Cancer colorectal : le dépistage permet de détecter plus tôt les tumeurs

Par |Publié le : 2 mars 2026|Dernière mise à jour : 2 mars 2026|4 min de lecture|

Plus de 278 000 sexagénaires suivis, 0,61 % de cancers avec test contre 0,73 % sans dépistage : une étude publiée dans Nature Medicine confirme l’intérêt d’un dépistage précoce du cancer colorectal.

L'importance du dépistage

C’est l’un des cancers les plus fréquents en France et en Europe. Et pourtant, détecté tôt, il se soigne dans la majorité des cas. Alors que débute le mois de sensibilisation au cancer colorectal, une étude suédoise, publiée le 20 février dans la revue Nature Medicine, apporte un nouvel argument en faveur du dépistage : il permet de découvrir davantage de tumeurs à un stade précoce, là où les chances de guérison sont les plus élevées.

Menée par des chercheurs de l’Institut Karolinska et de l’Université d’Uppsala, l’étude a porté sur plus de 278 000 personnes âgées de 60 ans. Un échantillon massif, sélectionné au hasard à partir du registre de la population, puis réparti en trois groupes : coloscopie d’emblée, test immunochimique fécal (FIT) ou absence de dépistage – les « soins habituels ».

Le principe est simple. Dans le groupe « coloscopie primaire », les participants étaient convoqués pour un examen du côlon. Dans le groupe FIT, ils réalisaient chez eux deux tests de selles, la première et la troisième année. Si au moins un test révélait la présence de sang (à partir de 10 µg d’hémoglobine par gramme), une coloscopie était proposée. Le troisième groupe, lui, ne bénéficiait d’aucune intervention.

Davantage de cancers détectés tôt

Les résultats sont sans appel. « Les résultats montrent que les deux types de dépistage permettent de détecter davantage de cancers à un stade précoce, notamment au cours des deux premières années, période où la plupart des interventions ont été réalisées. C’est une bonne nouvelle car, le plus souvent, un cancer diagnostiqué précocement peut être traité avec succès. Pour de nombreux types de cancers, il n’existe pas de traitement préventif, mais dans ce cas précis, il est également possible de détecter et d’enlever les adénomes – des lésions précancéreuses qui auraient pu évoluer en cancer », explique dans un communiqué de presse, Marcus Westerberg, maître de conférences à l’université d’Uppsala et auteur principal de l’étude.

Autrement dit, le dépistage ne sert pas seulement à trouver des cancers existants. Il peut aussi empêcher leur apparition en retirant les lésions précancéreuses.

Moins de formes avancées

Cette recherche s’inscrit dans le cadre du vaste programme suédois SCREESCO, lancé en 2014 pour évaluer l’impact du dépistage sur la mortalité à long terme. Les participants ont été suivis jusqu’en 2020 grâce aux registres nationaux.

À la fin de la période d’observation, les chercheurs ont constaté une baisse du nombre de cancers colorectaux avancés dans les deux groupes dépistés. Les résultats les plus marqués concernent le test FIT : 0,61 % des participants ont développé un cancer colorectal, contre 0,73 % dans le groupe témoin.

« Nous pouvons démontrer que les cas de cancers avancés ont tendance à diminuer vers la fin de la période dans le groupe randomisé pour fournir des échantillons de selles pour le test FIT. Cela pourrait témoigner d’un effet préventif du dépistage, par l’élimination des précurseurs du cancer », souligne Anna Forsberg, maître de conférences à l’Institut Karolinska, dernière auteure de l’étude et responsable du projet SCREESCO.

Des effets indésirables rares

L’augmentation du nombre de coloscopies a-t-elle entraîné davantage de complications ? Les chercheurs ont observé une légère hausse des saignements digestifs et des thromboses, surtout la première année. Mais ces événements sont restés rares. Surtout, le taux de mortalité toutes causes confondues était identique dans les trois groupes.

Les scientifiques poursuivent désormais le suivi jusqu’en 2030. L’objectif : vérifier si cette détection plus précoce se traduit bien, à long terme, par une baisse des décès.

« Cette étude nous donne bon espoir que le dépistage permettra également de réduire la mortalité par cancer colorectal dans les deux groupes lorsque l’étude sera finalement évaluée dans environ cinq ans », déclare Anna Forsberg. Encore faut-il accepter de se faire dépister. 

Sources
– Screening improves early detection of colorectal cancer. www.eurekalert.org. Consulté le 02 mars 2026.
– Colonoscopy and fecal immunochemical testing versus usual care in diagnostic colorectal cancer screening: the SCREESCO randomized controlled trial. www.nature.com. Consulté le 02 mars 2026.

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Elodie Vaz
Elodie Vaz
Journaliste en santé, diplômée du CFPJ en 2023, Élodie, explore les empreintes que les maladies laissent sur les corps et, plus largement sur la vie humaine. Infirmière diplômée d’État en 2010, elle a passé douze ans au chevet des patients avant de troquer son stéthoscope contre un carnet de notes. Elle interroge depuis les liens qui unissent environnement et santé, convaincue que la vitalité du vivant ne se résume pas à celle des Hommes. Carte de presse numéro 143067