies gastro-intestinales dans la rectocolite hémorragique (maladie inflammatoire chronique des intestins) ;
  • Une destruction anormale des globules rouges, on parle d’anémie hémolytique.

Les anémies hémolytiques peuvent être d’origine génétique, impliquant notamment une anomalie dans la structure de l’hémoglobine, par exemple lors de la drépanocytose ou de la thalassémie.

Elles peuvent également être d’origine auto-immune (les défenses de l’organisme sont dirigées vers ses propres globules rouges), bien que cette situation soit rare et ne concerne que 600 personnes par an, en France.

Symptômes

Selon la sévérité de l’anémie, les symptômes sont différents.

Une anémie légère avec un taux d’hémoglobine peu diminué ne provoquera pas ou peu de symptômes. Particulièrement, si son installation a été progressive et que par conséquent le corps a pu s’y adapter.

Lorsque l’anémie s’aggrave, on peut observer :

  • Une pâleur ;
  • Un essoufflement à l’effort puis au repos ;
  • Une fatigue persistante ;
  • Des palpitations ;
  • Des maux de tête ;
  • Des étourdissements, vertiges, faiblesses ;
  • Des difficultés à se concentrer, à lire ou à se souvenir ;
  • Un manque de motivation et d’envie ;
  • Une baisse de la libido ;
  • Des difficultés à effectuer ses activités habituelles ;
  • Un épuisement physique, émotionnel ou psychologique.

La présence d’un ou de plusieurs de ces symptômes doit amener à consulter un médecin.

Une anémie plus sévère, plus ancienne, ou d’installation plus rapide peut avoir des conséquences cardiaques (aggravation d’une maladie cardiaque) ou pulmonaires (aggravation d’une BPCO par exemple).

Diagnostic

Afin d’établir le diagnostic d’une anémie, le médecin prescrit une NFS (numération formule sanguine, aussi appelée un hémogramme) à partir d’un prélèvement sanguin afin de déterminer le taux d’hémoglobine du patient.  Si ce taux est inférieur aux valeurs seuils ( 13 g/dL pour un homme, 12 g/dL pour une femme et 10,5g/dL pour une femme enceinte) alors la présence d’une anémie est démontrée.

D’autres examens sont ensuite prescrits afin de déterminer l’origine de l’anémie, notamment, le VGM (volume globulaire moyen). Lorsque ce paramètre est faible, l’anémie est causée par une carence en fer, une inflammation ou une maladie génétique. En revanche, lorsqu’il est élevé, il permet de dire que l’anémie est liée à une carence en vitamine B12 ou en vitamine B9.

Le taux de réticulocytes (cellules précurseurs des globules rouges) permet d’avoir un indice sur l’état de fonctionnement de la moelle osseuse. Lorsqu’il est élevé, on parle d’anémies périphériques ou « régénératives ».

Selon le contexte et les résultats de la NFS, le médecin peut être amené à prescrire d’autres examens sanguins. Par exemple, en cas de drépanocytose qui est une maladie héréditaire de l’hémoglobine, l’observation des globules rouges suffit à établir le diagnostic (les globules rouges ne sont plus ronds mais en forme de faucille).

Un myélogramme (examen de la moelle osseuse) peut également être demandé.

Traitement

Le traitement de l’anémie dépend de sa sévérité. En effet, elle doit être prise en charge rapidement en cas de taux d’hémoglobine inférieur à 8 g/dL. C’est le plus souvent, la transfusion sanguine qui est mise en place.

L’anémie étant très fréquemment liée à une carence, il est nécessaire de les traiter. Ainsi, un médicament à base de fer par voie orale est prescrit. En cas de pertes trop importantes ou si le traitement est mal toléré, une perfusion de fer peut être proposée.

Concernant, le traitement de la carence en vitamine B12, il varie selon la cause :

  • En cas d’anémie de Biermer, l’apport en vitamine B12 se fait par injections intramusculaires ;
  • En cas de carence alimentaire, de troubles digestifs (maladie de Crohn ou maladie cœliaque) ou après une chirurgie de l’estomac, ce sont des comprimés de vitamine qui sont prescrits.

Une carence en vitamine B9 nécessite une consommation plus importante de certains aliments (foie, épinards, asperges, riz, etc.). Le médecin peut éventuellement prescrire en complément, des comprimés à prendre par voie orale. En revanche, chez la femme enceinte, la supplémentation est systématique.

Lorsque l’anémie est associée à une autre maladie, celle-ci doit être traitée afin de ne pas amplifier les symptômes. En cas de maladie rénale chronique, lorsque la carence en fer est avérée, le médecin prescrit des injections d’érythropoïétine (EPO) pour stimuler la fabrication des globules rouges dans la moelle osseuse.

Pour les anémies hémolytiques, il n’existe aucun traitement spécifique. Les corticoïdes peuvent être utilisés en cas d’origine auto-immune.

Charline D., Pharmacien

– Anémie. Ameli. Le 7 juin 2017.
– L’anémie. INCa. Consulté le 25 septembre 2017.
– Anémie. OMS. Consulté le 25 septembre 2017.