L’état de stress post-traumatique (ESTP) fait partie de la catégorie des troubles anxieux. Il se définit comme une réponse différée ou prolongée à une situation ou à un événement stressant (de courte ou de longue durée), exceptionnellement menaçant ou catastrophique générant de la détresse chez la victime ou les témoins de ces violences. Le DSM (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders) a répertorié les critères qui définissent un ESTP ou état de stress post-traumatique.

stress post-traumatique

Cause du stress post-traumatique

La cause est une exposition à un événement particulièrement traumatisant.

En général, il s’agit de situations dans lesquelles la personne a risqué la mort ou a été blessée (guerre, attentat, accident de voiture, violence conjugale…). Elle peut cependant avoir seulement été témoin direct ou indirect (par l’intermédiaire d’un proche qui les a vécues) de ces scènes violentes.

À savoir ! Le terme de stress post-traumatique (« stress traumatic disorders ») est apparu pour la première fois sous l’impulsion de médecins américains, afin de qualifier les troubles dont souffraient les vétérans de la guerre du Vietnam. Les soldats n’ont cependant pas attendu ce conflit pour souffrir de stress post-traumatique ; on le rapporte notamment lors de la guerre de 14-18 où on lui donne le nom de « névrose de guerre ». Il est alors plutôt attribué à des séquelles de traumatismes crâniens, quand ce n’est pas à la «fragilité» des pauvres soldats touchés.

Les agressions sexuelles entrent dans ce champ d’action, ainsi que les menaces de mort ou de violences physiques ou sexuelles.
L’exposition à cette violence peut être intense et unique ou, au contraire, moins « spectaculaire » mais répétée.

À savoir ! Les images diffusées sur internet ou à la télévision n’entrent pas dans les facteurs déclenchants définis par le DSM.

Symptômes

On parte d’état de stress post-traumatique (ESTP) aigu quand les symptômes perdurent 1 à 3 mois, d’ESTP chronique au-delà. La survenue de l’ESTP peut parfois être différée de plusieurs mois par rapport au traumatisme.

Les symptômes sont de 3 types :

  1. Des symptômes dit d’intrusion : images répétitives et non désirées de l’événement, souvenirs répétitifs, cauchemars… entraînant des signes physiques de peur. La victime « revit » le trauma. C’est vraiment cet élément qui définit le stress post-traumatique.
  2. Des symptômes d’évitement : effort pour éviter les lieux ou personnes rappelant le traumatisme, retrait social, perte de mémoire partielle ou totale de l’événement.
  3. Des symptômes affectant l’humeur : hypervigilance, insomnie, caractère instable, conduite à risque ou dépression…L’état de stress post-traumatique ou ESTP peut parfois se compliquer d’expériences de dépersonnalisation (sensation de détachement, d’être un observateur extérieur) ou de déréalisation (sentiment d’irréalité de l’environnement).

À savoir ! Selon le psychiatre Yann Auxemery « Les événements traumatiques remettent en question les lois fondamentales de la culture humaine dans leurs émancipations d’avec la nature. C’est pourquoi les traumatismes intentionnels sont particulièrement pourvoyeurs de trauma du fait de la transgression d’une assise sociale qui unissait les hommes au sein d’une confraternité d’état. »

Traitement

Selon le DSM, le traitement de choix de l’état de stress post-traumatique est une psychothérapie axée sur le traumatisme, éventuellement couplée à une prise en charge médicamenteuse : hydroxyzine ou propanolol (véritable « pilule de l’oubli ») dans un premier temps, antidépresseurs si les troubles persistent.

L’EMDR (Eye Movment Desensitization and Reprocessing) fait partie des psychothérapies possibles pour les victimes d’attentats ; elle utilise une stimulation sensorielle des deux côtés du corps, soit par le mouvement des yeux, soit par des stimuli auditifs ou cutanés, qui « débloqueraient » les images et sensations du traumatisme stockées de façon pathologique dans le cerveau lors d’ESTP.

À savoir ! Les attentats du 13 novembre 2015 à Paris ont fait 129 morts et 413 blessés. Selon l’étude IMPACTS (Investigation des manifestations traumatiques post attentats et de la prise en charge thérapeutique et de soutien) menée par Santé publique France et l’Agence régionale de santé de l’île de France, parmi les survivants, 20 % souffraient encore de stress post-traumatique 6 mois après l’attaque, 10 % de dépression et 30 % d’anxiété. 6 % n’avaient toujours pas pu reprendre leur travail. Parmi les professionnels étant intervenus, 3 % étaient en état de stress-post traumatique et 14 % avaient développé des troubles anxieux. Cette répercussion moindre des attentats sur les professionnels semblent être due aux formations préalables dont ils ont pu bénéficier.

D’autres stratégies peuvent aider la victime comme faire partie d’un groupe de paroles ou porter plainte quand cela est possible.

Isabelle V., Journaliste scientifique

– L’état de stress post-traumatique (ESTP). Institut de victimilogie. – Consulté le 17 novembre 2017.
– Trouble de stress post-traumatique et de stress aigu. Iusmm. – Consulté le 17 novembre 2017.
– Attentats de janvier 2015 : premiers résultats de l’étude I.M.P.A.C.T.S pour mieux comprendre et prendre en charge les personnes exposées. Santé publique France. – Consulté le 17 novembre 2017.
– L’état de stress post-traumatique en construction et en déconstruction. L’information psychiatrique (Volume 89), P. 641-649, 2013. Yann Auxemery.