Le syndrome de Sanfilippo, aussi appelé mucopolysaccharidose de type III, a été décrit pour la première fois en 1963 par le docteur du même nom. Cette maladie génétique est due à une surcharge en héparane sulfate. Elle se traduit essentiellement par une dégradation des fonctions intellectuelles du patient. Le syndrome de Sanfilippo est incurable, l’espérance de vie des patients atteints se situe aux alentours de la vingtaine.

Définition et symptômes

Qu’est-ce que le syndrome de Sanfilippo ?

Le syndrome de Sanfilippo est une pathologie d’origine génétique caractérisée par une accumulation d’héparane sulfate (un polysaccharide) dans l’organisme. En effet, l’enzyme normalement nécessaire à la dégradation des molécules d’héparane sulfate ne fonctionne pas correctement à cause d’une anomalie dans le code génétique. Ces molécules mal dégradées s’accumulent dans le cerveau. D’abord, elles entravent le développement normal du cerveau, puis elles détruisent les cellules cérébrales.

À savoir ! Selon l’enzyme impactée, on distingue 4 types de syndrome de Sanfilippo : A, B, C et D. Les types A et B sont les plus fréquents.

Cette maladie est souvent diagnostiquée tardivement. On estime qu’elle concerne entre 0,6 et 1,2 individus sur 100 000.

Le syndrome de Sanfilippo est une maladie génétique rare de transmission autosomique récessive.

Pour rappel, un chromosome est un élément microscopique constitué de molécules d’ADN. Il contient donc les gènes, supports de l’information génétique qui sont transmissibles à la descendance. Les chromosomes vont par paire. Tout individu sain dispose de 23 paires de chromosomes. La paire 23 contient les chromosomes sexuels qui déterminent le sexe de l’individu qui les porte : XX chez une femme, et XY chez un homme. Enfin, les chromosomes d’une même paire sont identiques, autrement dit, ils portent les mêmes gènes. Ainsi, il n’existe pas une version d’un même gène, mais deux, on parle d’allèle.

Le terme « autosomique » signifie que l’anomalie génétique porte sur un chromosome non sexuel.

On parle de transmission récessive lorsque l’anomalie génétique responsable de la maladie affecte les deux copies du gène impliqué. Autrement dit, un individu peut être porteur de l’anomalie (sur l’une des deux copies du gène) sans que celle-ci ne s’exprime. La maladie se manifeste uniquement lorsque les deux copies sont anormales.

Quels symptômes ?

Les premiers symptômes du syndrome de Sanfilippo se manifestent généralement avant l’âge de 3 ans :

  • Un retard de développement cognitif ;
  • Une hyperactivité ;
  • Un comportement autistique ;
  • Des troubles du sommeil.

Plus tard, l’atteinte neurologique engendre une déficience intellectuelle associée à une réduction des capacités motrices aboutissant à une perte d’autonomie aux alentours des 10 ans de l’enfant. Une dysmorphie faciale peut aussi être présente.

Diagnostic et traitement

Quel diagnostic ?

Le diagnostic est clinique. La mise en évidence d’un déficit en enzyme (héparane N-sulfatase) permet de confirmer le diagnostic.

À savoir ! Le diagnostic prénatal peut être proposé aux couples à risque.

Le pronostic de la maladie est mauvais. En effet, le décès du patient survient généralement dans la deuxième décennie. Il existe cependant des exceptions, certains patients ont survécu jusqu’à 40 ans.

Quel traitement ?

Il n’existe aucun traitement pour traiter le syndrome de Sanfilippo.

La prise en charge des symptômes associés est compliquée. La seule mesure efficace est l’apport de l’enzyme manquante à un stade très précoce de la maladie.

Charline D., Docteur en pharmacie

– Syndrome de Sanfilippo. INSTITUT PASTEUR. Consulté le 6 février 2020.
– Mucopolysaccharidose type 3. ORPHANET. Consulté le 6 février 2020.