Burn-out : la HAS actualise ses recommandations 

Par |Publié le : 30 janvier 2026|Dernière mise à jour : 25 janvier 2026|4 min de lecture|

La Haute Autorité de santé (HAS) a actualisé, en décembre 2025, ses recommandations relatives au repérage, à la prise en charge et à l’accompagnement du retour au travail des personnes présentant un burn-out. Ces recommandations s’adressent aux médecins généralistes et aux médecins du travail afin d’harmoniser le suivi de l’ensemble des travailleurs. Elles accordent une attention particulière aux professionnels de santé, identifiés comme une population plus exposée au syndrome d’épuisement professionnel.

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Burn-out : définition, manifestations et diagnostic

La HAS rappelle que le burn-out n’est pas reconnu comme une maladie dans les classifications internationales de référence, telles que la CIM-10 ou le DSM-5. Il s’agit d’un syndrome, susceptible d’évoluer vers des troubles psychiatriques ou somatiques lorsqu’il n’est pas pris en charge.

Le syndrome d’épuisement professionnel est défini comme un « épuisement physique, émotionnel et mental résultant d’un investissement prolongé dans des situations de travail exigeantes sur le plan émotionnel ». Son installation est le plus souvent progressive et insidieuse. Les manifestations cliniques peuvent être variées :

  • Émotionnelles, comme l’anxiété, l’irritabilité ou une tristesse persistante ;
  • Cognitives, touchant l’attention, la mémoire ou la concentration ;
  • Comportementales, avec un repli sur soi ou une altération des relations professionnelles ;
  • Motivationnelles, marquées par un désengagement et une remise en question professionnelle ;
  • Physiques non spécifiques, telles qu’une fatigue intense, des troubles du sommeil ou des douleurs musculo-squelettiques.

Le diagnostic repose sur une évaluation clinique globale. Un bilan somatique est recommandé afin de rechercher une pathologie associée, et le risque suicidaire doit être systématiquement évalué, en fonction du tableau clinique.

Facteurs de risque et repérage du syndrome d’épuisement professionnel

L’analyse des facteurs de risque s’inscrit dans une démarche coordonnée par le médecin du travail, avec l’appui d’une équipe pluridisciplinaire. Plusieurs facteurs de risque psychosociaux sont identifiés :

  • L’intensité et l’organisation du travail ;
  • Les exigences émotionnelles élevées ;
  • Le manque d’autonomie ou de marge de manœuvre ;
  • Les relations professionnelles dégradées ;
  • Les conflits de valeurs ;
  • L’insécurité de l’emploi.

Le repérage du burn-out peut être réalisé par le médecin traitant ou l’équipe de santé au travail. Il repose sur une analyse croisée des manifestations cliniques et des conditions professionnelles.

Des facteurs individuels, tels que des antécédents dépressifs, peuvent également être identifiés. La HAS précise toutefois que ces éléments ne doivent jamais exonérer la responsabilité de l’environnement de travail et servent uniquement à renforcer les actions de prévention, sans réduire le burn-out à une fragilité individuelle.

Prise en charge et retour au travail après un burn-out

La prise en charge du burn-out est coordonnée par le médecin traitant, en lien étroit avec la médecine du travail. Elle vise à traiter le trouble identifié tout en agissant sur le contexte socioprofessionnel à son origine.

Selon la HAS :

  • Un arrêt de travail est le plus souvent nécessaire, avec une durée adaptée à l’évolution clinique ;
  • La prise en charge peut inclure des interventions psychothérapeutiques ou psychocorporelles ;
  • Un traitement médicamenteux, notamment antidépresseur, n’est envisagé que dans des situations précises.

L’accompagnement du retour au travail constitue une étape clé du parcours de soins. La HAS recommande l’organisation d’une visite de préreprise. À son issue, des aménagements ou adaptations du poste, des pistes de reclassement ou de formation peuvent être proposés. Un suivi régulier après la reprise est recommandé pour favoriser le maintien dans l’emploi.

Les professionnels de santé font l’objet d’une attention particulière dans ces recommandations. Exposés à une charge émotionnelle élevée, à la confrontation à la souffrance et à des contraintes organisationnelles importantes, ils présentent un risque élevé d’épuisement professionnel. La HAS préconise pour eux une prise en charge spécifique, reposant sur des réseaux de soins adaptés, avec une vigilance particulière quant au respect du secret médical.

Avec cette mise à jour, la HAS réaffirme une approche globale du burn-out, fondée sur la coordination des acteurs de soins, l’analyse conjointe des symptômes et des conditions de travail, et l’anticipation du retour à l’emploi. Le burn-out ne peut être réduit à une fragilité individuelle et nécessite une prise en charge structurée, progressive et multidimensionnelle.

Sources
– Repérage et prise en charge cliniques du syndrome d’épuisement professionnel ou burnout. www.has-sante.fr. Consulté le 16 décembre 2025.

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Julie R.
Infirmière pendant 15 ans, dont 10 en pédiatrie, Julie R. est animée par une passion pour la santé, l'écologie et les sciences. Spécialisée en rédaction web SEO, alliant respect de notre charte HIC et approche humaine, elle met son expérience au service d’une meilleure compréhension de la santé pour le plus grand nombre