dissection aortique

Une dissection aortique est une affection rare puisqu’elle représente environ 2% des urgences en cardiologie. Les manifestations sont très variables d’un individu à un autre, mais évoluent très rapidement vers le décès du patient en absence de prise en charge adaptée. Une dissection aortique est une urgence vitale, la majorité des décès se produisent dans les 12 à 24 heures. 20% des patients décèdent avant d’arriver à l’hôpital. La prise en charge peut être médicamenteuse, uniquement, ou bien associée à une chirurgie.

Définition

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A propos de l’aorte

L’aorte est une grosse artère qui fait environ 3 cm de diamètre et 20 cm de longueur. Cette dernière se situe à la sortie du cœur, au niveau du ventricule gauche, on parle de « crosse aortique » et elle se prolonge jusqu’au niveau du thorax et de l’abdomen. A ce niveau, elle se subdivise en 2 parties, l’une irriguant la jambe droite et la seconde, la jambe gauche.

Cette artère permet de transporter le sang oxygéné à l’ensemble de l’organisme. Elle se subdivise, pour cela, en diverses branches dont :

  • Les coronaires qui vont irriguer le cœur ;
  • Les carotides et autres artères de la tête et du cou ;
  • Les artères irriguant les membres, les divers organes, etc.

À savoir ! Les dissections aortiques ont plus souvent lieu au niveau de l’aorte thoracique, celle qui traverse le thorax.

Avec le vieillissement, certaines pathologies ou malformations génétiques, la paroi de l’aorte peut être fragilisée et risquer de se déchirer. On parle alors de dissection aortique.

Qu’est-ce qu’une dissection aortique ?

L’aorte est le plus gros vaisseau de l’organisme, et certainement le plus vital. Son rôle est d’acheminer l’oxygène en direction des membres et du cerveau. Peu importe l’origine, lors d’une dissection aortique, un déchirement de la paroi interne de l’aorte se produit. Celui-ci entraîne une perte brutale de sang qui va traverser la déchirure et provoquer une dissection (ou séparation) de la couche moyenne et de la couche externe de l’aorte. Il se forme alors un faux canal dans la paroi. Une dissection aortique est donc une urgence chirurgicale.

Selon leurs caractéristiques, les dissections aortiques sont classées. La classification la plus souvent utilisée est celle de De Bakey. On distingue 3 types de dissection aortique :

  • Le type 1 (50% des cas) où la dissection débute au niveau de l’aorte ascendante, et s’entend au moins à la crosse aortique ;
  • Le type 2 (35% des cas) où la dissection se limite à l’aorte descendante ;
  • Le type 3 (15% des cas) où la dissection naît au niveau de l’aorte thoracique.

A noter qu’il existe aussi la classification de Stanford qui compte les dissections de type A qui affectent l’aorte ascendante, et de type B qui touchent l’aorte thoracique descendante.

À savoir ! Plus rarement, et habituellement chez les femmes enceintes ou après l’accouchement, la dissection peut concerner des artères isolées telles que les coronaires ou les carotides.

Quelle est la cause d’une dissection aortique ?

La cause la plus fréquente de dissection aortique est la détérioration de la paroi de l’artère en lien avec une hypertension artérielle chronique. On constate, en effet, une pression artérielle élevée chez les deux tiers des patients.

Cependant, il existe d’autres causes :

  • Des pathologies héréditaires comme le syndrome de Marfan ;
  • Des anomalies congénitales au niveau du cœur ou des vaisseaux sanguins, par exemple un rétrécissement de l’aorte, une valve défectueuse, une persistance du canal artériel (connexion anormale entre l’aorte et l’artère pulmonaire) ;
  • L’athérosclérose ;
  • Des lésions découlant d’un traumatisme antérieur comme un accident de voiture ou une mauvaise chute ;
  • Le vieillissement pouvant être à l’origine d’une détérioration de la paroi des artères.

Qui est concerné ?

Une dissection aortique est plus volontiers observée chez un individu ayant une fragilité préexistante (hypertension, lésions, certaines pathologies, etc.) de la paroi de l’aorte. Les individus noirs, âgés ou hypertendus semblent être les plus à risque dans la population. Par ailleurs, on constate un pic de fréquence entre 50 et 65 ans, et entre 20 et 40 ans chez les individus atteints de certaines pathologies affectant le tissu conjonctif (par exemple, le syndrome de Marfan ou le syndrome d’Ehlers-Danlos).