Manger des choux pour une immunothérapie anticancéreuse efficace ?

Par |Publié le : 23 janvier 2026|Dernière mise à jour : 23 janvier 2026|3 min de lecture|

Et si la consommation de choux pouvait contribuer à l’efficacité de certains traitements anticancéreux ? C’est ce que suggère une récente étude scientifique qui met en avant le rôle de l’indole-3-carbinol, un composé retrouvé dans les végétaux crucifères. Zoom sur les conclusions de ces travaux inédits. 

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Quel impact de l’alimentation sur les traitements anticancéreux ?

Il est désormais bien connu que de nombreux facteurs environnementaux, tels que l’alimentation, sont capables d’influencer la réponse aux traitements anticancéreux. De précédentes études ont d’ailleurs déjà démontré que la modulation de la composition du microbiote intestinal par l’alimentation avait un impact sur l’efficacité de certains traitements d’immunothérapie.

Forts de ce constat, des scientifiques français de l’Inserm et de l’Institut Curie se sont posé la question suivante : au-delà du fait que les légumes sont d’excellents alliés santé, pourraient-ils contribuer à l’efficacité de certains traitements anticancéreux ?  En quête d’éléments de réponse, ils ont ainsi mis sur pied une étude visant à explorer les liens entre la nutrition et les traitements anticancéreux.

Une immunothérapie anticancéreuse plus efficace grâce à un composé présent dans les choux

Pour mener à bien leurs travaux, les scientifiques se sont intéressés à un nutriment spécifique appelé « indole-3-carbinol ». Il s’agit d’une molécule que l’on retrouve abondamment dans les végétaux crucifères tels que les choux, les brocolis, les choux-fleurs, le cresson, les navets, la roquette ou encore les radis.

L’objectif de cette étude ? Décrypter le rôle de cette molécule en comparant l’efficacité d’un traitement d’immunothérapie anti-PD1 chez des animaux soumis à deux régimes alimentaires différents : l’un à base d’indole-3-carbinol et l’autre dépourvu d’indole-3-carbinol.

Les chercheurs ont alors pu faire le constat suivant : le traitement anticancéreux s’est révélé efficace chez 50 à 60 % des animaux soumis à un régime alimentaire à base d’indole-3-carbinol contre 20 % des animaux soumis à un régime sans indole-3-carbinol.

Il en ressort qu’en l’absence d’indole-3-carbinol, l’efficacité de l’immunothérapie anti-PD1 est réduite de manière drastique.

Les scientifiques se sont ensuite penchés sur les mécanismes d’action de l’indole-3-carbinol en jeu dans l’immunothérapie. Rappelons qu’en cas de cancer, les cellules tumorales inactivent les cellules du système immunitaire pour éviter l’attaque de lymphocytes T cytotoxiques ou « cellules tueuses » censés défendre l’organisme. Les traitements d’immunothérapie ont ainsi pour objectif d’empêcher cette inactivation et de réactiver les lymphocytes T en vue de détruire les cellules tumorales.

À savoir !Les lymphocytes T cytotoxiques désignent des cellules immunitaires chargées de tuer les cellules tumorales.

Les chercheurs ont alors pu faire les constats suivants : 
– L’indole-3-carbinol se fixe à un facteur de transcription appelé Aryl Hydrocarbon Receptor (AhR), exprimé dans les lymphocytes T cytotoxiques.
– En l’absence d’indole-3-carbinol dans le régime alimentaire, les lymphocytes T cytotoxiques ne sont pas capables de récupérer leurs fonctions cytotoxiques ce qui diminue l’efficacité de l’immunothérapie.

Vers une meilleure efficacité des traitements anticancéreux grâce à l’alimentation ?

Récemment publiés dans la revue Nature Communications, ces résultats mettent en évidence le lien entre nutrition et immunité antitumorale. Prochaine étape pour les chercheurs ? Confirmer ces conclusions au moyen d’études cliniques spécifiques sur patients cancéreux. 

En attendant, ces données laissent entrevoir l’espoir d’améliorer l’efficacité des traitements antitumoraux en optimisant les régimes alimentaires des patients atteints de cancer.

Sources
– Alimentation et cancer : les choux, alliés indispensables de l’immunothérapie. presse.inserm.fr. Consulté le 16 décembre 2025.
– Physiological activation of Aryl hydrocarbon receptor by food-derived ligands is essential for the efficacy of anti-PD1 therapy. www.nature.com. Consulté le 16 décembre 2025.

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Deborah L.
Pharmacienne. Spécialisée dans les domaines de la santé, de la nutrition et de la cosmétologie. Passionnée par l'écriture, elle sait allier la rigueur scientifique à la beauté de notre langue. Rédige un contenu scientifique fiable avec des sources vérifiées en respect de notre charte HIC.