Angiomes

Un angiome est une malformation, le plus souvent bénigne, affectant le système vasculaire d’un individu. Parmi les angiomes, on distingue les hémangiomes ou angiomes quand les vaisseaux sanguins sont touchés, et les lymphangiomes quand ce sont les vaisseaux lymphatiques. Ces lésions congénitales se traduisent par une dilatation des vaisseaux. Elles peuvent exister dès la naissance ou apparaître plus tard, dans l’enfance ou à l’âge adulte. Elles peuvent également régresser et disparaître dans certains cas. Finalement, peu d’angiomes nécessitent un traitement (laser ou chirurgie). Dans la plupart des cas, une surveillance régulière suffit.

Définition et symptômes

Qu’est ce qu’un angiome ?

Le terme angiome désigne un ensemble de maladies résultant d’une anomalie vasculaire. Ce terme peu précis regroupe des entités très différentes. Elles concernent aussi bien les vaisseaux sanguins (hémangiome) que les vaisseaux lymphatiques (lymphangiomes, les vaisseaux lymphatiques ont un rôle dans le système immunitaire).

On distingue plusieurs types d’hémangiomes. Leur localisation peut être superficielle et affecter la peau et les muqueuses, ou profonde et concerner des viscères tels que le cœur ou les poumons.

L’angiome plan est le plus fréquent il résulte d’une malformation des capillaires, les plus petits vaisseaux. Il est couramment appelé « tache de naissance » ou « tache de vin ». Il est présent dès la naissance et il est totalement bénin. Le préjudice est uniquement esthétique. Il n’a pas de tendance à s’étendre, mais grandit avec l’individu au fur et à mesure de sa croissance.

Les autres hémangiomes du nourrisson se développent également dès les premières semaines de vie sous la forme d’un nodule rouge-pourpre. On parle également d’angiome fraise ou d’angiome tubéreux. Lorsqu’il est présent sur la peau, il est bénin, en revanche au niveau d’un organe, il peut être plus grave. L’hémangiome est fréquent puisqu’il concerne 4 à 10% des nourrissons. Il affecte plus volontiers les filles et les nourrissons de faible poids à la naissance. Il régresse spontanément et ne nécessite aucun traitement. Dans 70% des cas, l’hémangiome a totalement disparu entre l’âge de 5 et 6 ans.

L’angiome capillaroveineux est une malformation rare du système vasculaire qui se traduit par des saillies bleutées localisées sur les trajets veineux (ressemble à des varices). Leur volume augmente lors d’un effort physique. Ce type de malformation peut engendrer des douleurs lors d’épisode de phlébite (formation d’un caillot dans une veine). Certains phénomènes hormonaux tels que la grossesse ou la puberté semblent favoriser ce trouble.

Enfin, l’angiome stellaire (ou télangiectasique) se développe à partir d’un capillaire et se traduit par plusieurs petites taches rouges en forme d’étoile. Il se développe plus tard, voire à l’âge adulte. Il semble être favorisé par divers facteurs comme l’exposition solaire, une grossesse, la prise d’une contraception orale ou une atteinte hépatique. Il est bénin.

Les lymphangiomes ont l’aspect de kystes sous-cutanés de consistance molle. Ils sont localisés, le plus souvent, au niveau de la tête et du cou. Le risque principal est la survenue de poussées inflammatoires douloureuses. Le traitement d’un lymphangiome n’est pas évident, une chirurgie peut être proposée dans certains cas.

A noter que le terme angiome fait également référence à certaines malformations artério-veineuses. Ces dernières peuvent être confondues avec un angiome plan durant l’enfance lorsqu’elles sont en dormance. Certains signes doivent alerter, particulièrement lors de l’adolescence : une augmentation de la chaleur locale et l’extension de l’angiome plan. Lors d’une grossesse, l’évolution de ce type de lésion est totalement imprévisible. La malformation peut, en effet, se développer et coloniser les tissus environnants (peau, muscles, os). La prise en charge est complexe et nécessite l’intervention de spécialistes.

Quels sont les symptômes ?

Mise à part l’aspect esthétique, les angiomes cutanés ne provoquent aucun symptôme particulier. Ils sont bénins dans la majorité des cas.

L’évolution de la lésion dépend de la nature de l’angiome. En effet, les angiomes plans persistent tandis que les hémangiomes régressent d’eux-mêmes, sans traitement.

Quels sont les risques ?

Les risques d’un angiome dépendent de sa localisation et sa taille. Ainsi, au niveau :

  • Du nez, il existe un risque de malformation des narines ;
  • Des lèvres, un risque de modification de la forme de la mâchoire ;
  • Des paupières, un risque de cécité ou de déformation du globe oculaire ;
  • Des oreilles, un risque de malformation des cartilages ;
  • Des glandes mammaires, un risque de déformation des seins ou des glandes ;
  • De l’anus, un risque de surinfections ou d’ulcérations plus fréquentes ;
  • De la cavité buccale, un risque de gêne à la mastication ;
  • Du larynx, un risque d’asphyxie.

Les angiomes volumineux et à évolution rapide entraînent un risque d’insuffisance cardiaque. Les angiomes géants associés à des poussées inflammatoires (syndrome de Kasabach-Merritt) peuvent engendrer une diminution du nombre de plaquettes sanguines à l’origine d’hémorragies.