Leptospirose

La leptospirose est une maladie potentiellement mortelle due à une bactérie. Maladie professionnelle ou de loisir, elle se contracte dans les plans d’eau contaminée ou auprès d’animaux atteints ou porteurs. Le rat est le principal réservoir de la bactérie. En France métropolitaine, la leptospirose humaine reste rare : environ 1 cas pour 100 000 habitants.

Causes de la leptospirose

Leptospira

L’agent responsable de cette maladie est une bactérie du genre Leptospira et de l’ordre des spirochètes. Elle possède une structure hélicoïdale et un appareil locomoteur interne qui lui octroie une grande mobilité. Cette propriété lui permet de passer à travers des micro-fissures cutanées et de se déplacer dans le tissu conjonctif pour pénétrer dans la circulation sanguine ; de là, elle gagne ses organes de prédilection (rein, foie, poumons).

À savoir ! Il existe plus de 300 sérovars ou séro-types de leptospires. Il s’agit de bactéries appartenant toutes au genre Leptospira mais possédant des antigènes différents. On les distingue grâce à la sérologie (recherche des anti-corps dans le sang du malade), d’où l’appellation de sérovar ou séro-type.

Le rat est le réservoir principal de la leptospirose. Le rat ne présente pas de symptômes. Cependant, les leptospires sont stockés dans ses reins et émis par les urines. La contamination humaine se fait par l’intermédiaire d’un contact direct avec les urines, le sang ou les tissus du rat infecté, ou plus généralement par contact indirect avec une eau douce souillée par les urines.

Ce mode de transmission fait de la leptospirose une maladie de loisir (contraction lors de baignade ou de la pratique de sports nautiques) ou professionnelle (agriculteurs, pisciculteurs, égoutiers et éboueurs font partie des professions à risque).

D’autres animaux peuvent transmettre la maladie, et notamment le chien. Des cas récents ont également mis en cause les rats et souris domestiques, probablement contaminés par des animaux sauvages.

À savoir ! Une zoonose est une maladie transmise à l’Homme par les animaux. L’espèce animale dans laquelle l’agent pathogène est le plus fréquent et se multiplie (que cette espèce présente des symptômes ou non) est dite « réservoir ».

Symptômes

L’incubation de la leptospirose est d’une dizaine de jours en moyenne. Les premiers symptômes évoquent un syndrome grippal (maux de tête, fièvre et courbatures). Des signes digestifs (diarrhées, vomissements…) sont fréquents.

La symptomatologie varie ensuite en fonction des organes touchés. On distingue :

  • Une atteinte rénale ; elle entraîne une insuffisance rénale aigüe.
  • Une atteinte hépatique, se manifestant par une forte jaunisse dite « flamboyante » en raison de la couleur orangée des muqueuses.
  • Une atteinte pulmonaire, se traduisant par des hémorragies et un œdème. Elle peut évoluer vers un syndrome de détresse respiratoire aigu, mortel dans 50 % des cas.
  • Une atteinte cardiaque ; elle provoque des douleurs dans la poitrine et des troubles du rythme cardiaque.
  • Une atteinte neurologique, occasionnant des céphalées et des troubles de la conscience.

La gravité de la maladie dépend du séro-type de leptospires incriminés. Leptospira ictero-hemorragiae est le plus redouté.

Diagnostic

Le médecin sera d’abord orienté par les signes cliniques et le contexte (baignade, profession, retour d’une zone à risque…).

À savoir ! La leptospirose est plus fréquente dans les zones tropicales (Amérique du Sud et Asie du Sud-Est notamment).

Il demandera ensuite une série d’examen :

  • Une prise de sang de routine ; elle révèle en général une augmentation des globules blancs, des enzymes du foie et de la CRP (marqueur de l’inflammation).
  • Une PCR (Polymerase Chain Reaction) qui est l’examen diagnostic de la phase précoce de la maladie ; il s’agit d’un examen se réalisant sur le sang et qui va mettre en évidence l’ADN de la bactérie contaminante, ici un leptospire. Cependant, au de-là de 10 jours d’évolution, la PCR devient négative.
  • Une sérologie pour un diagnostic plus tardif ; dans ce cas, on va rechercher dans le sang du patient des anticorps anti-leptospirose. La sérologie devient positive après 7 à 10 jours d’évolution de la pathologie.

Traitement de la leptospirose

Le traitement étiologique se fonde sur une antibiothérapie ciblée. On utilise en général la pénicilline G, l’amoxicilline, la doxycycline ou ceftriaxone.

En cas de forme grave, une hospitalisation en soins intensifs s’impose. Le traitement dépendra alors de l’atteinte organique (dialyse, assistance respiratoire…).

À savoir ! Il existe un vaccin contre la leptospirose. Il est recommandé pour les personnes exerçant une profession à risque. Cependant, il ne protège pas contre tous les séro-types de leptospires. La vaccination des chiens est aussi conseillée.

Une prise en charge précoce permet en général la guérison. Sans soins adaptés, la leptospirose se révèle mortelle dans 5 à 30 % des cas. Des séquelles comme une insuffisance rénale, une fatigue persistante ou une uvéite (inflammation de l’œil) sont également possibles.

Isabelle V., journaliste scientifique

– La lettre de l’infectiologue. Tome XXXII-n°6-Nov,-déc.2017